JOURNAL DU 15 OCTOBRE 2020 - Originaire de Hearst, Me Emmanuelle Dupuis est revenue en ville pour travailler en tant qu’avocate généraliste au sein du cabinet de Me Pierre Brunelle où elle pratiquera « du droit commercial, du droit immobilier, des successions, des testaments et du droit de la famille. » Me Dupuis dit avoir choisi de travailler en droit parce que « j’ai toujours aimé ça aider les gens. Quand je peux aider quelqu’un et que ça leur met un sourire, c’est sûr que c’est réconfortant. Et aussi, c’est toujours des nouveaux défis, des nouveaux dossiers, on touche à beaucoup de domaines. On voit beaucoup de choses et on apprend tous les jours. »

Partie pour ses études, Me Dupuis a expliqué à Steve McInnis au micro d’Info sous la loupe que, si elle est revenue au bercail, c’est « surtout parce que c’est une belle communauté. C’est idéal pour élever une famille. Puis j’ai eu une opportunité, donc je suis revenue. Je crois qu’il y a un gros besoin d’avocats dans le nord. Tous les avocats sont très occupés, je crois. J’ai toute ma famille aussi à Hearst. J’aime le plein air, faire du camping, la pêche, donc je voulais vraiment revenir dans le nord. » Son objectif professionnel à long terme, a-t-elle dit, est de rester dans la région à vie.

Me Dupuis a pris six ans pour compléter son parcours universitaire et passer l’examen du barreau, alors qu’habituellement accéder à la profession d’avocat prend huit ans. « C’est un bac de quatre ans, à l’école de la faculté, c’est trois ans et un an de stage avec le barreau. »

Son cheminement a été raccourci pour des raisons que Me Dupuis a décrites en entrevue: « Premièrement, je suis allée à l’Université Laurentienne à Sudbury. J’ai commencé un bac en Droit et Justice. Après deux ans, j’ai fait une demande à l’Université de Moncton à la faculté de droit pour aller étudier là-bas. Ils m’ont tout de suite acceptée après deux ans, donc j’ai décidé de partir à l’aventure. »

Afin d’être admis à la maîtrise en droit de l’Université de Moncton, d’après le site internet de l’institution, les futurs étudiants doivent prouver leur capacité à suivre des cours en français et envoyer notamment deux relevés de note universitaires et deux lettres de recommandation dont une venant d’un.e professeur.e qui « indiquera si vous possédez, à son avis, les aptitudes nécessaires pour réussir un cours en droit et soulignera, en particulier, votre motivation et vos habitudes de travail. » Pour sa part, Me Dupuis a attribué son acceptation à ses résultats scolaires.

Déménager au Nouveau Brunswick a permis à Me Dupuis d’accomplir un rêve d’adolescente: aller étudier dans cette province qu’elle avait découverte et aimée lors du mariage d’une cousine. Ce choix, selon Me Dupuis, s’est basé sur d’autres raisons plus pratiques: « Je voulais avoir une nouvelle expérience, rencontrer de nouvelles personnes, puis les frais de scolarité étaient beaucoup moins chers que tout autre faculté de droit en Ontario. Aussi, c’était tout en français. J’avais une grosse bourse, donc je n’ai pu refuser non plus. »

Comme la législation néo-brunswickoise est basée sur la législation ontarienne, selon Me Dupuis, elle a pu finir ses études à Moncton et passer l’examen du barreau en Ontario: « J’ai tout étudié les lois, les précédents, la jurisprudence ontarienne. » Me Dupuis a cependant confirmé à M. McInnis que l’obtention du barreau ne signifie pas la fin des études puisque le droit est un domaine en constante évolution : « Toutes les années, il y a des heures qu’il faut faire de formation [..] Il faut rester à jour dans les lois et dans la jurisprudence. »

En tant que nouvelle avocate, Me Dupuis a confié à M. McInnis ce qui, à son avis sera son plus gros défi : « C’est de se former une clientèle parce qu’aussi dans le Nord, il y a des avocats expérimentés qui pratiquent depuis plusieurs années. Aussi, à Hearst, dans les petites communautés, on est plus limité donc on touche à plusieurs domaines, tandis que dans les plus grands centres, tu peux te spécialiser dans un domaine en particulier. »