15 août 2022

    Une retraite aux bénéfices des autres

    Charles Fontaine IJL – Réseau.Presse –Le Droit

    Même s’il a tenu une carrière d’océanographe, M. de Margerie a toujours démontré un grand intérêt pour la cuisine. Il a jumelé cette passion à son expérience en entrepreneuriat en environnement pour fonder, en 2019, l’organisme de bienfaisance Matière à réflexion.

    Au début, le projet était constitué d’un café ouvert le soir pour servir de la nourriture et accueillir les gens dans le besoin. L’endroit situé dans le quartier Carlington était aussi un lieu de rencontre entre voisins.

    Lorsque la pandémie est survenue, M. de Margerie et son équipe ont dû fermer le café, mais ils ont tout de suite débuté la production de repas pour les plus démunis. En un peu plus de deux ans d’opération, l’organisme a préparé près de 500 000 repas.

    Ces plats sont offerts gratuitement par l’entremise de partenaires et certains sont vendus à quiconque veut donner à Matière à réflexion.

    Sylvain de Margerie veut offrir de la nourriture aux gens qui n’ont pas les moyens de cuisiner. « La Banque alimentaire fait un très bon travail, mais elle ne donne pas de repas préparés. Les gens qui ne peuvent pas cuisiner se retrouvent le bec à l’eau. On complète ce que la banque alimentaire fait, en donnant des repas déjà préparés et en aidant ceux qui ne peuvent pas cuisiner. Ça inclut beaucoup d’aînés et des personnes handicapées », explique le Québécois qui vit à Ottawa depuis plus de 30 ans.

    Crédit : Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

    Lalimentation avant tout

    Depuis son enfance, la nourriture a toujours été une valeur dans le cœur du retraité. « La bouffe, c’est important. Pour moi, le repas c’est un endroit où les gens se rassemblent en paix. »

    « Au Canada, on a l’éducation et la santé gratuites, mais on ne garantit aucunement la bonne nutrition aux gens. On est le seul pays du G7 à ne pas avoir un programme universel de nutrition dans les écoles. Ça me choque », ajoute-t-il aux raisons de fonder son organisme.

    À Matière à réflexion, il peut compter sur des acolytes réputés, comme le chef Joe Thottungal, pour produire 1000 repas par jour.

    Avec sa femme qui siège au conseil d’administration, il est toujours enjoué de collaborer à aider les plus démunis. « Ma femme et moi sommes à la retraite et on n’a pas besoin de plus d’argent pour vivre. Alors, pourquoi ne pas donner de notre temps? On le fait simplement parce qu’on aime ça. »

    Perpétuer laide

    Sylvain de Margerie ne compte pas rouvrir le café qui a fait naître Matière à réflexion. Il souhaite plutôt aider d’autres organismes pour qu’ils agrandissent le mouvement. « On est passé de servir un quartier en particulier, à servir toute la ville d’Ottawa avec nos repas. Je voudrais mettre le café dans les mains d’autres organismes. On leur fournirait notre expérience, des outils, de l’encadrement, etc. On pourrait en ouvrir plusieurs comme ça, une vingtaine même. C’est vraiment nécessaire. »

    Le Prix du bâtisseur, remis par le maire de la Ville d’Ottawa, vise à rendre hommage aux services bénévoles et aux engagements envers la ville.

    « C’est un grand honneur de voir que les gens reconnaissent ce qu’on fait. Je dis ‘on’, parce que ce n’est vraiment pas juste moi, tiens à spécifier M. de Margerie. Je ne suis absolument pas le seul ici, j’ai une équipe du tonnerre. La plupart des membres du conseil d’administration sont aussi bénévoles à temps plein. »

    Sharen Armstrong est l’autre Ottavienne à avoir reçu cet honneur de la Ville mercredi dernier. Elle a entre autres donné de son temps à de nombreux organismes et elle a distribué des paniers alimentaires aux résidents des communautés rurales.

    Photo principale : Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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