8 Décembre 2022

    Feuilleton de la Colline — Semaine du 19 septembre

    FRANCOPRESSE – Les travaux parlementaires ont repris cette semaine sur la Colline. Au menu : un nouveau plan d’immigration pour renforcer la résidence permanente, reprise des travaux des comités des langues officielles, hommage canadien à Sa Majesté la reine et une marche pour le climat.  

    Inès Lombardo — Francopresse 

    Plus sur la francophonie

    • Un nouveau plan d’immigration économique pour accéder à la résidence permanente et augmenter l’immigration francophone

    Le 20 septembre, le ministère d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC) a décliné en cinq piliers un plan qui renforcerait l’accès à la résidence permanente, notamment pour les immigrants économiques. Une motion présentée par le député libéral Randeep Sarai et adoptée en mai dernier par la Chambre des communes demande au gouvernement un « plan exhaustif » ciblant le volet de l’immigration économique.

    Comme IRCC compte augmenter l’immigration francophone en misant sur l’immigration économique, le ministère propose une «prochaine version [du système d’immigration] Entrée express » qui passera par un classement repensé des candidats qui se voient attribuer des points.

    Sont ici visés : « les points accordés pour les études et l’expérience de travail au Canada, les compétences linguistiques et une offre d’emploi », indique le document. Il y aura plus de transition vers la résidence permanente « pour les travailleurs de tous niveaux de compétence », précise-t-on.

    À lire aussi : Nouvelles cibles d’immigration : et les francophones?

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    La nouvelle stratégie ministérielle évoque de « récentes modifications à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés ». Il s’agit ici de
    modifications qui passent par la Loi d’exécution du Budget (adoptée en juin dernier), et qui concernent l’assouplissement des critères selon lesquels les nouveaux arrivants seront retenus.
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    À lire aussi : Délais déraisonnables en immigration pour l’Afrique francophone

    • Au Comité des langues officielles, C-13 repensé par trois organisations

    Le Comité permanent a repris ses travaux cette semaine avec la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO) sur son radar.

    L’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) ont présenté une série d’amendements.

    L’ACUFC demande, entre autres, l’engagement du gouvernement fédéral sur les mesures positives [partie VII de la Loi, NDLR]. Aux yeux de l’ACUFC, le projet de loi laisse place à l’interprétation sur la collaboration entre gouvernement fédéral et provinces et territoires.

    L’AFPC, pour sa part, réclame une bonification de la prime annuelle au bilinguisme pour les employés de la fonction publique pour la faire passer de 800 $ à 1 500 $. Cette prime n’a jamais été mise à jour depuis 1977. L’organisme a également demandé une allocation aux 450 travailleurs qui parlent une langue autochtone dans la fonction publique fédérale et une obligation pour l’employeur d’offrir une formation linguistique gratuite pour les travailleurs dans leur langue seconde en anglais ou en français.

    La FFCB a de son côté réitéré trois amendements qui s’arriment en partie avec ceux de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) soit : la désignation du Conseil du Trésor comme seul responsable de l’application de la loi, l’obligation du gouvernement de rétablir le poids démographique de la francophonie et l’ajout « des mécanismes contraignants sur les ententes de transferts de compétences ».

    Moins de dépenses pour les Canadiens, une marche mondiale pour le climat sur la Colline et le cannabis sous la loupe d’Ottawa

    • Rentrée parlementaire : deux projets de loi pour alléger le cout de la vie

    Les travaux ont repris un jour plus tard que prévu. Le 19 septembre ayant été décrété Jour de deuil national à la mémoire de la reine Elizabeth II.

    À lire aussi : Jour de deuil en l’honneur d’Elizabeth II : une cérémonie canadienne tout en sobriété

    Au premier jour des travaux parlementaires, le 20 septembre, le gouvernement a introduit deux nouveaux projets de loi.

