LE VOYAGEUR (Sudbury) – Une coalition d’organisme défend le lac Wolf depuis au moins 2012. Après quelques années d’accalmie, ce lieu unique est à nouveau menacé par l’exploration minière. Par le biais d’un concours de photographie, les Sudbury Naturalists, la Coalition bien-vivre Sudbury et les Amis de Temagami veulent rappeler que ce lieu mérite plus de protection qu’il en a en ce moment.

Le président des Amis de Temagami, PJ Justason, rappelle que l’on retrouve autour du lac Wolf la plus vieille et plus grande forêt de pins rouges en Amérique, peut-être même au monde. Un type d’arbre devenu rare en raison de l’exploitation forestière.

«C’est bien plus que seulement une poche de vieux arbres, c’est tout un écosystème qui comprend les arbres, le lichen, la mousse, la vie animale et un sol qui n’a pas été dérangé», dit M. Justason. Des aventuriers du monde entier viennent faire du canoë dans cette région unique et le lac Wolf est l’une des attractions principales du trajet.

La forêt est protégée contre l’exploitation forestière. Cependant, lors de la création du parc Chiniguchi River par le gouvernement de Mike Harris, la section entourant le lac Wolf n’a pas été incluse, car il y avait encore des claims miniers actifs. «L’idée du gouvernement à l’époque […] était de ne pas renouveler ces claims miniers lorsqu’ils viendraient à échéance et d’inclure le lac dans le parc Chiniguchi», avance M. Justason.

«Ce n’est pas arrivé. Les permis ont été renouvelés subtilement.» Les claims sont renouvelés pour 21 ans. PJ Justason prend une partie de la responsabilité d’avoir manqué ce renouvèlement, car la coalition avait relâché un peu sa surveillance. «Mais tout ce système de permis miniers est un peu comme le Far West.» L’exploration minière a été pratiquement inexistante pendant des années, car Flag Ressources, qui possède les claims, semblait ne plus être en opération. À l’automne 2019, ils ont soudainement obtenu un permis du ministère de l’Énergie, du Développement du Nord est des Mines pour reprendre l’exploration.

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M. Justason indique que les premiers contacts avec l’entreprise l’automne dernier ont été courtois et encourageants. Ils semblaient comprendre leurs inquiétudes et étaient ouverts au nettoyage d’un ancien site d’exploration où se trouverait toujours un baril de pétrole, selon le président. Les plus récents contacts par contre ont été plus froids.

«Hier (29 septembre), il y a eu une nouvelle demande de permis pour faire de l’exploration autour du lac Wolf. Il inclut cinq différents sites. Ce sera horrible pour le lac, son esthétique et la protection de l’environnement», avance le président.

La période pour commenter cette nouvelle demande s’est terminée le 9 septembre et le site du Registre environnemental de l’Ontario indique que le permis sera accordé. M. Justason regrette le silence du ministère, alors que près de 500 commentaires ont été placés sur le site web pour l’une des demandes, la grande majorité se prononçant contre l’exploration dans la région. À titre de référence, Le Voyageur n’a trouvé aucune demande de permis avec autant de commentaires dans le secteur. Lorsqu’il y en a, c’est moins de 10.

La coalition ne dispute pas le claim minier et reconnait que les lois donnent le droit à l’entreprise d’être présente sur ce territoire. «Pour être honnête avec vous, quand on regarde un vieux site de forage, ce n’est pas si horrible. Nous sommes ouverts à l’idée qu’ils aient le droit de le faire, mais explorons des idées et des façons de limiter les dommages.» M. Justason craint que si la compagnie minière et le gouvernement n’écoutent pas les voix des opposants, «on se dirige vers une trajectoire de collision», qui pourrait dégénérer en conflit dans plusieurs années.

Attirer l’attention

Le retour de l’exploration minière dans la région du lac Wolf a été la bougie d’allumage pour relancer la défense des environs du lac Wolf.

Avec le concours de photographies, ils veulent attirer l’attention sur la beauté unique du lac Wolf et sensibiliser la population à la menace que l’exploration minière représente pour cet écosystème unique. Chaque participant peut soumettre un maximum de trois photos par le biais du site savewolflake.org. Les prix à gagner intéresseront les explorateurs et les fervents de la région.

Ce n’est qu’un des éléments de lutte mis en place par la coalition. Le site web a également un formulaire qui permet d’envoyer un message à des politiciens provinciaux. Ils essaient aussi de rencontrer les ministères concernés.

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