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Environ neuf wagons d’un train du CN transportant des marchandises dont des produits pétroliers ont déraillé à Jogues le lundi 24 juin vers 14 h 45. Les services d’urgence ont évacué les habitants du village pendant plusieurs heures, par prévention, mais ils ont pu regagner leur foyer vers 21 h 30 le soir même. La responsable des communications du Canadian National Rails a confirmé qu’une fuite de diésel a été détectée, provenant de deux wagons qui ont déraillé dans un espace confiné, mais qui n’affectent pas les cours d’eau d’aucune façon.

 

Lorsqu’une fuite est perçue lors d’un déraillement de train, des équipes de spécialistes la colmatent et confinent immédiatement l’endroit affecté. L’opération de nettoyage est de grande ampleur. Des équipes du CN travaillent avec l’entreprise SLM Recycling and Rails Services depuis le premier jour, et les travaux sont estimés d’être d’une durée de sept à dix jours. Un gestionnaire du secteur des affaires publiques du CN a fait du porte-à-porte à Jogues mardi soir pour rassurer la population, disant que le diésel n’a pas atteint la rivière et qu’il n’y avait pas de danger.

 

Mardi matin, la locomotive encore accrochée à la dizaine de fourgons restés sur les rails était sur place, mais le lendemain ils n’y étaient plus.

 

Les wagons déraillés doivent être déplacés, une tâche ardue et plus complexe lorsqu’il s’agit d’une voiture-citerne. Certains se trouvaient toujours là mercredi matin, mais la progression du travail était notable. Les rails sont en reconstruction aussi, donc une équipe s’occupe de cet aspect. Près d’une quarantaine de personnes sont sur le site et joignent leurs efforts dans l’opération de nettoyage.

 

De plus, des équipes d’experts de deux entreprises distinctes ont été envoyées sur les lieux, notamment des prestataires de services en situation d’urgence offrant des services de confinement des déversements et ayant une formation en matière d’intervention en cas d’incidents ferroviaires.

 

François Gauvin, chimiste professionnel et professeur à la retraite de l’Université de Saint-Boniface au Manitoba explique que ce qui est le plus dangereux avec ce type de substance ce sont les vapeurs. « Le danger au début c’est vraiment l’incendie, ils vont donc colmater la fuite et s’arranger pour qu’elle ne soit pas exposée à des brulots ou des étincelles. Ce sont les vapeurs qui peuvent prendre feu, il y a donc un gros travail de confinement à faire au départ pour d’abord réduire les risques d’incendie. »

 

Il continue en expliquant que le diésel est un combustible, il n’est donc pas inflammable. Pour le faire bruler, il faut que ça soit chaud. « S’il faisait chaud ce jour-là à Jogues, ça pourrait présenter un danger. Son point d’ébullition est assez élevé et son point éclair est au-dessus de 40 degrés Celsius, donc ce ne serait pas une substance qui va s’enflammer instantanément, mais les vapeurs sont toujours là. L’équipe d’intervention a dû couvrir les vapeurs et est probablement en train de nettoyer le sol. »

 

De plus amples informations seront disponibles dans les jours à venir. Les médias resteront à l’affut pour effectuer un suivi à la radio comme dans le journal.