27 septembre 2022

    Portrait de Monette Nadeau

    Par Claudine Locqueville en collaboration avec Jocelyne Hébert

    Monette Nadeau (née Lavoie) a vu le jour en avril 1932, ce qui lui donne 90 ans. Elle a vécu une bonne partie de son enfance à Estcourt au Lac Long juste au bas du fleuve St-Laurent. 

    Au couvent, Monette apprend à réparer les robes de serge blanche des religieuses. À 13 ans et demi, étant la 11e d’une famille de douze, elle devient vite une bonne à tout faire pour ses soeurs et frères. Elle apprend à travailler au métier, à boulanger et à cuisiner. Elle aide ses soeurs lors de leurs relevailles (période de récupération après l’accouchement). À quinze ans, elle travaille dans un restaurant, dans lequel elle rencontre Edmond Dubé, son premier mari, un client régulier. Après deux ans de fréquentations, ils se marient en 1949. À 18 ans, elle devient mère de famille et apprend à coudre, tricoter et crocheter afin de pouvoir confectionner des vêtements aux huit enfants, soit Gilbert (décédé à 51 ans), France (Hearst), Diane (Montréal), Gérald (Hearst), Suzanne (Hearst), François (décédé à 14 ans), Mario (Hearst) et Jacynthe (Hallébourg). Elle est l’heureuse grand-mère de 13 petits enfants, 27 arrières et aussi une arrière-arrière-petite-fille. 

    Monette raconte en riant que lorsqu’elle a reçu sa première paye d’un jour du restaurant (1 $ pour 10 à 12 heures de travail), elle se croyait riche. Elle s’est donc empressée d’aller s’acheter un porte-monnaie pour y ranger son gain, mais à sa grande déception, une fois l’objet payé, elle n’avait plus de pièces à mettre dedans ! 

    En 1956, suite à un accident de travail dans le bois, Monette, Edmond et leurs cinq enfants déménagent à Jogues. En effet, Gildas, frère de Monette, ainsi que sa femme Constance, les invitent généreusement à venir vivre chez eux puisqu’Edmond pourrait travailler pour la Pipeline. Tous les sept vivent chez Gildas durant un an, le temps de se trouver un logement convenable. 

    Elle et son mari ont fondé la compagnie Dubé Bus Line pour transporter leurs enfants et ceux du village de Calstock à l’école à Hearst, en plus d’être propriétaires d’un taxi qu’elle aussi conduisait. Monette se souvient très bien de la fois qu’elle a dû amener une femme qui était prête à donner naissance jusqu’à l’hôpital de Hearst. Elle a accéléré de peur que la dame n’accouche dans le taxi. Comme dans les films, bien entendu qu’il y avait une autopatrouille, donc elle dû s’arrêter. Le policier a vite constaté l’urgence et l’a escortée jusqu’à l’hôpital où l’enfant est né très peu de temps après. Au milieu de la quanrantaine, Monette se rend à Oakville avec sa fille France pour suivre un cours de fleuriste, lequel ne s’offrait qu’en anglais ! Monette Flowers appartient aux deux femmes durant six ans, puis France poursuit seule jusqu’en 1985. Par la suite, Monette se dévoue bénévolement au Foyer des Pionniers ainsi qu’aux soins palliatifs et donne la communion aux malades. 

    En 2000, elle épouse en secondes noces Émile Nadeau, dont elle est maintenant veuve. Débordante de créativité, ses talents en couture et en tricot ont fait le bonheur de toute sa famille puisqu’elle confectionnait des vêtements de tous genres, incluant des robes de mariage et de baptême. Elle s’est longuement divertie en créant des cartes uniques avec des fleurs qu’elle séchait. Elle a passé beaucoup de temps à écrire son histoire (10 livres) dans tous les moindres détails, ceci à la main, avec beaucoup de sincérité et d’amour. Elle a ajouté plusieurs photos pour accompagner ses textes de même que de jolis dessins faits à la main. 

    Mme Nadeau vit encore seule dans sa petite maison. Elle apprécie particulièrement le fait d’habiter près de la grande majorité de sa descendance. Elle attribue sa longévité à ses bons gènes, à l’attention particulière à une alimentation privilégiant les produits naturels et aux bons soins dont elle bénéficie. Elle ajoute que ses nombreux passe-temps, être bien entourée de la famille et d’une précieuse amie sont des éléments qui ont grandement contribués à sa santé mentale. De plus, la place qu’elle accorde à sa foi joue assurément un très grand rôle dans sa vie au quotidien. 

    Photos : gracieuseté de Monette Nadeau

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