24 septembre 2022

    Discussion avec Niko Rice dans le cadre de la semaine de la santé mentale

    La semaine de la santé mentale au Canada se déroule jusqu’à dimanche et a pour thème l’empathie, avec le hashtag #ParlerPourVrai. Le Nord a donc décidé de rencontrer un homme de la région de Hearst pour discuter du sujet qui touche plusieurs personnes et qui devient de moins en moins tabou suite à la hausse du stress, de l’anxiété et de la dépression que la pandémie de COVID-19 a engendré parmi la population. 

    Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, il y a une distinction à faire entre santé mentale et maladie mentale, quoique bien souvent les deux termes soient difficiles à distinguer. La santé mentale est un état de bienêtre, tout comme la santé physique. C’est la façon de gérer ses émotions, ses pensées, ses sentiments et les relations que nous entretenons avec autrui. Chaque année, une personne sur cinq aura un problème de santé mentale ou une maladie mentale. 

    Niko Rice, un homme de 33 ans originaire de Mattice, a accepté de nous parler de son parcours. Pendant son adolescence, Niko vivait ses émotions et gérait ses sentiments d’une manière différente de ses pairs. Le chemin emprunté pour trouver l’aide psychiatrique dont il avait besoin afin de mieux comprendre ce qui se passait dans son corps et dans sa tête n’a pas été des plus joyeux, mais ô combien nécessaire ! « À 19 ans, je suis entré à l’hôpital psychiatrique à cause d’une tentative de suicide. C’est à partir de là qu’on a commencé à trouver les bobos et tout ça. J’étais en mode denial pendant plusieurs années quand même », explique M. Rice. En effet, quand les diagnostics de bipolarité et du trouble de déficit d’attention avec ou sans hyper- activité (TDAH) ont été confirmés, il n’a pas commencé son processus d’acception tout de suite et vivait un mode de vie qui n’était pas sain. 

    La santé mentale chez les hommes peut être un tabou pour certains. « C’est la façon que notre société est programmée; personne ne veut montrer ses faiblesses. Moi j’ai appris en vieillissant et en maturant que c’est en parlant que tu casses les barrières », dit-il. Il compare ce qu’on voit à l’extérieur comme la pointe de l’iceberg. Pour Niko, c’est aussi très important de faire de la recherche et de s’éduquer sur le sujet afin de mieux comprendre ses propres diagnostics. Il faut aussi se donner le temps de trouver la bonne médication, celle qui fonctionne bien pour nous. « Une fois, j’ai engraissé de 75 lb en huit mois. J’étais rendu sur 12 sortes de médicaments. C’est justement à cause de ma médication que je me suis retrouvé une deuxième fois à l’hôpital psychiatrique, car les effets secondaires de mon médicament pour le TDAH me rendaient agressif », explique M. Rice. De plus, la prise de médicaments doit se faire de façon assidue pour qu’elle fonctionne et c’est une chose qui représentait un défi pour Niko. Celui-ci avoue avoir mis du temps à y parvenir. 

    Vivre une vie fonctionnelle c’est faisable, mais il faut rechercher la stabilité. Même si, avec le temps, Niko a su trouver des activités qui lui permettent de canaliser certaines émotions, comme la performance sur scène et faire des excursions dans le bois, il y a une partie de lui qui fait très attention aux éléments négatifs pouvant venir perturber sa vie. En faisant une rétrospection, en se questionnant sur son cheminement et en se comparant avec des gens de son âge, Niko a compris qu’il était différent et même s’il est beaucoup plus fonctionnel maintenant, il croit que la maturité a été plus longue à atteindre pour lui et que c’est correct comme cela. 

    Pour finir, Niko Rice nous dit : « Parlez-en ! C’est pas facile. On vit tous en dessous d’un camouflage de l’image qu’on projette. Si j’avais à dire à un jeune comme moi de 17-18 ans quelque chose, ce serait : It will get better, focus on you, écoute ton corps, écoute tes signes et n’utilise pas la drogue comme une béquille. Elle peut t’engourdir pour le moment, mais ensuite tu ne te sentiras pas bien pour les prochains jours. » Chaque année, au Canada, plus de 4000 décès ont pour cause le suicide, 75 % de ces gens sont des hommes et 80 % de ceux qui passent à l’acte souffrent d’un trouble de santé mentale ou de dépendance. 

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