2 Décembre 2022

    La plus grosse caméra du monde, pour 20 milliards de galaxies

    Il y a le télescope spatial James-Webb, mais il y aura aussi, sur le plancher des vaches, la plus grosse caméra numérique jamais installée sur un télescope. Ni nulle part ailleurs: ses photos pourraient nécessiter l’équivalent de 378 écrans de télévision 4K ultra-HD pour être vues en taille réelle.

    La caméra de 3 tonnes, qui fait la taille d’une grosse voiture, devrait être installée en 2024 sur l’Observatoire Vera Rubin, au sommet d’une montagne du Chili. Sa mission sera de cataloguer quelque 20 milliards de galaxies dans le ciel de l’hémisphère Sud au cours de la décennie suivante, dans le cadre d’un projet appelé Legacy Survey of Space and Time (LSST). Elle a été dévoilée à la presse cette semaine au laboratoire de physique des particules SLAC, en Californie, là où elle a été assemblée.

    En 2020, lors des premiers tests là-bas du « réseau de capteurs » devant former la future caméra, les images avaient une définition de 3,2 milliards de pixels. Littéralement, c’est l’image la plus large jamais capturée par une seule photo, ce qui a valu cette comparaison avec 378 écrans de télé. Ou cette autre comparaison: une telle  définition permettrait de voir une balle de golf à 24 kilomètres.

    Ça donne une lentille de 1,57 mètre de diamètre, déjà reconnue comme la plus grosse du monde par le Livre des records Guinness.

    L’espoir est qu’avec 20 milliards de galaxies, cela permette d’avoir une vue d’ensemble de la façon dont les galaxies se forment et évoluent, mais il y a aussi la possibilité de faire avancer les connaissances sur les mystérieuses « matière noire » et « énergie noire ». Puisque, par définition, on ne peut pas les voir directement, les astronomes espèrent que leur présence sera trahie par l’effet dit de lentille gravitationnelle: une distorsion créée par la présence d’un corps massif entre nous et une source lumineuse.

    Aligner à la perfection les 189 capteurs pour n’en faire qu’une seule lentille géante, puis les assembler dans la caméra, est ce qui a occupé ses concepteurs dans les trois dernières années, des travaux qui auront été retardés par la pandémie de COVID.

    Pour en savoir plus

    – Le processus de collecte et d’enregistrement des données, par SciTech Daily (2021)

    – Le processus d’assemblage, sur le site du National Accelerator Laboratory (SLAC)

    Photo : Agence Science-Presse

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