Les baies de genièvre ou de genévrier, de couleur bleu foncé, fleurissent sur des arbustes conifères qui répondent au nom scientifique de Juniper communis, dans les habitats naturels divers qui incluent la forêt boréale, à en croire le site internet du musée montréalais de biologie, Espace pour la vie : « Elles poussent sur les graviers, sur les talus de schistes, dans des pâturages peu entretenus et parfois dans certaines tourbières. Elles semblent préférer le climat de la toundra forestière et de la forêt coniférienne ouverte. »

Le genévrier, un arbuste conifère, produit à l’automne des baies qui doivent être consommées en modération, puisqu’une consommation excessive pourrait entrainer des problèmes de santé comme des problèmes rénaux, selon le site web Plants For A Future, ou provoquer des accouchements, d’après Paulette Vanier, contributrice au site internet Passeport Santé. Les baies se cueillent traditionnellement à l’automne avant les premiers gels de l’hiver, mais certains cueilleurs disent procéder à leur récolte pendant l’hiver. Les vertus médicinales des baies de genièvre expliquent en partie leur popularité en termes de cueillette sauvage. « Les baies sont particulièrement utiles pour soigner l’arthrite, la goutte et toutes les maladies rhumatismales », écrit Mme Vanier. Elle ajoute aussi : « Le genévrier est en outre un bon tonique pour les enfants fragiles, sujets au mal de gorge et au rhume, en plus d’être un expectorant doux.

Avec les baies, on fait traditionnellement un sirop qu’on peut leur administrer matin et soir. Bon stomachique, il facilite la digestion des mets lourds, notamment les plats gras, le chou et les haricots. »

Quant à Roger Larivière, rédacteur du site web La nature boréale à votre portée, il indique que l’arbre au complet était utilisé chez les Premières Nations : « Les Amérindiens utilisaient son écorce en cataplasme sur les blessures. La décoction de branches et d’aiguilles se buvait en thé pour relâcher les muscles après un accouchement. »

Cependant, d’après lui, cela fait plusieurs siècles que la baie est utilisée à des fins médicinales ailleurs dans le monde.

« En Europe centrale, l’huile extraite des fruits était une véritable panacée contre plusieurs maladies : typhoïde, choléra, vers intestinaux, rhumatismes, rhume, goutte et calculs urinaires. Cette huile, à cause de ses propriétés antimicrobiennes et antifongiques, est encore utilisée contre l’arthrite. » Mais pour les amateurs de cueillette sauvage, les baies de genièvre sont prisées pour l’arôme qu’elles apportent aux plats cuisinés, un fait qui est mentionné sur le site d’Espace pour la vie : « Condiment apprécié depuis l’époque de Babylone (vers 1700-500 av. J.-C.), les fruits séchés du genévrier possèdent une saveur discrète, légèrement résineuse, qui se perd à la cuisson. On peut les utiliser en fin de cuisson pour aromatiser choucroute, chou, marinades, haricots secs et autres légumineuses. Ils servent aussi à farcir le gibier ou toute viande à laquelle on veut donner un gout de gibier. »

La renommée des baies de genièvre vient cependant de leur importance dans la naissance du gin, un alcool distillé dont le gout particulier dépendrait de ces baies. L’historique de la boisson se retrouve sur le site d’Espace pour la vie. « En 1550, un apothicaire hollandais fabrique du “genever”, un mélange d’eau-devie et de genévrier, pour soigner les maux de dos et les muscles endoloris. Distillé en Angleterre dès la fin du XVIIe siècle, le genever prit alors le nom de gin. » Le gin n’est pourtant pas le seul alcool aromatisé aux baies de genévrier, d’après M. Larivière : « En France, une bière appelée genevrette était faite avec de l’orge et les fruits du genévrier. » Selon la créatrice culinaire Joëlle Gaudet, rédactrice du site internet Kindred Kitchen, il existe en Pologne une bière de genévrier faite maison, appelée psiwo kozicowe, dont elle offre la recette en ligne : elle combine de l’eau, du miel, des baies de genièvre moulues, du houblon et de la levure de bière ou de vin. Pour ceux qui préfèrent les boissons non alcoolisées, Mme Gaudet a une recette pour faire du smreka, un breuvage trouvé en Bosnie, qu’elle décrit comme étant « une boisson gazeuse fermentée aux baies de genièvre ». Il suffit de mettre les baies dans un bocal avec de l’eau et de laisser le tout fermenter à l’air libre, pendant une à deux semaines. Apparemment, quand la couleur de l’eau devient jaune doré, la boisson est prête. Le site Whole Foods propose sa propre recette de smreka dans laquelle il est rajouté du citron avant le processus de fermentation.