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L’actualité scientifique, ce sont des événements, des avancées, des inquiétudes, des controverses, mais aussi des efforts de vulgarisation qui deviennent soudain importants parce qu’on a su les illustrer. Voici 5 actualités qui auraient perdu beaucoup de leur valeur si leurs chiffres n’avaient pas pu être visualisés.

1) La baisse de l’espérance de vie

À lui seul, le magazine de vulgarisation Scientific American avait démontré en mars dernier qu’après deux ans de pandémie, la seule façon de surmonter la « fatigue COVID » était de résumer par du visuel. Par exemple, la baisse de l’espérance de vie, un élément parmi d’autres de l’empreinte encore mal comprise qu’aura laissée ce coronavirus derrière lui pendant sa première année.

Revue 2022 - Infographie 1

 

2) Le Groenland fond

Du côté de la crise climatique, il y a eu, cette année encore, beaucoup de records battus, et ces records, chaque année, se traduisent par ces courbes ascendantes. Mais de tous les records, l’anomalie de chaleur du Groenland en septembre se situe dans une catégorie à part. En temps normal, septembre est le moment où les glaces d’hiver recommencent à se former. Cette fois, plusieurs journées consécutives de pluie ont accéléré la fonte d’une partie de la calotte glaciaire. Et certaines stations météorologiques ont enregistré, entre le 3 et le 6 septembre, leurs températures les plus élevées, non pas de septembre, mais de l’année.

Fonte des glaces au Groenland - septembre 2022

Étendue de la fonte (en % de la superficie). En bleu: médiane 1981-2010, En rouge: 2022.

 

3)  Réchauffement : une barre rouge de plus

Toujours sur le réchauffement, mais en plus classique, il y a ce graphique à barres, auquel chaque nouvelle année ajoute une barre rouge à droite, rendant l’effet de plus en plus frappant. En 2021, les températures au sol et à la surface des océans, ont été en moyenne de 0,84 degré Celsius au-dessus de la moyenne du 20e siècle, et c’était la 45e année consécutive que la température était supérieure à la moyenne. D’ici un mois, on devrait pouvoir confirmer que 2022 deviendra la 46e, et une barre rouge de plus s’ajoutera à droite du graphique.

Températures annuelles par rapport à la moyenne du 20e siècle

4) Trou noir holographique et ordinateur quantique

Les éditeurs de Nature ont eux aussi choisi leurs graphiques préférés de 2022, et l’un d’eux remporte la palme du plus exotique, à défaut du plus compréhensible: des physiciens ont imaginé en 2022 un ordinateur quantique qui générerait un « trou noir émergent », à travers lequel passerait un message. C’est en vertu de ce principe de la physique quantique qui dit que deux particules peuvent être liées ou “corrélées”, même si elles sont à de très grandes distances.

Revue 2022 - Infographie 4 - Quantique

5) La désinformation tue

La partisanerie politique ne devrait pas être un facteur de décès, et pourtant, elle l’est. Dans la plupart des pays, c’est très difficile de distinguer quel rôle un parti politique a pu jouer dans les choix de santé, par rapport à d’autres facteurs. Mais les États-Unis, avec seulement deux partis, et un climat social plus polarisé que jamais, ont continué de fournir en 2022 l’opportunité de mesurer l’impact de la désinformation. Après l’association, observée l’année précédente, entre les comtés qui avaient le plus voté pour Trump et ceux où le taux de mortalité dû à la COVID était le plus élevé, on a appris en 2022 que le taux de mortalité dans les comtés républicains était non seulement plus élevé pour les causes majeures de décès —cancer, maladies cardiaques et même les décès par armes à feu— mais qu’en plus, l’écart s’était accentué depuis les années 2000.

Décès USA républicains-démocrates 2015-2019

Source: “Political Environment and Mortality Rates in the United States, 2001-19: Population Based Cross Sectional Analysis,” by Haider J. Warraich et al., in BMJ, juin 2022.

 

En prime : le New York Times a fait un effort de vulgarisation impressionnant. L’empreinte des gaz à effet de serre par ville et village, à travers les États-Unis. Une façon d’amener subtilement les « sceptiques » ou les « indifférents » à visualiser un fait scientifique, sachant que ça frappe toujours plus quand ça se passe près de chez nous.