JOURNAL DU 12 AOUT 2021 - Les gens n’ayant pas pu se côtoyer en personne lors de la période de confinement et de l’annulation des activités, il serait facile de croire que les organismes sans but lucratif (OSBL) ont affronté des problèmes de recrutement de bénévoles au sein de leur organisme respectif. Pourtant, la pandémie n’a pas tellement influencé la situation. En fait, le manque de bénévoles est un enjeu qui précède la période pandémique, expliquent les organisateurs des OSBL de Hearst et environs.

Lise Blouin est responsable de la Campagne du coquelicot de la Légion royale canadienne, filiale 173. Selon elle, ne pas pouvoir se rassembler et organiser des rencontres en présentiel a compliqué les choses. Toutefois, les organisateurs ont fait leur possible pour faciliter la communication avec l’équipe, en utilisant les outils à leur disposition.

« Avec un petit peu de ZOOM et de téléphone, on a quand même été capable de se contacter, mais oui, ç’a eu un gros impact sur notre groupe », raconte-t-elle. Néanmoins, Mme Blouin ne s’est pas sentie comme si la Légion manquait de bénévoles pour aider les vétérans et la communauté, même si le nombre de bénévoles a diminué depuis mars 2020. L’équipe est chanceuse d’avoir une bonne communication avec les membres du réseau. « On a développé, avec notre petit groupe, un sens d’amitié », informe-t-elle. « Alors, c’est comme parler avec son ami au téléphone, et non à quelqu’un que tu ne connais pas. »

Un problème de longue date

La présidente du Club Rotary de Hearst, Marjolaine Talbot-Lemaire, avoue que le recrutement de bénévoles est un défi auquel fait face l’organisme depuis plusieurs années. En fait, bien que les restrictions sanitaires aient limité la fréquence des évènements, ce n’est pas la situation actuelle qui explique la pénurie de bénévoles, car c’est un problème plus général.

« Nos membres participent activement à nos activités, explique Mme Talbot-Lemaire. [Le problème], c’est de trouver ce qu’on appelle des “amis du Rotary” qui sont disponibles pour nous assister et nous appuyer dans l’organisation des évènements. Je pense que les gens ne réalisent pas à quel point la main-d’œuvre est nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des activités ainsi que la sécurité des participants. »

À titre d’hypothèse, la présidente avance que plusieurs facteurs expliquent le manque de bénévoles, dont les intérêts différents entre les générations. « Habituellement, au sein des organismes sans but lucratif, on retrouve des personnes … plus dans la cinquantaine, la soixantaine, dit-elle. J’ai l’impression que les personnes de mon âge n’ont pas la même passion ou le même intérêt de s’impliquer dans leur communauté. »

En quête de bénévoles

La fondatrice du projet Bundlebees of JOY, Andréane Blais, fonctionne de manière assez autonome, sans l’appui d’une équipe de bénévoles. Toutefois, elle a essayé d’aller chercher de l’aide dans le passé. « J’ai vraiment de la misère à recruter des bénévoles pour m’aider », explique Mme Blais. « Je n’ai pas beaucoup de bénévoles qui m’aident. »

Elle entend souvent dire que les gens n’ont pas le temps de faire du bénévolat. « Il y en a qui me disent que c’est un manque de temps et qu’ils n’ont pas la chance de s’impliquer. » Son organisme a pour but d’inspirer les jeunes filles à prendre la relève et s’impliquer dans leur communauté. En d’autres mots, elles font du bénévolat, mais surtout afin de réaliser leur propre projet communautaire.

La fondatrice ajoute que, outre les participantes, il y a des mères qui s’impliquent lorsqu’elles le peuvent, ce qui lui vient en aide.

Photo : https://www.toronto.com/news-story/9972515-volunteering-not-mandatory-for-2020-high-school-grads-but-still-a-good-idea-advocates/