24 septembre 2022

    SOUVENIRS et LEÇONS DE VIE DE TERRY WEST – PARTIE 2

    Il est étonnant de remarquer à quel point ceux qui ont vécu leur jeunesse à Hearst et sont ensuite partis étudier ou travailler à l’extérieur ont des souvenirs très précis de leur jeunesse, parfois davantage que ceux qui y vivent encore. C’est le cas de Ernie Bies et Terry West qui continuent à nous instruire et à nous divertir en nous racontant le passé de Hearst. Ernie Bies le fait par sa page Facebook Hearstory sur l’histoire de Hearst. Ici, Terry nous raconte d’autres souvenirs et anecdotes dont il a tiré des leçons de vie ! 

    Feu de forêt au Pivabiska 

    C’était un beau dimanche et plusieurs familles s’étaient rassemblées au chalet Fulton (maintenant chalet Wilson) après être allées à l’église. Les enfants, dont Terry, étaient dans l’eau avec les adultes, inquiets des nuages de fumée provenant de l’énorme incendie entre le lac Carey et la rivière Kabina à l’ouest. Tout à coup, la fumée s’est déplacée rapidement. Avant qu’ils puissent faire leurs bagages et ramer à travers la baie jusqu’aux voitures, le soleil avait disparu derrière la fumée noire. Des flammes étaient en vue à l’arrivée sur le chemin Desgroseillers où les habitants étaient sortis pour voir le feu de forêt de près. Le père de Terry a garé leur Oldsmobile 1938 sur la route avec des instructions fermes que Terry devait rester dans la voiture et ne pas bouger, tandis que lui et Mme West retournaient à leur chalet (alors toujours sur le chemin Desgroseillers) afin d’organiser une équipe avec des seaux pour verser de l’eau sur Echo Lodge (leur chalet en rondins de deux étages). Seul dans la voiture, Terry a vu des animaux confus et terrifiés courir désespérément d’un côté à l’autre de la route. Certaines personnes essayaient d’attraper des lapins effrayés. Des étincelles volaient dans l’air. L’une d’elles a dû atterrir dans l’herbe à côté de la voiture, car tout à coup, l’herbe s’est enflammée. Terry est sorti et a entendu des hommes appeler encore et encore un certain M. Veilleux, un vieil homme qui vivait dans une cabane en pleine campagne. Ils l’ont trouvé étourdi, mais vivant, au bord d’un petit ruisseau qui coulait jusqu’au lac Papillon. 

    Fête d’adieu de l’officier Hart 

    Ceci n’est pas un souvenir heureux. Personne n’en parle par embarras et honte, mais cela s’est produit et fait partie de l’histoire sociale de la ville. Terry n’a jamais écrit l’histoire lui-même, il sait toutefois qui sont les participants et connait leurs enfants. Il était en 9e année à l’époque, mais a obtenu les détails de l’un des témoins, dans un bar de Toronto, six ans plus tard. 

    Voici ce qui s’est passé. Fred Hart était un agent populaire de la Police provinciale de l’Ontario qui était muté. Un stag avait été organisé en son honneur. Inutile de dire que beaucoup d’alcool a été consommé et quelques-uns des hommes, assez ivres, ont décidé d’aller au bordel local et de se battre avec le pimp. L’un des plus petits hommes est entré seul et a fait beaucoup de bruit, mais le pimp sachant qu’il allait se faire battre, a refusé de sortir. Au lieu de cela, il a attrapé l’homme par la peau du cou et l’a poussé contre le mur, lui disant qu’il avait tué un homme à Montréal et qu’il recommencerait s’il arrivait quelque chose à lui ou à ses filles. Les hommes retournèrent au stag pour raconter ce qui s’était passé. Certains étaient furieux qu’un pimp ait osé menacer un des leurs et ils retournèrent rapidement jusqu’au bordel pour enfoncer la porte, battre le pimp, forcer les filles à sortir dans la neige, briser les fenêtres de l’endroit et tout saccager. Horrifiés par ce qui se passait, les membres de la famille d’à côté ont amené les filles légèrement vêtues dans leur maison pour qu’elles ne gèlent pas. Le proxénète n’a pas donné suite à sa menace de se venger et le lendemain, lui et les filles étaient partis. La police est venue en ville pour enquêter, mais personne n’a jamais été puni et la triste histoire a été cachée et oubliée. Oubliée ? Pas pour Terry, parce que c’est demeuré une leçon d’intolérance dont il se souvient.

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