6 octobre 2022

    La 6e vague

    La mauvaise nouvelle : même dans les pays qui refusent encore de l’admettre, la 6e vague est probablement déjà commencée.

    La bonne nouvelle : rien n’indique que le virus cause un plus grand pourcentage de cas graves, mais il va bel et bien causer un plus grand nombre de cas.

    En Europe, la cause est entendue depuis deux semaines : le sous-variant BA.2 —un variant du variant Omicron— qui prend progressivement la place de son petit frère depuis janvier, est plus contagieux. Et ce, alors que ces pays étaient en train de se débarrasser de leurs mesures sanitaires. Ce qui pousse plusieurs gouvernements à se demander quelle devrait être leur prochaine décision. Question encore plus épineuse aux États-Unis et au Canada, où la vague n’est pas officiellement là, mais où elle se pointe à l’horizon.

    Et ce ne sont pas seulement les conséquences d’un relâchement des mesures sanitaires qui inquiètent. Aux États-Unis, les budgets pour l’achat de masques et de médicaments antiviraux ont d’ores et déjà fondu, sans parler de ceux pour la sensibilisation aux risques de la COVID. Et la vaccination progresse à pas de tortues.

    Plus contagieux ? Oui

    Des deux côtés de l’Atlantique donc, le sous-variant BA.2 prend peu à peu le dessus, et non sans raison : diverses estimations depuis janvier, notamment au Danemark et en Angleterre, l’évaluent comme étant 30 à 50 % plus contagieux que BA.1 —soit l’Omicron « original ».

    Mais ce qui rend les calculs plus compliqués est le niveau d’efficacité élevé de la vaccination : plusieurs études pré-publiées depuis deux mois convergent pour dire que la vaccination continue de protéger contre les cas plus graves d’Omicron. Et que la personne qui a eu sa troisième dose a une meilleure immunité. Qui plus est, il est possible que le fait d’avoir été infecté par l’Omicron « original » et d’avoir eu sa troisième dose augmente cette immunité : autrement dit, BA.2 ressemble malgré tout suffisamment à BA.1 pour que notre système immunitaire puisse encore le reconnaître et agir contre lui.

    Il se pourrait —mais ça fera l’objet d’études plus poussées dans les prochains mois— que ces différents paramètres expliquent en partie la situation catastrophique que vit Hong Kong depuis la semaine dernière: un taux de vaccination trop bas chez les personnes plus âgées, et pas assez d’exposition à Omicron depuis décembre, du fait de la politique « zéro COVID » pratiquée par la Chine. La faible efficacité contre Omicron du vaccin chinois Sinovac fait également partie des hypothèses.

    Plus d’hospitalisations ? Incertain

    Ceci dit, comment ces calculs se traduiront-ils, en Amérique du Nord et en Europe, en termes d’hospitalisations et de décès, personne ne se risque à le prédire pour l’instant. D’une part, la même logique qu’avec l’Omicron original prévaut : même s’il provoque en majorité des symptômes légers, le fait qu’il soit plus contagieux signifie, statistiquement, que le nombre de cas graves soit plus élevé. Mais d’autre part, le fait qu’un très grand nombre de personnes ont été infectées par Omicron il y a seulement deux mois peut signifier qu’un plus grand nombre de gens que prévu ont encore une bonne protection.

    Déjà, les exemples du Danemark —où le nombre de cas à la hausse ne s’est pas traduit par une hausse des hospitalisations— et le Royaume-Uni —où il y a eu une hausse marquée des hospitalisations— montrent que le pendule peut aller dans l’une ou l’autre des directions dans les prochaines semaines.

    Photo : Agence Science-Presse

    Autres Articles