28 novembre 2022

    Les institutions de santé se préparent à une nouvelle vague de COVID-19

    Christian Gammon-Roy

    IJL – Réseau.Presse – Tribune : la Voix du Nipissing Ouest

    Les gens espéraient en avoir fini, enfin, avec la pandémie de COVID-19, mais il semble que la COVID-19 n’en a pas fini avec nous pour l’instant. Un nouveau variant, Omicron BA.5, est responsable d’une majorité de nouveaux cas et les infections sont à nouveau en hausse. Le Bureau de santé publique de Sudbury vient d’augmenter son niveau de risque à « élevé », et cette hausse est inquiétante car le district de Nipissing miroite souvent les tendances du district voisin.

    Le Bureau de santé de North Bay Parry Sound et district continue à afficher le nombre de cas actifs dans la région. Cependant, il avoue que les nombres sont largement sous-estimés car il y a moins de tests de dépistage administrés et les tests antigéniques rapides ne comptent pas dans les résultats. Ainsi, la situation réelle est estimée bien pire que les chiffres officiels ne le laissent croire.

    Cynthia Desormiers, directrice de l’Hôpital général de Nipissing Ouest, confirme qu’il y a eu plus de cas dépistés localement ces dernières semaines, et elle prévoit une nouvelle vague cet automne. « Nous surveillons la situation de près tous les jours, nous gardons un œil sur [les bureaux de santé] à l’est et à l’ouest. Nous luttons contre cette pandémie depuis 2,5 années maintenant, donc nous avons développé un très bon plan de gestion de la pandémie, » dit-elle.

    Mme Desormiers décrit ce plan comme « fluide », adapté aux réalités changeantes. Lorsque le taux de transmission est faible, comme il l’est maintenant, les choses restent relativement normales. Cependant, les mesures peuvent être modifiées très rapidement en réponse à un risque plus élevé. « Il est important que l’on puisse s’adapter très vite, que l’on puisse faire des changements et modifier les politiques lorsqu’on reçoit de nouvelles données. »

    Heureusement, l’hôpital ne dépend pas que des chiffres sous-estimés du Bureau de santé pour ajuster ses mesures. « Nous prenons aussi en considération d’autres facteurs, comme le taux de maladie chez nos employés, et nous faisons nos propres tests de dépistage, » explique Mme Desormiers. Elle ajoute que les mesures adoptées jusqu’à présent fonctionnent bien. « Je suis confiante qu’elles nous aideront à traverser la prochaine vague, » assure-t-elle.

    Néanmoins, Mme Desormiers avoue qu’une bonne planification n’empêche pas tous les imprévus. En effet, juste après avoir fourni ces commentaires, elle a été obligée de déclarer une éclosion de COVID-19 dans l’unité des soins complexes à l’hôpital le 29 juillet. « Une éclosion est déclarée lorsqu’il y a 2 patients dans le même unité qui sont positifs à la COVID-19, » explique-t-elle. L’hôpital a réagi en fermant cette section à tous les visiteurs et en limitant l’accès aux section adjacentes jusqu’à ce que l’éclosion soit terminée. La fin de l’éclosion pourrait être déclarée au plus tôt le 8 août, si aucun nouveau cas n’est dépisté dans la section touchée.

    Le Foyer pour personnes âgées Au Château se prépare aussi à une nouvelle vague. « Cet automne, il y aura une augmentation importante avec la rentrée scolaire, les gens qui passent plus de temps à l’intérieur et aussi la saison de la grippe, » prédit Jacques Dupuis, administrateur du foyer de soins de longue durée. Au Château s’approvisionne en équipement de protection personnel pour faire face à une nouvelle vague, dit-il. De plus, une campagne d’éducation du personnel a été initiée, pour rappeler l’importance du lavage des mains et de la vigilance accrue même à la maison.

    1. Dupuis dit qu’il y a eu des cas de COVID-19 parmi les employés récemment, mais aucun cas parmi les résidents. Il attribue cela à des mesures de dépistage très strictes. « Le dépistage et le testing sont très robustes, et nous allons continuer ces pratiques jusqu’à l’automne. » En effet, les employés doivent faire un test antigénique rapide trois fois par semaine et tout résultat positif est ensuite confirmé par un test PCR. M. Dupuis ajoute que ces mesures s’appliquent aussi aux bénévoles et aux visiteurs. « Nous devons être très vigilants, » de conclure M. Dupuis.

    Le Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest attend aussi une hausse des cas et la directrice des soins primaires, Lise Savard, dit que le centre a maintenu ses mesures de protection en traitant les patients infectés. « Nous avons gardé notre salle d’isolement pour les personnes avec des symptômes qui ont un résultat positif au test COVID. Ils vont directement dans la salle d’isolement et celle-ci est désinfectée immédiatement après leur départ. La personne soignante porte de l’équipement de protection personnel, dont une chemise d’hôpital, un masque N95, des lunettes de protection et des gants pendant la consultation, » décrit Mme Savard. Le centre essaie aussi de répartir les rendez-vous afin de limiter le nombre de patients dans la salle d’attente en même temps.

    Mme Savard dit que le centre est prêt à affronter une nouvelle vague. « Nous avons assez d’équipement de protection personnel pour durer deux mois, juste au cas où nous aurions des problèmes d’approvisionnement, » dit-elle. Elle raconte qu’à l’apogée de la pandémie, ces articles étaient difficile à obtenir, particulièrement les masques chirurgicaux. Elle ajoute qu’au pire, le centre envisagerait d’annuler les rendez-vous non-essentiels, mais « je ne pense pas qu’on va en arriver là. »

    Les institutions locales sont donc prêtes à faire face à une vague d’automne, mais les résidents peuvent aussi faire leur part pour protéger la collectivité, notamment en recevant le vaccin contre la COVID-19, encouragent les autorités sanitaires. « Ça donne une meilleure protection et les symptômes sont moins sévères [parmi les personnes vaccinées]. Cela fait partie des mesures de protection, comme porter un masque, se laver les mains, » recommande Mme Desormiers.

    Depuis le 18 juillet, toute personne de 18 ans et plus est admissible à recevoir une 4e dose de vaccin. Julie Aubin, propriétaire de la Pharmacie Aubin Pharmasave à Sturgeon Falls, offre même le vaccin sans rendez-vous. « Il n’y a pas beaucoup de demande,» dit-elle; c’est d’ailleurs pour cela qu’un rendez-vous n’est pas nécessaire.

    Alors que les nouveaux variants de la COVID-19 semblent être moins virulents pour la plupart des gens, Mme Aubin dit qu’une 4e dose est une bonne idée pour les personnes vulnérables ou à risque en particulier. Elle ajoute que les personnes en santé devraient aussi y songer si elles voyagent ou visitent d’autres personnes, car même avec des symptômes plus légers, elles peuvent transmettre le virus.

    La pharmacienne comprend la réticence de certains qui se considèrent à faible risque ou qui pensent qu’il serait avantageux de contracter le virus « et d’en finir, » ou alors ceux qui préfèrent attendre un nouveau vaccin conçu pour lutter contre les variants Omicron. Cependant, elle souligne que les gens peuvent se protéger et protéger les autres tout de suite, puis quand même être admissibles au nouveau vaccin à l’automne.

     

    Légende : Julie Aubin, propriétaire de la Pharmacie Aubin Pharmasave, administre une dose du vaccin contre la COVID-19 à une employée de la pharmacie. Elle offre maintenant le vaccin sans rendez-vous à tous les adultes.

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