Colette Cloutier, née Boulay, a vu le jour en juin 1940 au Shallow Lake, à Mattice. Ils étaient neuf enfants. Colette dit avoir eu une enfance heureuse. Elle allait à la petite école du lac. En 4e, les enfants se rendaient à l’école du village en autobus. Au début, son père était second cook dans les camps, mais il a dû arrêter de travailler pour prendre soin des enfants quand sa femme est tombée malade (Colette avait 10 ans). La maman est morte deux ans plus tard.

Les Boulay n’avaient ni électricité (l’ont eu juste en 1955) ni toilette à l’intérieur. Ils se chauffaient au gaz et l’eau venait du lac avec une pompe au gaz que seul le père pouvait démarrer. Ce dernier faisait le pain deux fois par semaine. Il allait occasionnellement au village (de Mattice) en tracteur et revenait avant la noirceur pour allumer le fanal au gaz. Il s’occupait de la petite ferme, du jardin, de la récolte…

Quand j’ai demandé une anecdote de son enfance à Colette, elle m’a raconté que le père avait demandé aux enfants de corder du bois pour qu’il sèche. Pendant son absence, les enfants avaient cordé le bois en forme de maison, ce qui a bien fait rire le père. Ça leur a fait une belle cabane pour jouer dehors jusqu’à ce que le bois soit rentré pour l’hiver.

Colette a fait plusieurs métiers. Elle a travaillé à l’hôpital et dans la maison privée des Alary pour aider M. Roger Alary à élever ses enfants, de 1960 à 1963. C’est là qu’elle a rencontré son futur mari, René (chauffeur pour M. Alary), qu’elle a épousé en 1963. Ensuite, le couple a déménagé à Hallébourg. Ils eurent deux enfants : Ginette Cantin (Hôpital Notre-Dame) et Michel Cloutier (Expert Garage). À un moment donné, Colette a dû subir une chirurgie d’urgence à l’hôpital, mais il fallait attendre que son mari vienne donner son consentement verbal ! Autres temps, autres mœurs…

Après son mariage, Colette a suivi un cours de recouvrement de meubles par correspondance en provenance de Californie. Elle a reçu 130 leçons par la poste ! Il n’y avait pas d’ordinateur à l’époque. Elle a fini avec une note de 98 %. Elle a travaillé 25 ans dans la shop à Val Côté avec son mari qui était cordonnier. Le grand-père Cloutier venait du Michigan. Il avait des limites de bois qui sont devenues la terre des Cloutier à Hallébourg (terre des Cloutier sur plusieurs générations).

Dans les années 1980, Colette fut responsable des activités à la Place Providence et a monté six pièces de théâtre pour ainés. Elle a également été agente de pastorale bénévole et animatrice de la paroisse. Elle s’est occupée des pèlerinages de Sainte-Anne. Elle a aidé à ramasser 69 000 $ pour les réparations de l’église de Hallébourg.

En 1983, Colette passe son permis de conduire, à l’âge de 43 ans, pour s’accorder un peu plus de liberté de déplacement. Son mari et elle déménagent à Hearst dans les appartements chez Barrette en 2001 lorsque la maladie frappe ce dernier. Il décèdera cinq ans plus tard. Colette vit à Place St-Paul depuis 2010.

Colette Cloutier a été présidente du Club de l’Âge d’or de 2001 à 2003. C’est à ce moment qu’elle commence à donner des cours de courtepointe, ce qu’elle a appris par elle-même, d’abord dans les livres puis sur internet. Une courtepointe est une sorte de couverture doublée, remplie de coton ou de duvet, piquée ou brodée, qu’on étend sur un lit.

Avant la pandémie, Colette donnait le cours de courtepointe à une quinzaine d’élèves au Club Action tous les mercredis. Cette année marque le 20e anniversaire des cours de courtepointe offerts généreusement par Colette.

Selon Patricia Smith, une des élèves du cours de courtepointe, Colette est incroyable et totalement passionnée par son art. Elle est prête à faire n’importe quoi pour aider et a toujours une solution aux questions de ses élèves. Quand Patricia a voulu faire une première courtepointe, en secret puisque c’était un cadeau pour sa fille, elle se rendait chez Colette et elles travaillaient sur le plancher !

Colette dit avoir été heureuse à Hallébourg et à Hearst. Elle est contente d’être proche des services. Elle aime les gens. Colette porte une chaine avec trois breloques très symboliques à son cou : croix pour la foi, #1 Mom (les enfants c’est l’espérance de demain) et moulin à coudre pour la charité (elle est toujours disponible pour aider son prochain).

Les secrets de longévité de Colette sont sa foi et son hobby. Elle termine en disant que la Ville devrait prévoir une demi-chambre supplémentaire lorsqu’ils bâtissent des endroits pour les ainés afin qu’ils puissent donner libre cours à leur passetemps. Colette, quant à elle, doit partager sa chambre avec son moulin à coudre, ses tissus, ses bobines de fil, ses aiguilles… Screen Shot 2020-12-01 at 9.40.27 AM.png