3 Décembre 2022

    Changement de philosophie face aux interventions policières dans les écoles

    Les problèmes de drogue, d’intimidation et de cyberintimidation sont des phénomènes en croissance que les écoles doivent gérer. Au cours des deux dernières années, la pandémie a empêché les services de police d’entrer dans les écoles pour y faire de la sensibilisation ou des procédures. Il s’agit d’une situation déplorée par plusieurs directions d’école, professeurs, parents et intervenants scolaires et communautaires, mais il faut savoir que les policiers sont limités dans leur travail. 

    Pendant la pandémie, les policiers assignés aux écoles se sont retrouvés sur la route. Dans le cadre de la dernière rencontre de la Commission des services de police de Hearst en avril dernier, le représentant de la Police provinciale de l’Ontario a indiqué que le programme dans les écoles est en train de changer. Des présentations spécialisées ont lieu lorsqu’une école a des problèmes tels que la cyberintimidation ou concernant les médias sociaux. 

    De nos jours, un policier est dirigé vers une école seulement pour des présentations précises en lien avec les cas du moment. Une étude est justement en cours afin de mieux connaitre les écoles, les professeurs, les élèves et leurs besoins. Selon la PPO, un officier serait associé à chaque école de Hearst à Cochrane afin de répondre aux questions. 

    Plusieurs parents et professeurs déplorent le manque d’efforts pour contrer la circulation de drogue entre les murs des écoles, surtout au secondaire. On souhaiterait que les policiers placent ce fléau en priorité. 

    Selon les experts, la MDMA sous forme d’ecstasy serait la drogue de prédilection chez les jeunes. Il s’agit d’une drogue peu dispendieuse, qui s’échange facilement entre étudiants et qui se dissimule rapidement dans les vêtements ou les effets personnels des jeunes. 

    À moins d’avoir des preuves béton, il est impossible pour le personnel de l’école ou les policiers de faire des fouilles aléatoires sans mandat de la cour. Et, contrairement aux croyances populaires, les policiers ne sont pas en mesure d’arriver à l’improviste à l’école avec des chiens pisteurs pour détecter des drogues, et ce, depuis 2009, à la suite de l’arrêt faisant autorité : Chiens renifleurs, fouilles scolaires et la Charte, R. c. A.M. 

    En 2002, les policiers s’étaient déplacés à l’invitation du directeur d’une école secondaire de Sarnia en Ontario pour fouiller l’école avec des chiens renifleurs afin de détecter des drogues. Un chien a réagi au sac à dos d’un étudiant (A.M.). La police a ouvert le sac à dos sans avoir obtenu un mandat. L’étudiant a été arrêté et accusé de possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic. 

    La cause s’est rendue à la Cour suprême du Canada et les juges ont statué que les étudiants ont le droit à la vie privée dans l’environnement scolaire et que la police n’a pas le droit de conduire des perquisitions dans des espaces publics lorsque les perquisitions ne sont pas autorisées par la loi ou par la common law. 

    Certaines directions d’école au Canada utilisent toujours les chiens pisteurs pour inspecter les cassiers, toutefois une demande est réalisée auprès des parents et aucune accusation n’est apportée devant la justice. On utilise la prévention plutôt que la répression. Une fois que la drogue est détectée, c’est à la direction de l’école de prendre la situation en main. 

    Au Collège Saint-Bernard, la prévention est une priorité. S’il y a une problématique, on va accompagner l’élève. On n’est pas là pour la répression, on est là vraiment pour que le jeune voit qu’on est avec lui, affirme Mario Boisvert. 

    Intimidation 

    Lors de la dernière rencontre de la Commission des services de police, une situation a été apportée à la table à propos d’un enfant autiste qui avait subi de l’intimidation à l’école. Cependant, ce genre de problème n’est pas la responsabilité des services de police, mais bien de l’école et des services sociaux. 

    Le représentant de la PPO a indiqué que lorsqu’un comportement devient criminel, par exemple du harcèlement, pouvant s’étendre aux téléphones cellulaires et aux réseaux sociaux, à ce moment-là un policier peut intervenir. 

    Il faut comprendre que le travail d’un policier dans une école est davantage pour y effectuer un travail de sensibilisation et de dissuasion. 

    Crédit photo : chien.com

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