21 mai 2022

    Du sirop vieilli en fût… pour se démarquer

    Collaboration spéciale La Terre de chez nous

    Johanne Martin

    Si la traditionnelle canne de sirop a cédé une partie du terrain à des contenants plus sophistiqués au fil du temps, la quête d’une façon de se démarquer va encore plus loin pour certains acériculteurs. C’est le cas de Jean-Philippe Brière, qui fait vieillir quelques centaines de litres de son or blond dans des barriques de bourbon.

    Propriétaire de L’Érabrière – Artisan acéricole, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie, le jeune producteur souhaitait sortir des sentiers battus. De retour dans sa région natale après avoir mené une carrière de journaliste sportif à Toronto, il démarre son entreprise en 2017 sur les terres familiales. Sans quota, il était à la recherche d’une manière d’écouler son sirop, de dynamiser les ventes à la ferme.

    « Dès l’année suivante, j’ai commencé à mettre un peu de ma production dans un petit fût de chêne ayant contenu de l’alcool, raconte-t-il. En visite dans le nord-est des États-Unis, en m’arrêtant dans des boutiques, j’avais observé cette tendance. Au Québec, les acériculteurs se limitent davantage au modèle qui veut que tout le monde mette son sirop dans la même canne. Là-bas, le regard est très différent. »

    Un produit d’appel

    Au départ, Jean-Philippe faisait vieillir dix gallons à la fois. Son premier baril, il se l’est procuré auprès d’une distillerie du Texas. Le Montcarmelois a dû se tourner vers un importateur de produits de microbrasserie qui résidait à Vancouver. Les « cuvées » initiales passaient alors quatre mois dans la barrique, laquelle était tournée régulièrement.

    « J’ai réussi à me distinguer. Mon sirop vieilli en fût est devenu un produit d’appel. Je me faisais souvent dire par les gens qu’ils avaient déjà un acériculteur de famille et c’était un obstacle pour développer un marché. En offrant une curiosité, les clients se sont mis à élargir leur commande », témoigne le propriétaire de l’Érabrière.

    BV : Sans quota, Jean-Philippe Brière était à la recherche d’une manière d’écouler son sirop pour dynamiser les ventes à la ferme.

    Photo : Gracieuseté de Jean-Philippe Brière

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