JOURNAL DU 1ER JUILLET 2021 - Après plusieurs années d’études et de stages, la Dre Shyanne Fournier est heureuse de tracer son parcours en médecine familiale dans sa ville natale. Elle a toujours voulu entamer sa résidence en milieu rural, un endroit où la médecine est plus générale avec des occasions de travailler au bureau, en urgence et aux soins hospitaliers. « Ça me permet de devenir beaucoup plus omnipraticienne, qui est vraiment ce que je veux devenir », raconte la médecin.

Dès sa tendre enfance, Dre Fournier était passionnée par la biologie et la physiologie. Or, elle était tout autant déterminée à s’établir à Hearst après ses études, en étant consciente que les sciences ne mènent pas toujours les diplômés chez eux, en milieu rural.

« Je me suis toujours dit que c’est ici que j’ai grandi et puis que c’est ici que je voulais continuer ma vie, dit-elle. La médecine, c’est ce qui combinait le mieux mes intérêts. Ça reste aussi que c’est un grand privilège de pouvoir aider les gens dans leurs moments les plus vulnérables. »

Un appui local

Dre Fournier s’estime chanceuse d’avoir complété plusieurs stages cliniques à Hearst au cours de ses études à l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO). Ses précepteurs de Hearst l’ont aidée avec sa transition du monde académique au milieu clinique pour devenir médecin. En outre, ils l’ont sensibilisée à la dure réalité que, dans son bercail, il arrive souvent de voir des gens que l’on connait en situation d’urgence, quelque chose qui se produit moins souvent dans une nouvelle ville. Toutefois, la taille de la communauté lui a appris l’importance du travail d’équipe. « Ils m’ont montré l’importance de l’entraide, parce qu’à Hearst, c’est un petit hôpital, dit-elle. On n’a pas tous les spécialistes sur place. Donc, c’est vraiment important de dépendre des membres de son équipe. »

Les études à l’EMNO

Dre Fournier a accompli une panoplie de tâches pendant ses études. Au sein du Groupe consultatif francophone de l’EMNO, elle a aidé l’école à équilibrer la distribution des élèves francophones entre les campus de Thunder Bay et Sudbury. Elle a été placée sur le campus de Thunder Bay, un endroit avec un corps étudiant beaucoup plus anglophone que celui à l’Est.

« Je trouvais ça plate qu’il y avait beaucoup moins d’élèves francophones sur le campus de l’Ouest, avoue-t-elle. Je trouvais que c’était important d’équilibrer la distribution des élèves, non seulement pour mieux desservir la population du Nord-Ouest, mais aussi pour faire en sorte que les élèves aient d’autres élèves similaires à eux, donc francophones, pour former un groupe d’amis, un groupe d’études qui pourrait renforcer leurs connaissances médicales en français. »

À l’EMNO, les activités liées à la francophonie, dont les séances de terminologie médicale ainsi que les séances cliniques simulées avec des patients et des précepteurs francophones sont extrascolaires, ce qui oblige les étudiants de langue française d’y participer durant leur temps libre tel qu’en soirée et sur les heures du diner. Le Groupe consultatif tente d’incorporer ces activités dans le curriculum pour limiter les heures supplémentaires d’études en français en dehors de la salle de classe.

Elle ajoute que les études en français ont comporté certains défis, surtout lors des séances de terminologie. Les termes enseignés sont traduits de l’anglais au français, ce qui devient un problème lorsque les médecins doivent soigner des patients francophones qui utilisent un vernaculaire distinct. Par exemple, lors d’un stage à Hearst, un patient mentionna à Dre Fournier qu’il avait « mal aux tripes », ce qui veut dire avoir mal au ventre.

« Même moi, ça m’a fait réaliser que j’ai grandi en tant que francophone et puis j’en ai encore beaucoup à apprendre, confesse la médecin, ayant travaillé fort pour incorporer des termes communs au répertoire à étudier. Donc, je trouvais que c’était important d’incorporer ces phrases pour que les gens puissent reconnaitre ça pour ce que ça veut dire. »

Un futur prometteur

Parmi les choses qu’elle veut accomplir lors de sa résidence, Dre Fournier veut aider à desservir la population de Hearst. Elle sait qu’il y a beaucoup de résidents en attente pour un médecin de famille, un grand stress pour la population. Néanmoins, Dre Fournier ne pourra devenir médecin de famille qu’après avoir complété sa résidence en médecine familiale, soit deux à trois ans. Durant cette période, en dehors de son travail en ville, elle devra continuer à se déplacer dans les centres urbains pour les rotations cliniques qui ne sont pas disponibles à Hearst.