26 mai 2022

    Notre centenaire, Rose Lecours

    Mme Rose Lecours, née Veilleux, a vu le jour en 1921 à Ste-Lucie de Beauregard dans le comté de Montmagny, au Québec. Le journal Le Nord a récemment parlé de la célébration de ses 100 ans à l’occasion desquels elle a notamment reçu 100 roses et 100 cadeaux. Le secret de vivre jusqu’à 100 ans ? « Dieu seul le sait », dit-elle. J’ai donc eu envie d’en savoir plus sur le passé de cette dame.

    Comme la plupart des Québécois qui se sont fait vanter les mérites de déménager à Hearst, tous les membres de sa famille paternelle sont arrivés en 1924, lorsque Rose avait 3 ans. Le voyage a pris trois jours en train.

    Son père était déjà un homme de bois au Québec. En arrivant, il a acheté des lots dans le coin de Ryland et a commencé à les défricher. Il a engagé des gens pour l’aider à bâtir deux camps carrés. Les Veilleux y ont déménagé quand Rose avait 8 ans. Les camps n’avaient pas de pièces séparées, juste une grande salle avec les lits dedans, le salon et la cuisine : un camp pour la famille et un pour les travailleurs qui coupaient de la pitoune, ou billots de bois. L’hiver, les hommes amenaient le bois à la voie de garage (siding) du chemin de fer, et le déposaient dans un char envoyé par la compagnie forestière Spruce Falls. Le siding consistait en un autre chemin de fer latéral au train (même principe qu’à Reesor Siding).

    La maman faisait à manger pour les 10 enfants et les travailleurs ; Rose l’aidait, étant la seule fille. De sa mère, elle a tout appris pour tenir ménage. Rose a été pensionnaire durant deux ans puisqu’il n’y avait pas d’école près des camps. Une fois sortie du couvent vers 10 ou 11 ans, elle est allée à l’école de rang à Casgrain, mais la marche était trop longue et a dû abandonner. Elle n’a donc pu étudier que de la 1re à la 4e année. Rose a vécu à Ryland jusqu’à ses 19 ans et a aidé à élever ses frères et sœurs. Elle leur faisait l’école. Sa mère et son père travaillaient dehors. Il lui reste trois frères vivants : Victor, Pat et Joe Veilleux.

    Photo : courtoisie

    Quand son père a acheté une maison à St-Pie X, les enfants étaient aux anges. Finalement une toilette dans la maison ! Dans les camps, il n’y avait pas d’eau et pas de toilette. Il fallait transporter l’eau pour faire boire les animaux aussi et, pour le lavage, il fallait faire fondre de la neige. Une petite vie de misère, mais ils n’avaient pas faim, étaient habillés chaudement et avaient de quoi manger.

    Rose a rencontré son conjoint, Maurice Lecours, à Carey Lake alors qu’il était allé livrer un voyage de bois pour Hearst Lumber où il travaillait. Ensuite, Rose passait souvent en avant de la cour à bois quand elle marchait de St-Pie X à Hearst. Maurice la voyait passer. « Ça doit être là qu’il a pris son kick », dit-elle. Ils se sont mariés en 1944 alors que Rose avait 23 ans et Maurice 21. Au début, ils vivaient à Calstock, car Maurice travaillait au moulin de son père, Arthur. Puis ils sont déménagés à Hearst et ont acheté le magasin Lecours trois ans après leur mariage. Rose y a travaillé durant 37 ans. C’était un magasin de linge et chaussures pour la famille. Elle avait deux employées et quelqu’un s’occupait des enfants dans la cuisine adjacente au magasin.

    Photo : courtoisie

    Puis Maurice a acheté le terrain du parc de maisons mobiles (Lecours Trailer Park) et l’a défriché. Quand il est mort, à 63 ans, il y avait 75 trailers dans le parc. Le couple a eu cinq enfants, dont un décédé étant jeune : Liliane Lecours-Tremblay, Huguette Lehoux, Gilles Lecours et Francine Lecours, dix petits-enfants ainsi que quatre, bientôt cinq, arrière petits-enfants.

    Peu après la vente du magasin, son mari étant décédé, Mme Lecours allait passer ses hivers en Floride dans un petit condo qu’elle avait acheté. Tout a changé après le 9-11. Elle ne se sentait plus la bienvenue. Les enfants ont hérité du parc de maisons mobiles et Rose est demeurée consultante.

    Mme Lecours aime bien Hearst. Elle aimait aussi son chalet au lac Pivabiska qui appartient maintenant à sa fille Francine. Elle y va encore les dimanches, l’été, et autrement occupe ses journées en faisant beaucoup de courtepointes qu’elle envoie en République dominicaine pour la Mission Esperanza.

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