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FRANCOPRESSE — Le Canada aurait presque atteint sa cible de 4,4 % en immigration francophone à l’extérieur du Québec, selon le ministre de l’Immigration. Invité à comparaitre devant le Comité permanent des langues officielles mardi, il a saisi l’occasion pour annoncer que son ministère établira de nouvelles cibles pour les francophones sous peu.

Inès Lombardo — Francopresse

Après avoir réitéré que l’immigration francophone était « essentielle » pour toutes les communautés, Sean Fraser, ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), a annoncé devant le Comité que le taux d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec venait tout juste d’atteindre les 4 % et que de nouvelles cibles seront bientôt annoncées.

« Confiant » d’atteindre la cible de 4,4 %, établie il y a 20 ans et qui n’a jamais été atteinte, il a assuré que pour correspondre à sa vision à long terme, il se penchait sur l’adoption d’un programme spécial d’immigration francophone hors Québec.

« Avant d’établir des cibles pour l’avenir, je dois prouver qu’on atteint la cible actuelle [de 4,4 %, NDLR] », a-t-il tempéré. Il a par ailleurs affirmé qu’établir une cible de « réparation » à 20 % d’ici 2036, comme demandé par la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA), n’était « pas possible aujourd’hui ». Cette cible « n’est pas dans l’inventaire. Mais c’est essentiel de continuer de faire des investissements dans la promotion et le recrutement [de l’immigration francophone hors Québec, NDLR]. Il n’y a pas de solution magique », a répondu le ministre au Comité.

À lire aussi : Immigration francophone hors Québec : la FCFA réclame une cible « de réparation » progressive dès 2024

Liane Roy, présidente de la FCFA, a réagi : « Ma compréhension, c’est que le ministre ne peut atteindre les 20 % d’immigration francophone hors Québec avec le bassin actuel de candidats. Pour qu’on arrive à 20 %, il faut des mesures de recrutement et de promotion, on le répète depuis des années. »

La présidente a par ailleurs assuré qu’elle était heureuse que le ministre réalise l’importance d’augmenter la prochaine cible. « Nous serons peut-être déçus, affirme-t-elle en souriant, mais c’est la première fois qu’un ministre le dit clairement. »

Une politique migratoire francophone, une responsabilité de « chaque ministère »

Le ministre a rappelé que des initiatives comme le Parcours d’intégration francophone ou l’Initiative des communautés francophones accueillantes font partie des solutions pour atteindre la cible.

Mais les conservateurs ont fait savoir que, dans le projet de loi C-13 modernisant la Loi sur les langues officielles, aucun outil n’obligeait le ministre à livrer des résultats sur la mise en œuvre de la politique d’immigration francophone.

« Chaque ministère à l’avenir devra appuyer l’immigration francophone », a répondu Sean Fraser, rappelant fréquemment que son ministère ne devrait pas être le seul à gérer la question. Une affirmation également reprise par la ministre du Conseil du Trésor, Mona Fortier, qui a aussi comparu devant le Comité.

+++ ENCADRÉ +++

Pas de cours en français offerts par le fédéral

Sur la possibilité que des cours de francisation puissent être offerts aux nouveaux arrivants francophones, quelle que soit la région du Canada où ils s’établissent, le ministre Fraser a répondu que le gouvernement fédéral ne fournissait pas ces services, mais qu’il « soutenait les services d’établissement dans les communautés. […] Ce n’est pas possible dans chaque communauté », a-t-il précisé.

Photo : Inès Lombardo – Francopresse