24 septembre 2022

    Comprendre la relation entre la femme et le territoire par l’entremise du théâtre

    Dans une région « défrichée par et pour les hommes », quelle était la place de la femme ? Kariane Lachance, directrice artistique de Théâtre Mauve Sapin (TMS), explore cette thématique à travers sa nouvelle pièce Coincée dans l’immensité : un récit au sujet du parcours de la femme à Hearst depuis le début de la colonisation jusqu’aux temps modernes. 

    Pour rédiger son texte, Mme Lachance s’est inspirée de la photographie locale. Avant de sortir son stylo, elle a consulté des images du Centre d’archive de la Grande Zone argileuse de Hearst, question de trouver un peu d’inspiration. Sous ses yeux, elle avait un aperçu du vécu des premières femmes ayant habité le territoire, ce qui lui a bien servi lors du processus de création. 

    Or, la pièce n’est pas un portrait mettant en lumière des personnages réels du Nord de l’Ontario, mais plutôt une histoire inspirée de l’expérience féminine. « Il ne va pas nécessairement y avoir des faits historiques coulés dans le béton dans le texte, mais c’est un matériau d’inspiration », raconte-t-elle. 

    La représentation de son oeuvre sera tenue à la Scierie patrimo-niale le 21 mai. Le choix du lieu n’est pas aléatoire. Elle veut faire un lien entre le passé forestier de sa ville natale, soit le coeur de l’économie locale, et le quotidien vraisemblable des femmes d’ici. 

    Mme Lachance dit qu’elle a le sentiment que le Nord de l’Ontario est parfois stéréotypé comme étant un endroit dur, froid et masculin. La relation entre le territoire et la femme est devenue de plus en plus importante en écrivant. L’artiste a inclus la rencontre de deux personnages : une femme des Maritimes, libre comme l’océan, qui arrive dans la région et un homme originaire de la terre qui cherche à s’enraciner. Sur un coup de tête, les deux vont visiter un chalet dans le Nord de l’Ontario, que l’homme a reçu en héritage. À travers l’histoire, on voit une dualité non seulement entre les deux personnages, mais aussi entre ce qui est enraciné et ce qui est libre. « C’est très métaphorique, pour l’instant ! » 

    Danser en s’inspirant de clichés 

    Au début, Kariane Lachance utilisait surtout des textes historiques pour réaliser la pièce. Toutefois, puisque son nouveau projet est un mélange de danse et de théâtre, elle s’est éventuellement tournée vers la photographie pour s’inspirer. « Il y a un aspect visuel qui est très important », dit-elle. 

    Dans le cadre de sa résidence d’écriture, elle a mis trois mois à écrire des textes qui ont servi de repère pour la choréographie. En vue d’accompagner la pièce, il y aura aussi des environnements sonores adaptés aux textes et aux danses. 

    L’artiste explique que le public ne verra pas le produit final lors du grand jour, mais bien une « étape de recherche », lui permettant d’avoir un oeil extérieur pour améliorer sa création. « On se donne la permission de ne pas savoir ce que ça va donner », admet-elle. 

    Elle mentionne que les gens de tout âge sont bienvenus, mais que le projet s’adresse à un public adulte. Elle s’attend à accueillir un petit groupe, soit une trentaine de personnes, pour créer une ambiance plus intime. 

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