Je suis du Congo-Brazzaville où j’ai été ordonné prêtre, il y a 12 ans. J’ai fait toutes mes études universitaires en France et, à la fin de mon doctorat, j’ai demandé à l’évêque de me permettre de découvrir le Canada et il m’y a autorisé. J’ai consulté la liste des diocèses canadiens et j’ai choisi Hearst au hasard. J’ai écrit à Mgr Bourgon qui m’a accepté sur présentation d’une lettre de mon évêque. J’ai atterri en novembre dernier à Toronto où m’attendait mon nouvel évêque et on a roulé toute la journée. La distance, c’est très loin quand même.

Il n’y a pas vraiment eu de problème à mon arrivée ici. On est prêtre, on s’adapte au jour le jour. Je suis francophone, mais par contre l’anglais, moi j’ai des problèmes avec l’anglais. J’ai été bien accueilli partout et j’avais un confrère nigérian ici. Pour le moment, je travaille au niveau du diocèse seulement comme vicaire à la cathédrale. Mais si l’évêque trouve qu’il y a un besoin ailleurs, ça peut changer.

À Hearst, il y a un climat paisible, c’est calme et il n’y a pas trop de bruit. Il n’y a pas d’histoire, pas de souci majeur. Ce qui me plait moins, c’est peut-être le froid (rires). L’année dernière, j’ai été impressionné par le volume de neige qu’il y avait sur les toitures des maisons. Cette neige-là est restée pratiquement sur les toits toute la période de l’hiver, jusqu’au printemps. J’étais quand même impressionné, je me disais que les maisons sont bien construites sinon c’est lourd ça. Je me posais la question, toute la neige si haute que je voyais dans notre cour, je me demandais ce que cela allait devenir. Je croyais qu’on allait avoir de l’eau partout quand ça allait fondre, mais ç’a disparu comme ça, presque du jour au lendemain.

Mon pays me manque un peu, mais c’est normal. Je dois y aller en janvier pour le renouvèlement de mon passeport et prendre en même temps un mois de repos. Ce qui me manque surtout c’est l’engouement des gens pour la pastorale. Les églises sont toujours pleines et dans une paroisse, on peut avoir six à sept chorales d’environ 100 personnes chacune. Les messes sont très festives et même en semaine, les églises sont pleines. On s’adapte, on est missionnaire. L’Occident se paganise et c’est une situation globale. Mais chez nous, on a encore de l’engouement pour la chrétienté.

La nourriture du pays me manque aussi un peu. Ici, au restaurant, les plats sont très sucrés alors que je suis diabétique et insulinodépendants. Le sucré-salé c’est très anglo-saxon, parce qu’en France on ne mange pas sucré-salé. Donc, je me prépare moi-même ma nourriture afin de manger ce qui me plait, ce qu’il me faut comme diabétique.

En ce qui concerne l’avenir, on ne sait jamais à l’avance ce qu’il sera. On se remet donc entre les mains de Celui qui nous a créés. On se laisse guider par l’Esprit-Saint, car l’avenir appartient à Dieu.