JOURNAL DU 8 JUILLET 2021 - Il est commun pour les gens de s’inquiéter de la présence des ours noirs qui rôdent dans les quartiers à la quête d’ordures et de nourriture fraichement cuisinée par les humains. Bien que la peur ressentie par rapport aux relations ours-humains s’avère justifiée, compte tenu des histoires d’horreur qu’on a pu entendre, la mort en lien à un contact avec un ours noir est « extrêmement rare » en Ontario. De 2000 à 2020, il n’y a eu que trois personnes tuées lors d’une attaque d’ours noir.

Pour chaque 100 km2 de la forêt boréale près de Hearst et environs, autour de 20 ours noirs y habitent. La plupart du temps, lorsque ces animaux rencontrent les humains, ils sont pris au dépourvu. En fait, la situation crée du stress, donnant aux ours noirs le gout de fuir. En revanche, avec les bêtes menaçantes, c’est peut-être une autre histoire. « Les attaques d’ours noirs sont extrêmement rares, rappelle Marco Plamondon, spécialiste de la pêche et de la faune du district de Hearst, le bureau de district du ministère des Richesses naturelles et des Forêts. Un ours noir menacé émettra des signaux d’avertissement pour vous faire savoir que vous êtes trop près. Un ours noir debout sur ses pattes arrière n’est pas un signe de comportement agressif. L’ours essaie de mieux vous voir ou de capter votre odeur. »

Analyser les comportements Il faut discerner la différence entre un ours défensif et un ours prédateur. Un ours sur la défensive démontre des comportements spécifiques lorsqu’il se sent menacé tel que saliver en excès, expirer bruyamment, baisser la tête avec les oreilles tirées vers l’arrière, claquer les dents et la bouche pour émettre des sons de plus que taper le sol avec ses pattes, une tactique de bluff chez l’animal.

M. Plamondon explique que la situation est moins dangereuse lorsque les humains sont bruyants. Il recommande aux gens de reculer tranquillement en surveillant l’animal, sans le regarder dans les yeux. Si l’ours noir ne tourne pas de bord, il est suggéré de lancer des objets, faire de gros mouvements avec ses bras et faire du bruit à l’aide d’un klaxon à air ou un sifflet.

Si la bête est prête à attaquer, il faut déposer toute la nourriture en main et se préparer à utiliser un vaporisateur chasse-ours. Si les personnes en danger n’ont pas de vaporisateur, M. Plamondon leur recommande de chercher un abri à l’intérieur d’un bâtiment ou d’une voiture, si possible.

« L’ours s’approchera silencieusement, généralement dans les zones rurales ou éloignées, et peut continuer à s’approcher, quelles que soient vos tentatives pour le dissuader en criant ou en lançant des pierres, dit-il. Si l’ours attaque […], ripostez avec tout ce que vous avez. Ne faites pas le mort, à moins d’être sûr qu’une mère ours attaque pour défendre ses petits. »

Il est fortement déconseillé de s’agenouiller en présence d’un ours noir qui se sent provoqué. En outre, il ne faut pas essayer de nourrir la bête ni de courir, nager ou grimper dans un arbre lorsqu’en état de panique. « Arrêtez, ne paniquez pas et restez calme », insiste-t-il.

Pour éviter d’en rencontrer

En forêt, il est facile d’éviter la rencontre avec un ours noir si l’on est bien préparé. À titre d’exemple, une personne qui marche seule est bien plus vulnérable qu’un groupe de voyageurs. Pour ne pas attirer les ours, il ne faut pas porter de parfums ni se balader en forêt avec de la nourriture qui n’est pas bien scellée dans des sacs et des contenants. « Alertez les ours de votre présence afin qu’ils puissent vous éviter, énumère-t-il. Faites du bruit […] dans des zones à visibilité réduite ou avec un bruit de fond élevé, tel qu’à la proximité de ruisseaux et de cascades. À l’extérieur, scannez votre environnement et ne portez pas d’écouteurs. Surveillez les signes d’activité d’ours tels que des traces, des marques de griffes sur les arbres, des roches renversées ou des excréments d’ours frais. »

Contacts en milieu urbain

Afin de garder les ours noirs en dehors de la ville, il faut éliminer les sources de nourriture qui interpellent ces animaux : un BBQ récemment utilisé, des poubelles sorties avant la journée du ramassage, de la nourriture d’animaux domestiques à l’extérieur, une mangeoire pour les oiseaux, etc.

M. Plamondon affirme que les ours évitent généralement les humains, mais qu’ils sont attirés par les zones urbaines et rurales lorsqu’ils ont faim. « Si les ours apprennent qu’ils peuvent trouver de la nourriture là où les gens vivent, ils reviendront encore et encore tant que la source de nourriture est disponible et essaieront même d’entrer dans les bâtiments », mentionne-t-il. « La relocalisation et l’expédition des ours sont de mauvais moyens d’essayer de prévenir les conflits avec les ours. »

Après que l’ours noir quitte les lieux, il est suggéré d’en parler avec ses voisins pour les avertir de la situation et de signaler la rencontre ours-humain aux autorités en appelant la ligne Attention ours sans frais au 1 866 514-2327 (ATS : 705 945- 7641).

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