27 mai 2022

    Les leaders francophones célébrés au Banquet de la Francophonie

    Le 22e Banquet de la Francophonie a honoré des ambassadeurs de la francophonie en Ontario. Organisé par l’Association canadienne-française de l’Ontario de Prescott et Russell (ACFO), l’évènement présenté samedi soir revenait pour une première fois depuis 2019 en version « présentielle ».

    Charles Fontaine – IJL – Réseau.Presse – Le Droit

    Au total, cinq personnes ont reçu l’Ordre de la francophonie et et on a remis deux prix Jeunesse Thomas-Godefroy.

    « C’est l’occasion pour les francophones de célébrer nos bons coups. On reconnaît les leaders de chez nous. L’idée, c’est de se rassembler et de fêter. On espère que ça inspire d’autres personnes à se démarquer davantage dans leur communauté », souligne le directeur général de l’ACFO de Prescott et Russell, Jacques Héroux.

    Le moment fort de la soirée a été les éloges rendus à Luc Chénier, président-directeur général du journal ukrainien Kyiv Post. Il a fui les bombes en Ukraine pour retrouver la sécurité de son foyer à Hawkesbury. M. Chénier a raconté ses péripéties pour se rendre au pays, qui ont duré 17 jours, aux personnes présentes dans la salle.

    Crédit : Martin Roy

    Le médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), Dr Paul Roumellotis, a reçu le titre de « Allié de la francophonie ». Celui qui a informé la communauté quotidiennement concernant la COVID-19, en français et en anglais, rappelle l’importance de recevoir des soins de santé dans la langue de choix.

    « Surtout en santé, c’est important d’utiliser la langue de choix du patient. Je pense que recevoir des services dans sa langue est très important parce qu’on se sent plus à l’aise », dit-il dans une vidéo présentée lors de la soirée à laquelle il n’a pu assister.

    La fierté des doyens

    Louise et Gilles Myner se sont dévoués à la francophonie de l’Ontario pendant plus de 50 ans. Tout ça, bénévolement.

    Crédit : Martin Roy

    Louise s’est engagée auprès de plusieurs organismes communautaires comme la paroisse de St-Eugène et la Coopérative artisanale de l’Est ontarien. Elle a aussi siégé au sein de plusieurs conseils d’administration, comme celui l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (ACFO).

    Après toutes ces années à s’acharner pour la reconnaissance de sa communauté, Mme Myner mentionne qu’elle a fait sa part et que c’est au tour de la jeunesse de prendre le flambeau.

    « Je trouve que les jeunes maintenant sont beaucoup plus évolués et conscientisés envers la francophonie », observe-t-elle.

    Jean-Jacques Legault œuvre dans le domaine de l’éducation depuis plus de 45 ans. Originaire de Bourget, il a débuté sa carrière comme enseignant et l’a terminé comme directeur général et secrétaire du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO). Il a également été membre et fondateur de plusieurs organisations communautaires locales, comme le club Optimiste de Bourget et le Club Champlain Rockland, qui a proposé sa candidature.

    Crédit : Martin Roy

    Il a réalisé avec le temps et avec les grandes batailles auxquelles ont dû se livrer les francophones de l’Ontario pour protéger leur langue qu’il ne faut pas tenir cette dernière pour acquise.

    « Il faut se tenir debout pour nos droits, demander de se faire servir en français, ne pas hésiter à faire du bénévolat. Ce sont toutes de petites choses qu’on fait, mais qui en fin de compte font en sorte qu’on peut faire une différence dans la vie de tous les jours. »

    L’Ordre de la francophonie met en valeur la fierté qu’il a d’être franco-ontarien.

    « C’est une belle reconnaissance après un paquet de choses que tu fais dans ta vie pour t’assurer qu’on garde notre langue et qu’on puisse la faire vivre et en être fier. C’est cette fierté-là que j’essayais de montrer à mes étudiants. »

    La Coopérative Fromagerie St-Albert a été reconnue comme « Organisme communautaire ».

    La fromagerie qui a 128 ans d’histoire s’est engagée dans de nombreuses causes pour la francophonie au cours de son histoire. En 2019, elle a accueilli le 17e Monument de la francophonie lors du 125e anniversaire de la coopérative.

    « C’est dans notre ADN de s’engager dans la communauté franco-ontarienne, on ne fait pas ça pour recevoir des prix, mais c’est valorisant. La coop a 128 ans d’histoire, alors quand on s’engage dans des causes pour la francophonie, c’est sûr qu’il y a un certain poids en arrière de nous, parce qu’on est renommé. Tout le monde connaît la fromagerie au Québec et en Ontario », soutient le directeur général Éric Lafontaine.

    Crédit : Martin Roy

    Mélissa Ouimet récompensée

    La chanteuse Mélissa Ouimet, originaire de St-Albert, a été récompensée pour son engagement artistique. En 2018, elle a adapté sa chanson Personne ne pourra m’arrêter pour contester les décisions de Doug Ford de couper dans l’éducation en français en Ontario.

    Crédit : Martin Roy

    « C’est LA chanson qui me permet de parler de la communauté franco-ontarienne. Notre langue est fragile, il faut la protéger », lance-t-elle.

    C’est son père, Réjean Ouimet, ancien directeur général de la Fromagerie St-Albert, qui lui a enseigné la protection de la langue et la chance de parler en français. À la suite du mouvement SOS Montfort, elle réalise que le français en Ontario n’est pas chose acquise et on doit en prendre soin.

    Prix jeunesse Thomas-Godefroy

    Catherine Cadieux-Fredette s’est démarquée au sein de plusieurs conseils scolaires, comme le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien et le Regroupement des élèves conseiller.ères francophones de l’Ontario.

    Crédit : Martin Roy

    « Mes deux parents francophones m’ont inculqué l’importance de la langue française. J’ai toujours eu une passion innée. Au secondaire, j’ai voulu partager cette fierté que mes parents m’avaient donnée. J’ai voulu montrer comment la culture pouvait être consommée, mais de façon cool et fun », raconte-t-elle.

    L’étudiante en communication pense à travailler en publicité ou en marketing pour exploiter cet amour qu’elle a de sa langue maternelle.

    Le deuxième prix Jeunesse a été décerné à Sabrina Tremblay, enseignante d’improvisation et de théâtre. Elle a organisé plusieurs tournois d’improvisation et des pièces de théâtre communautaire au cours des dernières années.

    Photo principale : Martin Roy

     

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