19 mai 2022

    Gagner sa vie en développement durable

    Gagner sa vie en luttant contre les changements climatiques, est-ce possible ? C’est ce que fait Noémie Bussières, originaire de Hearst et qui travaille à titre de conseillère en développement durable pour la Ville de Saguenay au Québec depuis quelques mois.

    Je connais Noémie depuis près de 15 ans. On s’est rencontrées au secondaire lors d’une activité de leadeurship pour les parlements d’élèves. Le contexte dans lequel j’ai rencontré Noémie démontre un peu à quel point elle a toujours été une personne engagée. À cet égard, on se ressemble beaucoup. Au secondaire, on avait toutes les deux participé à la fondation d’un club écolo dans nos écoles respectives (à Hearst et à Kapuskasing). J’ai toujours perçu Noémie comme une personne très engagée dans la lutte climatique. En 2012, on a suivi ensemble un cours sur le progrès à l’Université de Hearst et c’est à ce moment que notre volonté de changer les choses s’est renforcée. Noémie a poussé la note beaucoup plus loin que moi puisqu’elle en a fait sa carrière.

    Après son baccalauréat, elle s’inscrit à un Diplôme d’études supérieures spécialisé en écoconseil à l’Université du Québec à Chicoutimi. L’objectif de ce programme est de former des gens aptes à cerner les enjeux sociaux liés à l’environnement et à accompagner les différents acteurs du milieu à voir comment ils peuvent se transformer pour lutter contre les changements climatiques. Elle a d’ailleurs développé une politique de développement durable pour l’Université de Hearst lors de son stage.

    Présentement, son emploi à la Ville de Saguenay consiste à conseiller sur les meilleures pratiques à prendre pour mettre en œuvre le développement durable. Un des gros dossiers est le plan de gestion des matières résiduelles qui doit être renouvelé tous les sept ans en consultation avec le public. Entre autres, elle sensibilise les citoyens à comment bien se départir des déchets, recycler et composter. Selon elle, il est beaucoup plus facile au Québec de se départir des matières dangereuses qui ne devraient jamais aller au dépotoir tel que des ampoules au mercure, des piles ou des restes de peinture puisqu’il existe des écocentres qui s’occupent de ramasser et de gérer toutes ces matières gratuitement.

    Comme dans tout travail, il y a des défis. « Quand j’ai travaillé pour la Municipalité régionale de comté (MRC) Vallée-de-la-Gatineau, j’accompagnais les entreprises pour l’arrivée du bac brun. Ce n’était pas toujours facile parce qu’il fallait transformer les façons de faire pour instaurer le compostage et parfois il y avait de la résistance », me raconte-t-elle. « J’ai vraiment l’impression de faire une différence, c’est pour ça que j’aime ça. C’est super motivant. Ce sont des projets de longue haleine, mais qui vont avoir un grand impact. » Elle a d’ailleurs eu la chance d’accompagner des familles dans leur transition écologique lorsqu’elle travaillait pour un organisme sans but lucratif à Gatineau.

    Bien qu’elle soit installée au Québec depuis quelques années, Noémie est toujours une fière Franco-Ontarienne du Nord de l’Ontario. Elle n’est pas fermée à l’idée de revenir dans la région, mais pour l’instant elle et son conjoint, Jonas, aussi de Hearst, sont bien installés. Les opportunités de carrière dans son domaine sont aussi très rares dans le Nord de l’Ontario. Il sera intéressant de voir comment ceci va évoluer dans l’avenir puisqu’au Québec, le compostage obligatoire a créé beaucoup d’emplois.

    Lorsque je lui ai demandé pourquoi, selon elle, c’était important de faire des efforts pour lutter contre les changements climatiques, elle m’a répondu : « Comment résumer ça ? C’est l’enjeu de notre siècle, tout le monde a son rôle à jouer en tant qu’individu, mais aussi à tous les paliers de gouvernement. Il nous reste moins d’une décennie pour faire des changements, alors toutes les actions et les projets sont importants ». Ce que je retiens de ma rencontre avec Noémie est que même si on n’occupe pas un poste de conseillère en développement durable comme elle, il est possible et nécessaire de faire des changements au niveau individuel ou même au sein des organismes dans lesquels on est impliqués ou on travaille. De mon côté, je vais tenter de penser davantage en termes de développement durable et de lutte contre les changements climatiques lorsque je siège à des conseils d’administration.

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