2 Décembre 2022

    Grande variabilité des niveaux d’eau dans la baie Georgienne

    Alexandra Snider – IJL – Réseau.Presse –  Le Goût de vivre

    « Au cours des 150 derniers ans, la baie Georgienne a eu un écart de six pieds et demi entre le plus haut niveau d’eau possible et le plus bas. On ne pense plus que cet intervalle sera exact dans le futur », explique Rupert Kindersley, le directeur général de la Georgian Bay Association, une association qui représente environ 3 000 familles habitant autour de la baie Georgienne.
    « Ces deux dernières années, on a baissé presque de deux pieds en niveaux d’eau », dit Mary Muter présidente du Georgian Bay Great Lakes Foundation, un organisme qui fait de la recherche au sujet des niveaux d’eau, les marais et les espèces envahissantes. « Actuellement, on se retrouve autour de la moyenne à long terme donc on ne voit pas l’impact des extrêmes. »

    Bas niveaux d’eau

    Mme Muter s’inquiète pour l’avenir : « Environnement Canada prévoit que par 2030, ce qui est seulement dans sept ans et demi, les niveaux d’eau pourraient descendre de trois pieds de plus que les bas niveaux d’eau record en 2013 », affirme Mme Muter. Déjà en 2013, il y a eu des conséquences pour les propriétaires de la baie Georgienne, « parce que si l’eau était peu profonde devant leur île ou leur terrain, ils ne pouvaient possiblement pas accéder à leur quai », dit Rupert Kindersley.

    En raison de l’eau peu profonde, le soleil a pu plus facilement chauffer l’eau, ce qui a « favorisé la croissance du botulisme dans les moules quagga et les moules zébrées qui sont envahissantes, explique Mary Muter. Les oiseaux de rivages les ont mangées et il y en a des milliers qui se sont échoués sur les plages. »

    Hauts niveaux d’eau

    L’impact économique des hauts niveaux d’eau dans une communauté peut être extrême. En 2019-2020, notamment la ville de Wasaga Beach était fermée pendant la période de hauts niveaux d’eau. Mary Muter explique qu’à Wasaga Beach l’eau était rendue aux portes des magasins au front de mer. À Midland et Penetanguishene, les quais étaient inondés, donc les bateaux n’ont pas pu approcher. En plus, plusieurs propriétaires ont eu des dommages causés par l’eau ou l’inondation de sous-sol créant des conséquences financières graves.
    Rupert Kindersley ajoute qu’il y a certaines conséquences environnementales qu’on ne peut pas atténuer. « Si les niveaux d’eau montent beaucoup plus haut que ceux de 2019-2020 à un point entre maintenant et la fin du siècle, certaines îles vont disparaître. Elles seront complètement submergées. »

    Rupert Kindersley – crédit : Capture d’écran

    Conséquences futures

    L’Association de la baie Georgienne s’inquiète à court terme pour les propriétaires. Selon M. Kindersley, afin d’accéder à leurs terrains, les propriétaires devraient se servir de quais flottants qui peuvent s’adapter aux niveaux d’eau fluctuants dans la baie Georgienne. Jean-François Robitaille, directeur de l’ingénierie pour le canton de Tiny, affirme qu’il y a des exigences de construction pour les propriétés privées au bord de l’eau et « pour l’infrastructure du Canton, tout est conçu pour les extrêmes climatiques. Que ce soit les niveaux du lac, les tempêtes plus intenses et plus fréquentes, ou les températures plus extrêmes. »
    De grandes inquiétudes existent pour le long terme concernant l’impact du changement climatique sur les événements météorologiques qui peuvent faire fluctuer les niveaux d’eau. « La migration des animaux de marais, toutes sortes de flore et de faune pourraient être affectées par des fluctuations rapides en niveaux d’eau », explique Rupert Kindersley. Il est certain selon lui que « le coût annuel de la variation des niveaux d’eau va monter de façon signifiante », mais il y aura des conséquences qui ne pourront pas être évitées ni atténuées.

    Photo principale : Alexandra Snider

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