22 mai 2022

    Portrait de Marc Morin

    Collaboration de Jocelyne Hébert et Claudine Locqueville

    Marc est né le 19 janvier 1941 à Ryland. Sa mère, Blanche Poliquin, est arrivée à Hearst en 1918 à l’âge de 12 ans avec sa famille alors que son père, Séraphin, arrive en 1928, à l’âge de 18 ans. Ils sont venus ici pour travailler et, comme bien d’autres, furent attirés par les lots que le gouvernement donnait. 

    Marc a eu une enfance heureuse. À l’époque, il en fallait peu, et avec les 16 cousins, cousines qui étaient aussi des voisins, ils partaient sept à dix enfants ensemble pour s’amuser. Ils n’ont jamais manqué de rien, sauf que Marc se souvient qu’un hiver il devait partager son costume de neige une pièce avec sa soeur. 

    Le chemin de fer n’était pas très loin et à l’occasion, des passagers clandestins, que Blanche appelait des hobos, descendaient du train pour se rendre à la maison. Ils disaient qu’ils allaient vers l’Ouest pour chercher du travail. Blanche leur préparait un bon repas puis un autre pour apporter dans un sac en papier. Les enfants questionnaient la mère à savoir si c’était des profiteurs. Celle-ci avec sa grande foi répondait : « nous on fait ce qu’on a à faire, puis si c’est des tricheurs ils s’arrangeront avec le bon Dieu ». 

    Quand Marc a 12 ans, son père lui demande de se rendre avec le tracteur et le wagon chez une voisine pour l’aider à faire les foins. Environ deux heures plus tard, la voisine demande à Marc d’arrêter la machinerie pour avoir son petit. À cet âge, Marc en connaissait très peu sur la maternité et encore moins d’où venaient les enfants. La dame saute dans l’auto et quelqu’un l’accompagne à l’hôpital pour donner naissance au bébé, avec lequel elle revient le lendemain. 

    C’est en 1962 que Marc rencontre Colette Bergeron à Harty alors que tous les deux travaillaient dans le même bureau. Leurs enfants sont Lucie, Daniel (décédé en 2011) et Luc. 

    Encore très actif, Marc adore la motoneige, la pêche et les randonnées dans la nature. Il a été entrepreneur pour lever des maisons et faire des sous-sols. De 1965 à 1972, lui et Colette se lancent dans le commerce de motoneiges pour ensuite convertir cette entreprise en vente et installation de couvre-planchers, ce qu’ils font pendant 30 ans. Tapis C&M Carpet est vendu à Luc en 1998. 

    Nombreuses sont les implications de Marc côté bénévolat, mais il exprime sa fierté pour deux projets en particulier : le Foyer des Pionniers de 1998-2021 et la Maison Georgienne (Résidence pour les adultes atteints de maladie mentale) dont il a été l’instigateur. 

    Il a travaillé pour le diocèse de Hearst, a été membre du conseil de la Caisse Populaire et de la Coopérative de Hearst, de la Coopérative Jeunesse au travail et du Camp Source de Vie, du patin de fantaisie (relève de Jeanne Wilson, épouse de Ted). Marc a été très impliqué dans le domaine de la santé mentale, siégeant au comité consultatif de l’Hôpital psychiatrique de North Bay et celui du Conseil régional de la santé pour le district de Cochrane. En 1999, il est nommé par le ministre de la Santé à la Commission d’implantation de la réforme de la santé mentale pour le Nord-Est, dont l’objectif est de garder un contrôle des services en français de la région. Il agit aussi 25 ans comme ardent défenseur des Services en français pour la santé mentale. En 2002, il devient membre du Conseil de l’Hôpital Notre-Dame et vice-président du Club Voyageur de Hearst. De plus, il a été membre du Conseil économique de la Paroisse Notre-Dame de l’Assomption ainsi qu’initiateur d’un comité pour faire venir des réfugiés africains à Hearst. 

    Marc apprécie particulièrement la chaleur des gens de Hearst, cette ville qu’il décrit comme sécuritaire pour y élever une famille et où les gens peuvent facilement trouver de l’emploi. Il note aussi cette chance que la population a d’avoir accès à cette magnifique nature qui l’entoure. Le seul inconvénient c’est de vivre loin des spécialistes. Il pense avoir de bons gènes. D’ailleurs, Laurette, soeur de Séraphin, vit toujours à 96 ans. Les dix frères et soeurs de Marc sont encore tous vivants. Il accorde aussi de l’importance à son alimentation et n’a jamais fumé ni bu. Pour lui, se balader dans la nature consiste en une thérapie qui contribue encore aujourd’hui à son bienêtre physique et mental. 

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