15 août 2022

    La pollution par les plastiques nuit aux écosystèmes de la baie Georgienne

    Alexandra Snider – IJL – Réseau.Presse – Le Goût de vivre

    Sean Mullin, directeur du projet Diversion 2.0 de l’organisme Georgian Bay Forever, remarque que la plus grande forme de pollution de macroplastique, des plastiques de plus de cinq millimètres de longueur, est constituée de mégots de cigarette. « Ils passent dans nos caniveaux, dans les collecteurs d’eau de pluie, dans nos égouts et la plupart du temps ils sont relâchés dans nos cours d’eau, notamment dans la baie Georgienne. »

    Pourtant, la pollution par les microplastiques, des particules de moins de cinq millimètres de longueur, est également importante. « Une façon très commune pour que les microfibres et les microplastiques infiltrent notre eau est par nos laveuses. Une seule brassée de lavage peut relâcher jusqu’à 700 000 microfibres », rapporte Ashley Morrison, directrice du projet Divert and Capture de l’organisme Georgian Bay Forever. Les microfibres sont une forme de microplastique. Elles sont souvent retrouvées dans nos vêtements qui sont composés de fibres synthétiques ou de fibres qui ont subi un traitement chimique.

    Effets environnementaux et humains

    Les microplastiques ont des effets graves sur les poissons de la baie Georgienne. Ashley Morrison explique qu’une étude datant de 2021 a trouvé que 100% des poissons étudiés contenaient des microplastiques. Elle raconte que les microfibres et les microplastiques sont si petits, que les poissons peuvent les manger mais ils ne sont pas capables de les digérer. « Les poissons finissent par consommer de grandes quantités de plastiques et, n’ayant plus faim, ils peuvent soit mourir de faim ou être extrêmement mal nourris. »

    Mme Morrison dit que cette malnutrition crée des « délais dans l’émergence de certaines sources de nourriture à des moments clés, ce qui crée des répercussions dans toute la chaîne alimentaire. » De plus, les produits chimiques de certains plastiques peuvent également causer des déformations et des délais de croissance chez les poissons.

    Quant à l’impact humain, Mme Morrison constate qu’il y a « des statistiques alarmantes à présent. En moyenne, les humains consomment cinq grammes de microplastiques par semaine, ce qui équivaut à la taille d’une carte de crédit ». Cette quantité peut augmenter si la personne se sert d’une cafetière Keurig et de bouteilles d’eau en plastique. Toutefois, elle avoue que plus de recherches doivent être menées afin de déterminer l’impact des microplastiques dans nos corps.

    Limiter la pollution de plastiques

    Georgian Bay Forever a mis sur pied de nombreuses initiatives pour capturer les plastiques avant qu’ils ne se rendent dans la baie Georgienne. Sean Mullin explique que pour capturer les macroplastiques, l’organisme a installé des filets pour capturer des plastiques à l’extrémité des tuyaux d’écoulement, des filtres dans les égouts pluviaux et des bacs qui collectent des plastiques dans la baie Georgienne. « Notre plus grand projet est celui des bacs marins. C’est une technologie qui fonctionne en créant une succion à la surface de l’eau, afin d’aspirer toutes sortes de matériaux. » Ces bacs réussissent également à capturer des microplastiques venant des vêtements, mais également issus de la dégradation des macroplastiques.

    Quant au projet de Ashley Morrison, Divert and Capture, elle promeut l’installation de filtres qui capturent jusqu’à 89% de microfibres relâchés lors du processus de lavage. L’organisme installe ces filtres dans 300 maisons à Collingwood, à Wasaga Beach et à Blue Mountain et étudiera l’impact des filtres dans la communauté. Selon Mme Morrison, il est important de capturer autant de microfibres que possible au domicile. « L’usine de traitement des eaux peut capturer jusqu’à 99% des microfibres, mais celles-ci sont emprisonnées dans la boue de l’effluent, qui est ensuite répandue sur les champs agricoles. » Les microfibres peuvent ensuite se rendre jusqu’aux cours d’eau.

    Photo : Ashley Morrison

    Changer ses habitudes

    Ashley Morrison encourage le public à se sensibiliser, à donner une nouvelle vie à ses vieux vêtements, et à prendre part à l’action politique. Elle préconise notamment l’écriture d’une lettre d’appui à son député provincial afin d’appuyer l’approbation du projet de loi 102, qui fera en sorte que « toutes les laveuses vendues seront obligées d’avoir un filtre de microfibres installé dans la machine. »  Sean Mullin encourage les gens à réduire la quantité de plastique à usage unique dont ils se servent. « Si on utilise moins comme consommateur, on aidera à détourner une grande partie des microplastiques des cours d’eau. »

    C’est certain que les plastiques sont une partie de notre vie quotidienne; pourtant Sean Mullin espère que « notre situation s’améliorera et qu’avec l’éducation du public et la modification des comportements on pourra limiter la quantité de plastique dont on se sert chaque jour. »

    Photo principale : Georgian Bay Forever

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