    Le premier vise à concrétiser l’annonce du premier ministre de la semaine dernière pour rendre la vie plus abordable. Le projet de loi C-30 double le Crédit pour la taxe sur les produits et services (CTPS) pendant six mois. Cette année, les Canadiens célibataires sans enfant pourraient recevoir jusqu’à 234 $ supplémentaires, et les couples avec deux enfants, jusqu’à 467 $. Les ainés, quant à eux recevraient en moyenne 225 $ de plus.

    Le projet de loi C-31, qui concerne aussi les mesures d’allègement du cout de la vie prévues par le gouvernement Trudeau vise à mettre en place la Prestation dentaire canadienne et un supplément ponctuel au programme d’Allocation canadienne pour le logement.

    La Prestation serait offerte « dès cette année » aux enfants de moins de 12 ans qui ne sont pas couverts par une assurance dentaire : 650 $ par enfant et par année, soit 1300 $ pour les deux prochaines, couvriront les frais dentaires.

    La deuxième étape du plan dentaire devrait voir le jour «avant fin 2023», sous peine que le NPD, conduit par Jagmeet Singh, ne retire son appui aux libéraux, a promis son chef en conférence de presse.

    Le 20 septembre marquait aussi l’arrivée de Pierre Poilievre en chambre à titre de chef du Parti conservateur.

    Questionné sur la teneur des relations entre libéraux et conservateur, notamment sous le mandat du nouveau chef Pierre Poilievre, le leadeur du gouvernement, Mark Holland, souhaite agir « de façon raisonnable, avec un ton respectueux. C’est mon objectif, et ce n’est pas important si l’autre côté [le Parti conservateur, NDLR] adopte la même approche ou non. Si c’est le cas, je pense que c’est bon pour le pays. Mais sinon, on va continuer d’agir de la même façon, même si l’autre côté ne le souhaite pas. »

    • Marche mondiale pour le climat : une manifestation à Ottawa

    Des manifestants ont pris les rues d’assaut en direction du Parlement le 23 septembre à Ottawa et à Gatineau pour participer à la Grève climatique mondiale. Les rassemblements, organisés par Fridays for Future et Climat GO ont attiré des centaines de manifestants dont plusieurs élèves de l’Outaouais dont les cours ont été suspendus pour l’occasion.

    Cette initiative découle de la marche annuelle pour le climat, initiée par la militante suédoise Greta Thunberg en 2019, pour dénoncer l’inaction des dirigeants gouvernementaux dans la lutte aux changements climatiques.

    Tous les niveaux de gouvernement sont appelés à réduire les émissions et à mettre en œuvre une transition immédiate équitable.

    [PHOTOS À VENIR]

    • Les répercussions de la législation canadienne sur le cannabis sous la loupe

    L’examen de la loi ayant légalisé la consommation récréative de cannabis en octobre 2018 a commencé cette semaine. L’examen, prévu pour l’automne 2021, s’amorce donc avec un an de retard.

    Les répercussions de la loi sur la santé publique, la consommation chez les jeunes et les Autochtones et leurs communautés seront évaluées, de même que les répercussions économiques et l’efficacité pour contrer les activités criminelles liées à la substance.

    En conférence de presse, le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos a assuré que « la part légale du cannabis au pays a augmenté de façon constante pour atteindre 69 % au deuxième trimestre de 2022, contre seulement 9 % avant la légalisation ».

    Les ministres Duclos et Bennett [ministre de la Santé mentale] doivent présenter un rapport à la Chambre des communes et au Sénat dans les 18 mois suivant le lancement de l’examen.

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    Citations

    « Je veux dire ma joie que le premier ministre soit parmi nous! Je me suis ennuyé! Le NPD n’aura plus à nous dire ce que pensent les libéraux ! »

    • Yves-François Blanchet — Chef du Bloc québécois, lors de la période de questions du 22 septembre à la Chambre des communes

     « Une Loi sur les langues officielles modernisée n’est pas une fin en soi, elle n’est qu’un morceau de toute l’architecture du régime linguistique canadien ».

    • Martin Normand — Directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’ACUFC, le 22 septembre, devant le Comité permanent des langues officielles.

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