28 septembre 2022

    L’aventure de Jean-Michel Cantin se termine à mi-chemin

    C’est tout un défi que Jean-Michel Cantin s’était donné lorsqu’il a décidé de partir faire le sentier pédestre Pacific Crest Trail en mai dernier. L’homme de 30 ans, originaire de Hearst, avait envie de voyager à travers le monde avec son sac à dos. Au début de l’année 2020, il a vendu son terrain et sa voiture pour pouvoir partir à la découverte de nouveaux paysages. Il y a quelques semaines, le passionné de voyage a été dans l’obligation d’abandonner à mi-chemin à cause de sa santé. 

    En 2020, la pandémie a fait en sorte que ses plans ont été un peu retardés, sans pour autant être abandonnés. Il a travaillé dans un moulin à Hearst en attendant que les voyages redeviennent possibles et il a ainsi pu continuer à se ramasser de l’argent pour quand le jour viendrait qu’il puisse poursuivre ses intentions de séjourner à l’étranger. 

    Jean-Michel a quitté le Canada le 14 mai 2022, le jour de ses 30 ans, pour aller en Californie au point de départ du sentier. La Pacific Crest Trail est longue de 4240 km et traverse trois états américains, soit la Californie, l’Oregon et Washington. Il a fait ses recherches durant la pandémie grâce aux médias sociaux et les sites Web. 

    Le sentier a été fermé durant la période de COVID-19, et avec sa réouverture cette année il accueillait plus de gens de l’international que d’Américains. Pour faire le parcours, vous devez demander un permis qui donne accès à tous les parcs nationaux afin de pouvoir camper et séjourner sans payer de frais supplémentaires. 

    Pour sa part, Jean-Michel a marché précisément 2416 kilomètres en 83 jours, ce qui équivaut à environ 29 kilomètres par jour. Son aventure a commencé avec des températures de 40 0C. Pour éviter l’épuisement dû à la chaleur, son groupe et lui marchaient la nuit de 3 h à 9 h, jusqu’à ce que la chaleur devienne trop accablante. 

    Certains matins, après plusieurs kilomètres, Jean-Michel s’est réveillé avec de la gelée sur sa tente, étant donné qu’il était rendu en plus haute altitude. Pour permettre à son corps de bien s’acclimater à tous ces changements de température, il devait s’habiller avec plusieurs couches de vêtements et les enlever au besoin. 

    À titre d’entrainement avant de partir pour cette grande aventure, Jean-Michel n’avait fait qu’une randonnée de 160 km dans le coin du lac Supérieur et plusieurs petites marches en ville avec son sac à dos pour s’habituer à la pesanteur. Le défi était quand même grand en ce qui a trait à l’effort physique extrême. « C’était moins pire que je pensais. Notre groupe, on faisait du bon millage, mais c’est mes genoux qui ont lâché. J’allais trop vite, je pense, et ça m’a rattrapé à la longue », raconte-t-il. 

    Grâce à un émetteur satellite d’urgence, les marcheurs avaient accès à des soins de santé si jamais leur état physique dégringolait. Dès la première journée de marche dans de grandes chaleurs, trois des personnes avec qui Jean-Michel était ont dû appeler les secours parce qu’ils étaient déshydratés. Il s’abreuvait à même les rivières et les ruisseaux sur la piste, grâce à des bouteilles qui filtrent l’eau pour la rendre potable. 

    Pendant tout son trajet, Jean-Michel est resté avec le même groupe de 5 ou 6 personnes qui provenaient tous de l’international comme lui. Après deux mois à se suivre, ils ont appris à se connaitre et développer une belle amitié. 

    En quittant le sentier, M. Cantin savait que son voyage n’était pas terminé pour autant. Il s’est rendu chez de la famille à Seattle et est resté quelque temps là-bas avant de revenir au pays. Ces gens sont allés le reconduire en voiture jusqu’à Kelowna en Colombie-Britannique et à partir de là, Jean-Michel a fait 2500 km d’autostop jusqu’à Thunder Bay en seulement trois jours. « Je voulais l’essayer et puis j’ai eu une ride avec un truckeur qui faisait Calgary Winnipeg, donc ça m’a beaucoup aidé », explique-t-il. 

    Jean-Michel se prépare pour un autre voyage avec des amis, au Pérou, au mois de décembre et compte bien continuer à explorer différentes régions du monde, tant et aussi longtemps qu’il pourra le faire. 

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