26 septembre 2022

    Chronique : Mon expérience à Thunder House Falls Par Jean-Philippe Giroux

    Lorsque je me suis levé et j’ai vu que le mercure était en dessous de -30 °C, je me suis dit : comment vais-je marcher 20 kilomètres en raquettes ? Mais ça faisait un an que j’attendais impatiemment pour visiter le site pittoresque de Thunder House Falls, vu plusieurs fois sur mon écran de cellulaire et sur des toiles. Donc, même si une petite voix dans ma tête me rappelait gentiment que je pouvais rester au lit, emmitouflé dans mes draps et ma couverture, je ne pouvais rater cette chance. Il faut le faire au moins une fois dans sa vie. 

    Je me suis assuré que tout était dans mon sac : trois paires de bas, deux bouteilles d’eau, un chandail supplémentaire et assez de nourriture pour passer sept heures en forêt. Arrivé au point de rencontre, j’ai fait la connaissance des gens avec qui j’allais partager mon expérience. Je craignais d’avoir apporté trop de choses dans mon sac —qui me semblait déjà trop lourd— avant d’apprendre que certaines des raquetteuses avaient avec elles du bois pour faire un feu près des chutes ! Tout est relatif. 

    On a commencé par la traditionnelle photo de groupe à l’entrée du sentier située à plus d’une demi-heure du centre-ville de Hearst. Après avoir obtenu les bons clichés, la file s’est formée. J’ai vite appris que je n’étais pas aussi rapide que je le croyais. À peine cinq minutes après le départ, entre les épinettes noires et les bouleaux, j’ai perdu de vue les trois femmes qui menaient la randonnée. De vrais coureurs des bois. Finalement, j’ai rattrapé une partie des personnes qui allaient à une vitesse qui me convenait. 

    Plus qu’on avançait, plus le temps était élastique. La nature se montrait dans toute sa beauté. Les couches de neige révélaient les sculptures et les ondulations de Dame Nature. On a même vu un orignal de neige en chemin, en plissant bien les yeux. 

    Mais le paysage à contempler, ce n’est nul autre que Thunder House Falls. À des dizaines de mètres de hauteur, au bord du précipice, on peut observer le courant d’eau percer la glace et descendre la chute. L’espace est vaste. Les rochers sont immenses. La vue est à couper le souffle. J’ai pris quelques photos, mais les impressions sont incomparables au panorama que je voyais à l’oeil nu. 

    On a capturé une dernière photo de groupe devant le site, histoire de confirmer qu’on s’étaient bel et bien rendus. 

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