18 mai 2022

    2022: en route vers le seuil de 1,5 degré

    Et 2021 doit son classement à La Nina, ce phénomène météorologique qui, à intervalles irréguliers, provoque un refroidissement des températures moyennes. 2022 n’aura pas cette excuse.

    Les chiffres proviennent de deux sources, la NASA et la NOAA (Agence américaine des océans et de l’atmosphère) qui font chacune leur compilation des températures et arrivent à des résultats similaires, à quelques centièmes de degré prés. Un troisième organisme, l’européen Copernicus, fait les mêmes calculs avec des méthodes légèrement différentes et classe plutôt 2021 en cinquième place, à une fraction de degré devant 2015 et 2018. L’Agence météorologique japonaise fait également une compilation similaire.

    Mais chacun des organismes a ses particularités: la NOAA calcule par exemple le nombre de décès aux États-Unis qui sont le résultat de catastrophes naturelles liées à des phénomènes météorologiques (ouragans, sécheresses, canicules, etc.). Avec plus de 600 décès cette année, c’est le nombre le plus élevé depuis longtemps.

    Concrètement, en 2021, les températures autant sur le sol qu’à la surface des océans ont été en moyenne de 0,84 degré Celsius au-dessus de la moyenne du 20e siècle, écrit la NOAA. C’est la 45e année consécutive où la température moyenne est supérieure à la moyenne du reste du 20e siècle. La NASA, elle, utilise comme base de comparaison la période 1951-1980 (graphique ci-dessous). L’hémisphère nord était un peu plus chaud que l’hémisphère sud, avec 1,09 degré Celsius de plus que la moyenne.

    Températures moyennes 1880-2021 - GraphiqueImage: Écarts de température par rapport à la moyenne, 2021 / NOAA

    Si la tendance se maintient, a estimé pendant la conférence de presse du 13 janvier le climatologue de la NOAA, Russell Vose, il y a 50% de chances pour qu’une des années de la décennie 2020 atteigne la barre des 1,5 degré au-dessus de la température moyenne d’avant la Révolution industrielle, le seuil que les pays signataires de l’Accord de Paris, en 2015, disaient ne pas vouloir dépasser.

    Peut-être plus inquiétant à long terme est le fait que le « contenu thermique des océans », qui est la quantité de chaleur « entreposée » dans les parties supérieures des océans, a atteint un record en 2021, dépassant le record précédent établi en… 2020. Cela représente une énorme quantité d’énergie, capable d’alimenter les ouragans et de contribuer à la hausse du niveau des eaux.

    Photo principale : Agence Science-Presse

     

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