15 août 2022

    Les refuges d’animaux souffrent des répercussions de la pandémie

    Alexandra Snider – IJL – Réseau.Presse – Le Goût de vivre 

    Durant la pandémie, il y a eu une augmentation de personnes qui restaient à la maison et qui cherchaient un animal de compagnie, maintient Kara Burrow, propriétaire du refuge d’animaux de ferme et de compagnie, Ralphy’s Retreat, à Wyebridge. Pourtant, « il y a certainement des gens qui cherchent à se débarrasser de leurs animaux de compagnie achetés durant la pandémie », remarque-t-elle. « On est inquiet », ajoute Mme Burrow. « Je sens que les humains ont perdu l’habileté de prendre soin les uns des autres et de leurs animaux.  Je crois qu’on va voir une augmentation de cas d’abandon d’animaux. »

    Chaque semaine, elle dit recevoir de 5 à 6 courriels de personnes qui cherchent un refuge pour un cochon vietnamien ou un coq, mais le refuge n’a parfois pas la place pour les accueillir. « Nous avons des cas d’abandon d’animaux. Par exemple, l’obésité extrême, c’est toujours une forme d’abandon parce que tu mènes le cochon vers la mort. Il y a aussi l’autre extrême, lorsque le cochon est émacié. » Il y a également 6 coqs au refuge, car dans les villes, des gens ont acheté des poules pour avoir des œufs lors de la pandémie, mais en découvrant que certaines poules étaient des coqs, ils les ont abandonnés.

    Brent Ross, porte-parole pour le ministère du Solliciteur général de l’Ontario, responsable de la protection des animaux depuis juin 2019, rapporte que le nombre d’appels reçus quant à la protection des animaux a augmenté entre 2020 et 2021. Il y a eu 3308 appels de plus en 2021, représentant une augmentation de près de 20%.

    Déclin de dons

    La société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de l’Ontario (OSPCA) ne gère plus les cas de cruauté et d’abandon des animaux et explique ne pas avoir vu d’augmentation d’abandon ou de retour d’animaux. Pourtant, Robin Elliott, coordonnatrice du développement communautaire du centre OSPCA de Midland, affirme qu’il y a eu de grands défis économiques. « Nos seuls fonds viennent des dons. Puisqu’il n’y avait pas d’événements en personne, on a eu un déclin de 2/3 des dons qui venaient normalement d’événements. » Présentement, les dons reprennent grâce au retour des événements en présentiel.

    Ralphy’s Retreat est également un organisme qui dépend entièrement des dons et, depuis la pandémie, il y a eu un grand déclin notamment parce que les visites au refuge n’étaient plus permises. De plus, « des commanditaires mensuels ont annulé leurs paiements et on dépend de ces fonds », avoue Kara Burrow. Cet été, le sanctuaire d’animaux sera ouvert pour des visites et la propriétaire de Ralphy’s Retreat espère qu’il y aura une augmentation de dons.

    Réengager la communauté

    Selon Kara Burrow, à Ralphy’s Retreat, le « plus grand défi a été l’absence des bénévoles, car une grande partie des tâches au sanctuaire sont effectuées par des bénévoles ». Au début de la pandémie, quand l’effet de la COVID-19 sur les animaux était inconnu, Mme Burrow s’occupait seule de 200 animaux. Ralphy’s Retreat s’est récemment établi à Wyebridge en 2021; il était situé dans le comté de Norfolk auparavant. Donc, Kara Burrow espère que le sanctuaire pourra rétablir un réseau de bénévoles dans la région. Robin Elliot renchérit que le OSPCA à Midland n’a eu aucun bénévole pendant 2 ans; donc, avec leur retour, la gestion du refuge devient beaucoup plus facile.

    Kara Burrow signale que dernièrement il y a eu une augmentation de l’abus d’animaux perpétré par des enfants. Mme Burrow « encourage les parents à éduquer leurs enfants » quant au traitement des animaux. Ralphy’s Retreat planifie aussi accueillir des jeunes au sanctuaire pour qu’ils puissent passer du temps avec les animaux. Shannon Leguizamon, directrice du refuge, mentionne que cela a un effet thérapeutique pour les enfants. Simultanément, ça sera une occasion d’éduquer les jeunes sur le traitement approprié des animaux.

    Malgré le fait qu’il y a une augmentation de cruauté envers les animaux et que les refuges affrontent de nombreux défis, ces derniers réussissent à se rétablir grâce à l’appui communautaire et par des programmes innovateurs.

    Photo : Alexandra Snider

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