22 mai 2022

    Beaucoup de volatilité pour les investisseurs et reprise de l’inflation pour les consommateurs

    L’inflation sera dans toutes les actualités économiques du monde et l’Est de l’Ontario ne fera pas exception.

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    Pierre St-Amant

    IJL – Réseau.Presse – Le Régional

    En commençant, la situation de la main d’œuvre, la pénurie ne se résorbera pas de sitôt. Si l’on peut espérer qu’il y aura un retour au travail de certains travailleurs. Les « Baby Boomers » qui ont devancé leur date de retraite par crainte de la Covid, (Covid est féminin) ne retourneront pas de sitôt au travail. Si l’on se fie aux nombreuses enseignes « Nous embauchons » la région n’est pas à l’abri de ce phénomène.

    Deuxièmement, l’incertitude entourant la Covid risque de continuer à ralentir la reprise économique. Si les hospitalisations dues au variant Omicron semblent se stabiliser, nous ne sommes pas à l’abri de mesures plus importantes. C’est difficile de prévoir l’évolution de la situation avec la Covid et nous ne sommes pas à l’abri de plus des perturbations qu’elles engendrent.

    Ce qui est nouveau c’est un retour en force de l’inflation. Avant le début de la pandémie, la pression inflationniste a été minimisée par trois dynamiques : un contrôle rigoureux des taux d’épargnes par les banques centrales, la mondialisation de la production des biens et service services et l’augmentation du niveau d’épargne des individus. Mais, la situation a changé complètement avec la Covid. L’inflation a atteint un sommet depuis 2003 avec un taux de 4,7 % au mois de novembre dernier. Encore plus dramatique est la montée des prix d’énergie avec 43 % et ceux des légumes avec 9,8 %. L’immobilier a vu une hausse de 18,2 % entre octobre 2020 et octobre 2021. Pour les courtiers immobiliers des deux côtés de la rivière, le marché dans la région devrait se stabiliser, mais demeurera un marché de « vendeur » pour 2022.

    Les économistes ne s’entendent pas sur la durée de l’inflation, mais tous sont d’accord que l’inflation sera importante au moins pour la première moitié de la nouvelle année. D’autres incertitudes pourraient nous réserver de mauvaises surprises. La situation mondiale et très instable avec la Chine et la Russie qui menacent leurs voisins et les effets néfastes des changements climatiques pourraient nous mener à des désastres environnementaux.

    Pour les investisseurs, l’année 2021 a été très bonne avec des augmentations impressionnantes des bourses. L’index S&P 500 détient le record avec une augmentation de 27 %. Pour la bourse de Toronto, les valeurs ont accru de 22 %. Les grandes firmes technologiques et les compagnies énergétiques en particulier ont vu des augmentations substantielles. Malgré ces augmentations, on ne peut parler de bulles, car les revenus des compagnies étaient au rendez-vous. Il est difficile de s’attendre à des performances similaires cette année et une douche froide est tombée sur les investisseurs dès le mois de janvier avec une baisse de 10 % au Nasdaq. Malgré cette « correction », Marie-Ève Yelle de Valeurs Mobilières Desjardins à Hawkesbury croit que les bourses auront, quand même, une autre année positive pour plusieurs raisons. Les dépenses en infrastructure, l’expansion de la classe moyenne en Asie, les dépenses liées à la transition vers un monde plus virtuel et la quantité des liquidités toujours disponibles, devraient assurer une année positive pour l’économie. Mme Yelle voit beaucoup de volatilité dans les marchés, mais si les investisseurs ont des portefeuilles bien équilibrés ils peuvent avoir confiance sur le long terme. Selon Warren Buffett, « le marché boursier est un instrument pour transférer l’argent des personnes impatientes vers celles qui sont patientes ».

    Pour les consommateurs, ces incertitudes conseillent la prudence afin de prévoir des situations plus difficiles. Ils doivent être prêts à faire face à la montée de l’inflation ou à d’autres incertitudes. Avec la réduction des aides financières du gouvernement, les risques de faillite repartent à la hausse. Malgré ces aides, l’endettement des Canadiens est maintenant près de 1,77 $ pour chaque dollar de revenu disponible. Bref, les consommateurs doivent réduire leur niveau d’endettement, surtout celui avec les cartes de crédit qui ont des taux exorbitants. Les dépenses liées à d’hypothèques, qui sont la plus grande dépense pour une famille moyenne, pourraient voir leurs taux augmentés de quelques pourcentages. Les familles pourraient se préparer en prenant un taux fixe avant la montée des taux, surtout si leur marge de manœuvre ne peut s’adapter à des augmentations substantielles.

    Pour plus de conseils sur la gestion des finances, plusieurs sites sur Internet guident l’usager sur des sujets financiers. Le site du Centre d’éducation financière Entraide budgétaire Ottawa (EBO) et le site du gouvernement du Canada, « Six étapes pour sortir de l’endettement », offrent des conseils tels que l’élaboration d’un budget, qui demeure le premier pas pour reprendre le contrôle des dépenses.

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