2021 marque le 10e anniversaire de la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO). Un jeune organisme formé de bénévoles ayant à cœur les quelque 160 ans d’Orléans.

Avec d’autres passionnés d’histoire, Nicole Fortier a aidé à la fondation de la SFOPHO. Elle en est la présidente depuis ce temps.

La native d’Orléans rappelle que son organisme fut fondé lors du 150e anniversaire de la paroisse Saint-Joseph d’Orléans. « Il n’y avait pas de société historique à l’époque », se remémore Mme Fortier. « Colette Côté, alors présidente des festivités du 150e, a lancé, à quelques membres du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), l’idée d’offrir aux Orléanais un organisme servant la promotion du patrimoine d’Orléans. » Il n’en fallait pas plus pour créer la SFOPHO.

Depuis 10 ans, « les historiens de cœur » qui forment la SFOPHO, avec l’aide de certains historiens, accumulent les activités ainsi que les réalisations : la pose d’une quarantaine de panneaux historiques sur le boulevard Saint-Joseph, les visites guidées historiques ou encore sa participation à certains grands événements.

Sensibiliser la jeune génération

Ce fut notamment le cas lors de la commémoration du 400e anniversaire de l’arrivée de Champlain en terre ontarienne et des célébrités entourant le 150e de la Confédération canadienne.

Lors de ces commémorations, trois conseils scolaires ont été sollicités à l’occasion de spectacles montés par Félix St-Denis de L’Écho d’un peuple, dont celui de Champlain à Orléans en 2013. « C’était une façon de sensibiliser les jeunes », soutient Mme Fortier.

Se voulant également inclusive auprès de ses concitoyens anglophones, la SFOPHO tient à s’assurer que les plaques historiques installées soient bilingues. «On parle aussi de leur patrimoine», mentionne Mme Fortier. C’est peut-être l’une des raisons qui fait que l’organisme historique francophone reçoit autant le soutien de la Zone d’amélioration des affaires (ZAA) Cœur d’Orléans.

Cette BIA (Business Improvement Area), créée en 2008, représente plus de 350 entreprises issues de la communauté d’affaires d’Orléans. Pour Rita Chalibi, agente de liaison marketing, il ne fait pas de doute que le fait français fait partie des gènes d’Orléans. « Il est important de préserver cette histoire. Nous sommes une ZAA bilingue et nous sommes fiers d’avoir établi un partenariat avec la SFOPHO depuis 2017. » Cette collaboration s’est notamment traduite par la mise en place du programme d’affiches historiques. Selon Rita Chalabi, de telles initiatives, « peu importe notre culture ou notre langue, donnent ainsi aux gens un sentiment de fierté et d’appartenance ».

Archiver et diffuser

C’est là deux objectifs auxquels doivent souscrire des sociétés historiques comme la SFOPHO explique Stéphanie St-Pierre, professeure à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse. L’Universitaire franco-ontarienne s’est intéressée à l’histoire des sociétés historiques en milieu minoritaire à l’occasion de sa thèse de doctorat, Terres de nos aïeux : la représentation du territoire historique dans l’historiographie canadienne-française. Pour elle, une société comme la SFOPHO exerce « un rôle de mémoire ».

Si les articles diffusés par les sociétés historiques ont peut-être une méthodologie moins académique que des revues d’histoire scientifique, en revanche, selon Mme St-Pierre, elles apportent auprès du grand public de beaux témoignages sur des aspects historiques très régionaux qu’on aurait tort d’ignorer.

De quoi rendre fière Nicole Fortier, celle qui voit depuis dix ans l’engagement des bénévoles comme essentiel. Un travail avec des résultats concrets : les 200 sites historiques répertoriés dans Orléans, voire jusqu’à Cumberland, ainsi que la sauvegarde du silo Vinette sur le boulevard Centrum en sont une preuve éloquente selon elle.