5 octobre 2022

    Ma quête pour réduire mon empreinte écologique : c’est quoi le GIEC ?

    Mes chroniques sont habituellement plus axées sur les solutions individuelles, sans aborder le problème des changements climatiques en profondeur. Cette semaine, je me suis tournée vers Marc Bédard, professeur d’économie à l’Université de Hearst pour mieux comprendre les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et ce que ça veut dire concrètement pour nous. 

    D’abord, il faut savoir que le GIEC existe depuis 1988 et est chargé de fournir aux gouvernements de l’information en lien avec les changements climatiques de manière périodique. En 2022, le GIEC va publier son 6e rapport d’évaluation. Le premier volet de ce rapport, Les fondements scientifiques du changement climatique, a été publié l’été dernier. Le deuxième volet, publié en début d’année, abordait les impacts, adaptations et vulnérabilités du changement climatique; il a révélé que les problèmes sont plus importants que ce qu’on avait imaginé. Finalement, le troisième volet, paru au début d’avril portait sur l’atténuation du changement climatique. Ce dernier a mis en lumière l’importance de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Les solutions proposées sont, entre autres, l’abandon des énergies fossiles ainsi que la transformation des villes, des modes de transport et de l’alimentation. 

    Selon Marc, ce qui donne de la crédibilité et de l’intérêt au GIEC est sa neutralité et le fait que le résumé pour les décideurs est signé par tous les membres de l’ONU (Organisation des Nations Unies). Cela « donne l’idée que l’ensemble des gouvernements de la planète est d’accord et prêt à agir… même si présentement très peu de pays sont dans l’action ». S’attaquer aux changements climatiques demande un effort politique énorme. Par ailleurs, Marc estime que les rapports du GIEC n’ont pas la portée qu’ils devraient avoir puisqu’ils sont perdus à travers d’autres nouvelles comme la pandémie et la guerre en Ukraine. Il est donc difficile pour les changements climatiques de prendre leur place dans la conscience collective. 

    Selon le GIEC, les conséquences comme les évènements météorologiques extrêmes ne seront pas les mêmes partout sur la planète. Toutefois, un des effets qu’on va ressentir à Hearst, au Canada et partout dans le monde sera une pénurie de ressources alimentaires et énergétiques. Marc suggère que l’autosuffisance alimentaire et énergétique pourrait être une solution mise en place ici à Hearst afin d’éviter d’être dépendant des producteurs mondiaux lorsqu’on va commencer à sentir les effets des changements climatiques. 

    Marc s’intéresse depuis long-temps à la question des changements climatiques. D’ailleurs, il en parlait dans ses cours « même quand c’était une nouvelle affaire et que personne n’en entendait parler », dit-il. Selon lui, il est impossible d’aborder le sujet sans parler du système économique, de la justice sociale et des systèmes de pouvoir puisque c’est un problème extrêmement complexe. Marc a recommencé à enseigner récemment après avoir passé six ans au vice-rectorat. Il est désolant pour lui de constater à quel point il y a eu très peu de progrès dans la lutte contre les changements climatiques. De plus, les niveaux de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevés que présentement. 

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