23 mai 2022

    Les immigrants sont moins susceptibles de s’établir en milieu rural

    Bien que le pays ait connu la croissance la plus rapide du G7 depuis cinq ans, la population a à peine crû dans les régions rurales, en partie à cause d’un taux d’immigration plus faible et du choix des grands centres urbains par les immigrants temporaires et permanents. 

    Le recensement de 2021 a dénombré autour de 6,6 millions de personnes résidant en milieu rural en date de mai 2021, soit une hausse de 0,4 % par rapport au dernier recensement. Pour les régions urbaines, l’augmentation est de 6,3 %. 

    Cependant, Statistique Canada a remarqué que plus d’immigrants se sont établis dans la région de Cochrane entre 2016 et 2021 que dans le passé. « Par contre, ça reste quand même des nombres assez faibles comparativement à ce qu’on observe dans les grands centres urbains », précise Patrick Charbonneau, analyste principal du Centre de démographie de Statistique Canada. 

    La pandémie a mis des bâtons dans les roues de plusieurs personnes en route vers le Canada. Toutefois, les restrictions frontalières ont la plupart du temps affecté les grands centres urbains, et non les communautés rurales. « L’écart entre la croissance des régions rurales et des régions urbaines aurait pu être plus prononcé s’il n’y avait pas eu de pandémie », est-il écrit dans le rapport du recensement 2021, daté du 9 février 2022. 

    M. Charbonneau dit que l’un des facteurs primordiaux expliquant l’écart constaté serait la présence de réseaux préexistants dans les régions urbanisées, faisant en sorte que les immigrants ont davantage tendance à s’y établir. En outre, les métropoles peuvent offrir des opportunités plus alléchantes en matière d’études et de travail. 

    Accroissement naturel négatif 

    « Le fait que l’immigration est assez faible serait le facteur principal de la différence de croissance entre les régions rurales et les régions urbaines », explique M. Charbonneau. « Mais, il n’y a pas seulement l’immigration. » 

    En réalité, de nombreuses communautés en milieu rural sont habitées par des populations vieillissantes et, dans six provinces, le nombre de décès a dépassé celui des naissances de 2016 à 2021. 

    Statistique Canada attribue également ladite hausse à l’immigration interne, c’est-à-dire l’exode de membres de la population rurale vers des centres urbains, contribuant ainsi à l’accroissement des grandes villes. En revanche, il y a eu également une hausse du nombre d’habitants dans certaines régions rurales en raison de la migration des gens quittant les grandes villes en direction des plus petites, surtout en Ontario et au Québec. 

    Grimper, chuter 

    Des 1,8 million de nouvelles personnes sur le territoire canadien, environ 80 % avaient immigré au pays depuis 2016. Si ce n’était pas de la pandémie, le rythme de croissance démographique aurait augmenté davantage. 

    En 2019, le Canada a battu un record avec une hausse annuelle de plus de 583 000 personnes. Par contre, l’année d’après, le taux d’accroissement démographique annuel était le plus lent depuis la Première Guerre mondiale (+0,4 %). 

    En contrebalançant le tout, la croissance démographique a quand même augmenté de 0,2 % en comparaison avec la période précédente.

    Photo : https://dailyhive.com/montreal/montreal-snow-november-13-photos

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