6 octobre 2022

    La clé de l’intégration, c’est aller vers l’autre

    Un réseau d’immigration veut que les gens s’ouvrent davantage à la diversité dans la région. Afin de contribuer au Mois de l’histoire des Noirs, le Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario souligne l’occasion en présentant des activités qui ont pour but de sensibiliser la population aux immigrants francophones noirs qui viennent s’établir dans le Nord de l’Ontario. 

    Le réseau a comme mission de favoriser l’accueil, l’établissement et l’intégration des immigrants au sein des communautés franco-ontariennes. Thomas Mercier, coordinateur du projet, insiste sur le fait que ces nouveaux arrivants doivent se sentir inclus dans la communauté pour qu’ils décident de rester après leur arrivée. « Si on veut assurer la rétention des nouveaux arrivants, c’est clair qu’il faut que les communautés d’accueil soient sensibilisées à la diversité », souligne-t-il. 

    Dans le district de Cochrane, une bonne partie de l’immigration francophone vient des pays francophones du continent africain, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. 

    Marie-Josée Tremblay, l’agente de développement socioéconomique avec le réseau pour la région du Nord-Est, remarque « une grosse amélioration » face à l’accueil des immigrants francophones dans les communautés du district, malgré les défis. À Kapuskasing, là où est situé son bureau, elle entend souvent des commentaires positifs à l’égard des immigrants. « C’est vraiment beau à voir », dit-elle. 

    Sortir de sa zone de confort 

    Enock Ako est originaire de la Côte d’Ivoire. Il est arrivé à Kapuskasing en 2019 pour suivre des études à l’Université de Hearst. Au début, la transition de la grande ville à la petite ville n’a pas été facile. Toutefois, il s’est pris en main en s’impliquant dans le plus d’évènements communautaires possible afin de s’intégrer. 

    De nos jours, il est caissier chez Walmart. Il dit que les gens le reconnaissent souvent en passant dans le magasin. « Ça me fait chaud au coeur », exprime-t-il. « Je suis quand même bien heureux ici. » 

    Lorsqu’il est venu au Canada, il était accompagné de quatre autres étudiants qui sont partis depuis, soit pour s’établir dans un centre urbain au Canada ou bien pour retourner dans leur pays natal. 

    M. Ako a décidé de rester, en partie parce qu’il trouve que les petites communautés sont très accueillantes et chaleureuses, un contraste à l’expérience dans une grande ville. Il aime que les gens le saluent dans la rue et lui demandent d’où il vient. 

    Il dit qu’il faut sortir de la maison et trouver des occasions de rencontrer les autres pour se sentir inclus. « Si tu restes chez toi, tu vas t’ennuyer, tu vas trouver qu’il n’y a personne et puis ça va t’obliger à partir », constate M. Ako. « Il faut aller vers les autres. Ce n’est pas les autres qui vont venir chez toi. » 

    La programmation du Nord-Est 

    Le Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario organise des activités de sensibilisation tout au long du mois de février, dont une table ronde virtuelle autour du livre Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo de Dany Laferrière le 28 février, organisé par le Club de lecture de l’Université de Hearst, et un jeu de devinettes avec la question du jour par rapport à l’histoire des Noirs, diffusé sur les ondes de CINN et de CKGN. 

    Photo : Dany Laferrière

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