1 octobre 2022

    Compostage: des citoyennes prennent les devants

    Charles Fontaine – IJL – Réseau.Presse –Le Droit

     

     

    Emmanuelle Larocque était très déçue que la municipalité de La Nation où elle réside depuis 10 ans n’ait pas de plan climatique. « Ça me dérangeait de ne pas composter. J’avais écrit aux élus [pour savoir s’il y aurait du compostage]. On m’a répondu “ Peut-être que oui un jour ”. Je trouve qu’il y a un manque d’intérêt », lance-t-elle.

     

    Depuis maintenant trois ans, elle fabrique son propre compost, dans sa cour, à l’aide d’un composteur domestique. Le centre des visiteurs de la Forêt Larose possède lui aussi un composteur pour les déchets organiques des usagers.

     

    Redonner à la terre

     

    À Vankleek Hill, Peggy McDonald produit de délicieux légumes biologiques sur deux acres à sa petite ferme. Elle effectue une rotation de ses quatre lots de terre chaque année pour que sa quarantaine d’aliments ne soit pas affectée par les insectes, comme le demande la certification biologique.

     

    À la maison familiale, le jardin de légumes a toujours été présent. Mme McDonald a fondé sa ferme GoodFood Garden il y a deux ans pour éduquer les gens de son village. Elle veut donner la chance aux gens de Vankleek Hill de manger des produits frais qui poussent dans leur région.

     

    Ses valeurs environnementales sont vite mises sur table lorsqu’elle nous parle de son histoire. « Si chaque village produit de la nourriture pour sa population, ça va réduire l’impact des grandes industries polluantes. »

     

    « C’est important pour la prochaine génération. Je veux laisser le monde dans un meilleur état que lorsque je suis né. C’est terrible ce que nous faisons. Les fermes de monocultures à grandes échelles vaporisent des fertilisants qui font en sorte qu’après cinq ans, rien ne peut pousser dans ce sol. Je veux faire le contraire et redonner au sol », affirme-t-elle.

     

    Pas de plastique

     

    L’organisme environnemental Éco Est a reconnu les actions durables de GoodFood Garden, qui se fait un devoir de ne pas utiliser de plastique comme emballage. Les gens apportent leurs sacs pour acheter leurs légumes. La jardinière vend également des plants de légumes avec comme objectif que les gens s’alimentent avec leurs propres produits. Ça rentre encore une fois dans son but d’autonomie alimentaire et d’alimentation durable.

     

    Le contenant qui contient le plant est fabriqué en fumier de vache (CowPots).

     

    Le fumier est déshydraté et mis sous forme de pot pour accueillir de la terre et une plante. Après être enfoui au sol, le pot se dégrade en six semaines. De cette manière, Mme McDonald poursuit son but de réduire les emballages. Elle souligne que ses plants sont très populaires, surtout durant la pandémie. Son côté éducationnel ressort à nouveau quand elle nous raconte qu’elle prévoit donner des cours pour entretenir un jardin à la maison.

     

    Pour ce qui est de ses détritus alimentaires à la maison, la militante environnementale gère son propre compost dans un bac. Elle part le tout avec une poignée de vers de terre spécialisés pour composter. Deux ans plus tard, elle obtient une terre ultra nutritive pour ses sols. Cette pratique est assez populaire chez les fermes.

     

    Afin de pousser le concept d’alimentation locale au maximum, son but est d’offrir à la communauté des légumes dix mois par année.

     

    Réutiliser dabord

     

    Réduire, réutiliser, recycler. Trois mots pour décrire la stratégie de gestion des déchets. Brittany Belanger se concentre sur le deuxième « R  ». Avec son organisme Earthub, elle récupère plusieurs variétés de produits recyclables et leur donne une deuxième vie.

     

    Parmi les objets qu’elle récupère, on retrouve des bouteilles de médicaments pour des secours aux sinistrés, des cartons d’oeufs pour les fermes, des crayons qui sont fondus et donnés à L’Opération enfant de Noël, des sacs de croustilles, des bâtons de colle et des sacs de café qui sont envoyés à l’organisation TerraCycle qui recycle des matières généralement non recyclées par les autres compagnies de recyclage.

     

    Des boîtes de collecte sont dispersées un peu partout en avant de commerces et de maisons à travers la ville d’Ottawa et même dans d’autres provinces. Dans Prescott-Russell, Hammond, Russell et Moose Creek possèdent un point de collecte. Tous ces objets sont ensuite envoyés à la fondatrice qui fait le tri dans son sous-sol. Plus de 200 bénévoles l’aident dans ce « deuxième travail ».

     

    « J’ai les capacités pour le faire, alors c’est mon devoir envers l’environnement. C’est ce que je ressens. C’est ma passion envers l’environnement. C’est un travail pour moi. Je travaille 60 heures par semaine et je consacre chaque temps libre à Earthub », confie-t-elle.

     

    Elle a créé cette « organisation volontaire » en janvier 2019 quand elle a réalisé que son entourage n’était pas aussi préoccupé par l’environnement qu’elle.

     

    « Je veux qu’il y ait un changement de comportement chez les gens, parce que c’est ça qui va faire une grande différence. Ce ne sont ni les compagnies ni les gouvernements, c’est la population qui va faire la différence, soutient-elle. En tant que consommateur, c’est de cette façon qu’on fait entendre notre vote. J’espère en faisant ça qu’il y ait plus de gens qui vont apporter des changements dans leur vie de tous les jours. »

    Photos : Martin Roy, Le Droit

    Autres Articles