7 octobre 2022

    Le Conseil des Arts de Hearst attend patiemment le retour à la normale

    Depuis le début de la pandémie, le domaine des arts et des spectacles est l’un des plus touchés. Les fermetures de salles, les limites de capacité ainsi que la vaccination obligatoire ont grandement contribué à l’anxiété des artistes et du public. Le Conseil des Arts de Hearst n’a pas été épargné. 

    Aux yeux de la majorité, les différents domaines des arts ne sont pas un luxe. La population consomme de l’art pour décrocher et vivre quelque chose de différent afin d’oublier cette pandémie. C’est bon pour la santé mentale de plusieurs personnes. 

    Se réinventer, travailler plus fort pour faire moins de représentations, le manque de nouveautés, le financement touché par la vente de billets sont quelques-uns des défis rencontrés par le Conseil des Arts de Hearst au cours de la dernière année. 

    Au début de la pandémie, en 2020, l’équipe du Conseil des Arts de Hearst a approché des partenaires locaux pour créer une scène virtuelle. L’acquisition d’équipement a été nécessaire pour soutenir la diffusion de spectacles en ligne. « Quand les artistes nous le permettent ou que le spectacle le permet, parce qu’il y a certains spectacles comme le théâtre ou la danse qui se transmettent vraiment mal virtuellement, on le fait », explique la directrice générale, Valérie Picard. « Si nous offrons un spectacle virtuel, c’est parce que l’artiste est à l’aise de le faire et que nous avons négocié cela dans le contrat. Nous avons adapté nos services pour la sécurité des gens, mais on a gardé aussi le cap sur notre mission », ajoute-t-elle. 

    La directrice générale estime que la population de Hearst a toujours été très participative lors de la diffusion de spectacles en ligne en comparaison avec d’autres salles dans le réseau. 

    Les reports de spectacles, une, deux et même trois fois dans certains cas, engendrent davantage de travail en arrière-scène. Il y a des conséquences sur la promotion : l’équipe doit notamment s’assurer de transmettre les informations à tous les clients, aux responsables du budget ou encore du financement. 

    Il y a eu divers programmes d’aide gouvernementale, mais en revanche, le fait d’être une petite ville cause un problème par rapport aux critères d’admissibilité. Mme Picard indique avoir complété beaucoup de demandes de subventions pour très peu d’argent obtenu. 

    Le retour à la réalité risque de prendre beaucoup de temps. « La plus grande critique des producteurs, c’est qu’il n’y a pas eu assez d’appui pour garder la main-d’oeuvre culturelle. On parle des producteurs, des régisseurs, des techniciens, des metteurs en scène qui ont été complètement délaissés. Cela nous affecte quand même, parce que ce que l’on voit maintenant c’est qu’on a moins de choix, il y a moins de productions artistiques. Aussi, pendant la pandémie, les artistes n’ont pas pu présenter les productions qu’ils avaient préparées en 2019-2020. Il y a eu comme un arrêt au niveau de la production et de la création artistique au Canada », déplore Valérie Picard. 

    Au niveau de l’industrie, l’évènement Contact Ontarois, qui permet à l’équipe du Conseil des Arts de Hearst de choisir les spectacles des prochaines programmations, a été annulé à deux reprises, ce qui rend difficile la présentation d’une vision artistique plus complète. « Comme le théâtre par exemple, lorsque les restrictions sanitaires demandaient d’être seulement dix personnes à l’intérieur, avec les acteurs et le reste de l’équipe de production, c’était impossible de répéter les pièces. Donc, au niveau du théâtre, nous avons du développement de public à refaire », dit Mme Picard. 

    Le financement est l’un des défis les plus importants pour le CAH, car 50 % du budget provient de fonds publics et la différence dépend de la vente de billets, de dons et de commandites. Avant l’arrivée de la pandémie, la moyenne de spectateurs était de 210 personnes par spectacle. Au cours de la dernière année et demie, le maximum était de 50 personnes par représentation, ce qui a un impact immense sur les finances. De plus, la location de la salle pour des évènements privés permettait des revenus supplémentaires puisque la gestion de la salle revient au CAH même depuis la vente de l’immeuble. 

    Les habitudes des gens ont aussi changé : ils sont moins portés à sortir. Des analyses devront être réalisées au cours des prochaines années pour ajuster la programmation en conséquence. L’équipe du CAH a toujours su maintenir un équilibre lors de l’élaboration de sa programmation. On veut planifier les évènements de sorte que la population n’ait pas à faire un choix entre un tournoi de hockey ou un spectacle. « Nous voulons être capables de faire le plus que nous pouvons, avec toutes les ressources que nous avons, pour garder une programmation d’envergure, pour être l’un des diffuseurs les plus actifs et reconquérir notre public », conclut Valérie Picard. 

    Le Conseil des Arts espère que les gens seront toujours au rendez-vous. Aucun des spectacles présentés dans la dernière année n’a fait salle comble, mais l’équipe prépare quand même une impressionnante programmation pour la réouverture. 

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