Skip to content

Une carte complète de la façon dont communiquent entre eux l’ensemble des neurones du cerveau… chez la larve de la mouche. Un travail qui symbolise la hauteur de la marche qui reste à gravir.

Dans le langage des neurosciences depuis une vingtaine d’années, on appelle ça le « connectome » : soit l’étude de toutes les connexions qui font du cerveau ce qu’il est. Puisque ce ne sont pas seulement les neurones qui construisent nos comportements et nos décisions, mais les connexions entre les neurones. Chaque neurone est comme un long fil, aux formes variées, comportant à ses deux extrémités des branches appelées synapses, et chaque synapse est reliée à un autre neurone. C’est par ces branches que passent les « signaux », ou « messages » —les neurotransmetteurs— d’un neurone à l’autre.

Or, ce qu’annonce l’équipe de la biologiste Maria Zlatic, à l’Université de Cambridge, dans une recherche pré-publiée sur le serveur BioXriv, c’est une carte 3-D complète des connexions des 3013 neurones et des 544 000 synapses de la larve d’une mouche à fruit (Drosophila melanogaster). C’est le plus large connectome connu à ce jour : en 2020, le Britannique Gaspar Jékely et ses collègues avaient « cartographié » les 1500 neurones de la larve d’un ver marin (Platynereis dumerilii).

Cette larve d’une mouche est présentée ce mois-ci comme une étape importante vers des connectomes d’animaux plus complexes, de la souris jusqu’aux humains.

La marche est toutefois haute. Il est certain que cette étape permettra aux experts de mieux comprendre comment les signaux que s’envoient les neurones voyagent d’un bout à l’autre du cerveau, et comment des régions du cerveau interagissent entre elles, le tout créant tel et tel comportement.

Mais avant d’espérer en arriver à l’humain —et c’est à supposer qu’on puisse même y arriver, le cerveau humain étant tout sauf statique— il faudra passer par un objectif plus « modeste », comme la souris. Elle compte probablement 70 millions de neurones. Les progrès continus de l’informatique, qui permettent de traiter plus vite de plus grandes quantités de données, laissent croire aux experts que le connectome de la souris sera à leur portée d’ici 10 ans.