Les Montréalais ont eu droit au toit du stade olympique; les Orléanais auront, eux, un dôme sportif sur le site de l’École secondaire catholique Garneau! Dans les deux cas, ça fait jaser.

Le projet d’un dôme de quelque 18 m de hauteur par 60 m de largeur et 137 m de longueur – à l’origine, on parlait de 23 m x 73 m – a été lancé en 2019 par le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE). Il y a à peine deux mois, la Ville d’Ottawa a accepté le projet du CECCE, après l’aval du comité de l’urbanisme, en dépit du mécontentement de certains opposants.

À commencer par la conseillère du quartier Innes, Laura Dudas. Elle était contre l’adoption du projet par ses collègues au conseil municipal. La position de la conseillère n’a pas changé; toutefois, comme le projet est maintenant approuvé, elle reconnaît que celui-ci ira de l’avant. Elle admet aussi que le conseil scolaire a été très réceptif à l’idée d’augmenter la quantité d’arbres près des résidences familiales. Bien que la conseillère soit toujours fermement convaincue que l’emplacement du dôme n’est pas vraiment l’idéal, son entourage nous confirme que, dorénavant, elle mettra des efforts sur la façon de modifier les plans d’aménagement paysager pour atténuer l’impact sur les gens du quartier.

Du côté de l’Association communautaire de Châteauneuf, qui avait lutté contre le projet, on a quelque peu lancé la serviette. «On est déçu de la décision de la ville», affirme le président de l’Association, Pat Teolis. En dépit de quatre rencontres avec le CECCE, «on n’a pas été assez écouté», ajoute-t-il. Il tient à souligner qu’il n’est absolument pas contre le projet du dôme. C’est son emplacement qui a créé la discorde. «On avait suggéré l’école Béatrice-Desloges comme emplacement.» Et le fait de planter plus d’arbres près des maisons ? «C’est bien, mais ça va prendre 30 ans avant d’atteindre quatre étages!»

Une influence sur le prix des maisons

Un dôme de 18 m de hauteur fera-t-il peur aux futurs acheteurs? Pour Yvan Rhéaume, agent immobilier, pas de doute «que le fait de construire un dôme à cet endroit va faire baisser la valeur des maisons à proximité.» Selon lui, la valeur des maisons voisines du dôme n’augmentera pas autant que celles plus éloignées du dôme. Il donne pour exemple la résidence pour personnes âgées qui fut construite récemment au 1980 Trim Rd. « Ce ne fut pas à l’avantage des propriétaires des maisons voisines de cet immeuble vivant sur la rue Scully et Cozumel. La valeur de ces maisons a augmenté, mais pas autant que si ces maisons avaient été un peu plus éloignées. »

Tenir compte des commentaires

Depuis l’officialisation du projet au début de l’été, un processus d’appels d’offres a été lancé. Le Conseil évalue actuellement les soumissions selon ce qu’on nous dit du côté du service des communications du CECCE. L’administration attend le résultat de son appel de propositions pour identifier un partenaire pour la construction du projet.

Du côté pédagogique, les consultations se poursuivront avec les associations sportives afin de finaliser la programmation pour la 2e phase du projet de sport-études à Garneau prévue pour la rentrée 2022.

Le CECCE met de l’avant le fait qu’une bonne demi-douzaine d’associations sportives comme le club de volleyball Maverick ou des organismes comme le MIFO soutiennent la construction d’un dôme. De plus, selon les responsables des communications du CECCE, ce nouveau carrefour sportif devrait permettre, non seulement aux élèves de Garneau de profiter du nouveau lieu, mais aussi à 6 000 élèves émanant d’autres écoles du conseil scolaire catholique francophone.

Toutefois, le Conseil scolaire est conscient que certaines personnes ne sont pas en faveur du fameux dôme. En guise de réponse aux opposants, le CECCE mentionne que plusieurs modifications ont été apportées aux plans initiaux. C’est ainsi que le dôme sera déplacé vers l’ouest; il sera en fait construit sur le terrain de football américain actuel de Garneau. Enfin, outre la plantation d’arbres, il est prévu qu’un système de ventilation soit installé pour préserver la quiétude dans le quartier selon des documents émanant du conseil scolaire.