14 août 2022

    Des bourses pour poursuivre des études en français

    FRANCOPRESSE – Depuis 1999, la Fondation Baxter & Alma Ricard accorde des bourses à des étudiants et étudiantes francophones en situation minoritaire au Canada. Cette année, Emma Dreher et Charlène Goldsteyn figurent parmi les 23 nouveaux boursiers. La première partira étudier le droit à Ottawa, la seconde les affaires à Paris. Les deux étudiantes, originaires de l’Ouest du Canada, parlent de leur parcours, de leurs aspirations et de leur engagement pour la francophonie.

    Marine Ernoult — Francopresse

    « Être francophone en situation minoritaire, c’est un choix qui se refait chaque jour. C’est constamment réaffirmer sa francophonie et son français », déclare Emma Dreher, originaire de Colombie-Britannique.

    Crédit : Gaëtan Nerincx

    « C’est une richesse, un cadeau d’une valeur inestimable qui permet de comprendre et d’évoluer dans des mondes très différents », ajoute Charlène Goldsteyn, Franco-Albertaine.

    Les deux étudiantes de 22 ans font partie des 23 nouveaux lauréats d’une bourse de la Fondation. Grâce à cette aide financière, Emma Dreher pourra suivre le programme de droit canadien à l’Université d’Ottawa, tandis que Charlène Goldsteyn poursuivra sa double maitrise en administration des affaires à HEC Paris et Sciences Po Paris.

    « J’ai choisi de faire du droit pour aider les francophones partout au pays, pour avoir un impact réel sur la société en travaillant pour le gouvernement fédéral ou des organismes internationaux comme l’Organisation des Nations unies », explique Emma Dreher. Charlène Goldsteyn, elle, aimerait plutôt un jour « changer les choses, promouvoir l’entrepreneuriat et la créativité francophone au Canada et en France ».

    « J’avais peur de perdre mon identité » 

    Emma Dreher a grandi à Prince George, une ville au nord de la Colombie-Britannique, au sein d’une communauté francophone « ultra-minoritaire ». Quand elle était petite, le français était la « langue secrète et intime » de la maison, celle qu’elle partageait avec sa mère. « Ça lui a pris de gros efforts de continuer à vivre en français, de préserver sa langue pour me la transmettre », dit-elle, admirative.

    Pour sa part, Charlène Goldsteyn découvre la francophonie en milieu minoritaire à 7 ans. Sa mère, Française, et son père, Canadien, décident de quitter la France pour s’installer en Alberta, à Lethbridge. « Plus jeune, j’avais peur de perdre mon identité, mon côté francophone. Chaque été, quand on rentrait en France, on remplissait nos valises de romans », se souvient-elle.

    Crédit : courtoisie

    Les deux jeunes femmes poursuivent leur scolarité en français et commencent à s’impliquer à l’adolescence au sein de leur communauté francophone. En Alberta, Charlène Goldsteyn offre notamment du tutorat en français, et en Colombie-Britannique, Emma Dreher devient bénévole au sein du Conseil jeunesse francophone de la province.

    « On doit travailler fort pour offrir des services en français aux jeunes francophones en situation minoritaire, car la réalité c’est qu’ils ont moins d’accès ou aucun accès à certaines opportunités que les jeunes anglophones tiennent pour acquises », déplore la Britannocolombienne.

    Aimer la langue pour « ses aspects sociaux et culturels »

    Son diplôme du secondaire en poche, Emma Dreher choisit de poursuivre des études postsecondaires en français. Elle prend le chemin de l’Université Simon-Fraser à Vancouver, où elle obtient un baccalauréat en affaires internationales.

    Charlène Goldsteyn se rend elle aussi dans la province du Pacifique, mais pour étudier en anglais à l’Université de la Colombie-Britannique. Elle y décroche un baccalauréat en commerce. Attachée à ses racines françaises, elle fait également un échange de six mois à Sciences Po Paris, une expérience qu’elle renouvèle actuellement pour la double maitrise à laquelle elle travaille.

    Emma Dreher et Charlène Goldsteyn n’ont jamais cessé de s’investir pour que d’autres jeunes développent des liens profonds avec le français. «Il faut que la nouvelle génération aime la langue pour ses aspects sociaux et culturels, et pas seulement pour son côté académique», plaide Emma Dreher, qui a eu la chance de participer au à 14 ans.

    « C’était le fun ! J’ai pu rencontrer d’autres Franco-Canadiens, et j’ai compris que la langue créait des liens et de beaux moments, que je pouvais m’amuser en français », raconte-t-elle. Ce « déclic », elle aimerait que tous les jeunes puissent le vivre.

    Pour Charlène Goldsteyn, « c’est l’avenir de la francophonie en milieu minoritaire qui est en jeu. On a besoin de jeunes qui mettent leur langue en avant, donnent de la voix et ne se cachent pas ».

    Crédit : courtoisie

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