Le Canada a toujours été un El Dorado pour moi, j’ai toujours voulu un jour découvrir le Canada. Quand j’ai eu la confirmation par l’ambassade que mon visa était approuvé, j’étais à la fois triste et joyeux. Triste, parce que j’allais quitter le pays qui m’a donné naissance, le pays qui m’a accueilli quand j’ai poussé mes premiers cris, ma famille, mes amis, mon travail, mes loisirs. Aussi fou de joie, non seulement parce que je venais rejoindre ma femme, mais aussi voir le pays que j’ai toujours voulu découvrir un jour. Étant petit, j’entendais parler de l’Amérique du Nord, un pays de glace où la politique est bonne, comme l’économie, l’éducation. Je me suis dit tu dois y aller, je ne sais pas comment, mais un jour je voudrais coute que coute y mettre les pieds.

Quand j’ai quitté l’aéroport pour venir sur le territoire canadien en janvier dernier, avant d’atterrir j’ai regardé en bas. Wow ! Des gens m’ont regardé : Are you OK? Correct ? Wow, on est où, là ? Ils m’ont dit on est au Canada. Oh my god! Il n’y avait que la neige, tout était blanc, on ne voyait plus rien ! Comment les gens font pour vivre avec ça ? C’est quoi ça ? C’est quel genre de vie vous avez ici ? Je me suis dit, bon, je ne suis pas le seul à le faire, si les autres y parviennent, pourquoi pas moi. De toute façon je l’ai voulu, ça a toujours été mon pays de rêve. Quand je suis sorti de l’aéroport, à Timmins, je me disais qu’avec l’habillement que je portais, je suis au top avec des bottes normales, des jeans et un manteau. Cinq minutes après, je me suis dit je vais mourir, je vais crever, c’était trop. Une chance que ma superbe femme anticipait tout : elle était venue avec des bottes, un gros pull, mais je ne pouvais même pas parler. Le froid qui me pognait là, c’était trop après mes quatre vols, Dakar-Bruxelles, Bruxelles- Montréal, Montréal-Toronto, Toronto-Timmins. Il faisait froid, mais je n’ai pas pu m’empêcher, j’ai pris des photos avec la neige tenue dans mes mains. Wow, j’y suis ! Je peux dire que mon rêve s’est réalisé.

Hearst est différent, c’est pas une ville comme les autres, les gens sont très gentils. Chez nous, on dit du Sénégal pays de la Téranga, de l’hospitalité. Hearst est un pays de la Téranga. Les gens sont solidaires, vraiment sympas. Avant, je me disais que je m’ennuierais de ma famille. Quand je suis arrivé, ils ont préparé un diner. Tous les amis de ma femme étaient venus, une partie de la communauté africaine aussi, la chorale. Tout le monde m’a dit bienvenue ! Comment tu trouves notre ville ? Avec la façon dont on m’a accueilli, je ne me sentais pas loin de ma famille. J’ai fait de la raquette avec ma femme, avec mes cousins aussi. Je me suis intégré dans la communauté africaine, je fais partie de la chorale, j’ai découvert des lacs, la pêche et j’ai aussi été au chalet à Fauquier. Vraiment, je me sens bien ici.

Je ne manque pas de projets. Pour travailler, c’était difficile, ils te demandent d’avoir de l’expérience canadienne, mais si on ne te donne pas un emploi, comment tu vas avoir cette expérience ? Je ne peux parler de travail sans remercier le Centre d’emplois. Ils m’ont donné une formation et après, du travail deux fois, mais ça n’a pu continuer à cause de la COVID. C’est tellement difficile au Canada sans un travail, tout est cher. Là, je rends grâce, j’ai commencé un nouveau boulot et je vais faire une spécialisation en informatique en janvier prochain.

Le conseil que je donnerais à un autre Sénégalais qui voudrait venir au Canada, c’est de bien s’informer avant. Regarder des documentaires, parler à des gens qui vivaient ici ne suffit pas. Le Canada, c’est autre chose que ce qu’on voit à la télé. Oui, il faut prendre des risques, mais on doit s’informer davantage.