Les élèves du secondaire d’Orléans fréquentent l’école une journée sur deux depuis quelques mois en raison de la COVID-19. Une situation sans précédent qui bouleverse le quotidien des enseignants et des élèves.

«Je trouve ça différent, rien n’est plus comme avant! Les dîners, les pauses, les devoirs et les évaluations», s’exclame d’emblée une étudiante de 9e année à l’école secondaire Gisèle-Lalonde, Maissa Zemni.

Même son de cloche de la part de Nour Guesmi-Mekki, également en 9e année à Gisèle-Lalonde : «Je trouve difficile le fait de condenser les cours afin qu’ils nous donnent la matière pendant un quadrimestre. Ça rend la vie difficile aux élèves qui se retrouvent avec plusieurs devoirs et évaluations, mais le plus dur pour moi est de rester avec un masque toute la journée, ça c’est vraiment difficile».

Maissa abonde dans le même sens que sa collègue : «Je trouve que le quadrimestre n’a aucun sens et doit être changé. Ça affecte la santé mentale et l’éducation des élèves. On stresse constamment et on n’est pas toujours prêts pour les évaluations.»

En raison de la COVID-19, le calendrier scolaire ontarien a été revu et divisé en quadrimestres plutôt qu’en trimestres. Cela doit permettre aux élèves de suivre deux crédits simultanément, en consacrant la matinée à une matière et l’après-midi à une deuxième matière, ce qui peut s’avérer plus difficile pour certains. L’année scolaire est ainsi divisée en quatre segments.

Afin de minimiser les contacts entre les élèves, la direction de l’école a mis sur pied un système de cohortes, divisant les élèves afin de former des «bulles». Ainsi, chaque classe est isolée des autres, même durant l’heure du diner.

De nouveaux défis

La directrice adjointe à l’école secondaire Gisèle-Lalonde, Valérie Beauchamp, affirme que des adaptations ont été nécessaires.

«C’est sûr que les professeurs ont dû s’adapter rapidement à cette nouvelle réalité. Il y a eu des modifications dans le fonctionnement des évaluations, dans l’aide apportée aux élèves. Ils demeurent investis dans l’école et dans les différents comités auprès des élèves», mentionne-t-elle. Un autre défi pour les enseignants réside dans la manière d’enseigner, enchaîne la directrice adjointe : «L’enseignant est en classe et il enseigne sa matière, mais il ne peut pas vraiment répondre en même temps aux questions de son élève qui se trouve chez lui. C’est difficile pour le professeur d’être à deux places en même temps.»

Plusieurs mesures ont été mises en place afin de faciliter le travail des enseignants, comme l’ajout de logiciels et d’un enseignant ressource responsable de la réussite. Le logiciel «Classroom», par exemple, permet aux enseignants d’enseigner la matière en ligne et de communiquer efficacement avec les élèves lorsqu’ils ont des questions. Cet outil est d’ailleurs très apprécié par Maissa et Nour. Afin de respecter les règles sanitaires implantées par le gouvernement Ford, plusieurs stations pour se laver les mains ont été installées un peu partout dans l’école et un ménage complet est fait quotidiennement. Des initiatives qui sont bien perçues par Maissa : «La direction prend cela très au sérieux, les bureaux sont désinfectés, chaque jour l’élève doit remplir un formulaire d’autodépistage en ligne, nous devons porter nos masques et désinfecter nos mains régulièrement».

Nour abonde dans le même sens : «Je trouve que ces nouvelles mesures sont adéquates. Avoir deux différentes cohortes peut permettre de diminuer le risque d’attraper la COVID-19 […] Aussi afin que nous soyons plus en sécurité, nous avons des zones d’attente devant chaque classe», explique-t-elle.

Dévouement et passion

Malgré cette nouvelle réalité à laquelle fait face le corps professoral de l’école, la directrice adjointe ne tarit pas d’éloges à l’égard de ses professeurs : «Nos enseignants sont des personnes dévouées, ils ont une passion pour la profession. Ils se sont créé un réseautage avec d’autres enseignants et d’autres professionnels au sein du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO). Ils sont motivés à apprendre les nouveaux outils technologiques». En cette période où la santé mentale est particulièrement importante, Mme Beauchamp souhaite offrir le meilleur environnement à ses étudiants. «On valorise beaucoup le climat scolaire positif à l’école, et au début de la pandémie nous avons parlé longuement du bien-être et de la santé mentale de nos élèves, qui est notre priorité en ce moment […] On veut prendre soin de nos élèves en les impliquant dans nos différents comités».

Pour le moment, la directrice adjointe reste réaliste : la situation continuera d’apporter son lot de défis. Elle souhaite toutefois un retour à la normale le plus vite possible.

«J’espère de tout cœur que l’on retrouve une certaine normalité dans la prochaine année. Je pense à nos étudiants qui souhaitent une graduation ou participer à des activités extrascolaires. Pour nous, c’est important qu’ils retrouvent tout ça puisque c’est quelque chose qui peut les motiver à aller à l’école et de développer un sentiment d’appartenance». IJLO_École secondaire Orléans_Gisèle-Lalonde 1_Cr. Facebook Gisèle-Lalonde.jpgIJLO_École secondaire Orléans_Maissa Zemni_Cr. Facebook Maissa Zemni.jpg