Le premier ministre de l’Ontario a dû défendre les décisions de son gouvernement prises au cours de la pandémie, mardi, dans la foulée de la montée des mouvements anti-masque et anti-confinement en province.

« Il n’y a pas d’agenda caché », a promis Doug Ford, à propos des mesures sanitaires prises par son gouvernement pour lutter contre la propagation de la COVID-19 en Ontario.

Le premier ministre a aussi jugé troublant que des personnes qui s’opposent au port du masque manifestent devant sa demeure en faisant flotter le drapeau de l’Ontario à l’envers. « Si vous n’aimez pas notre pays et que ne vous voulez pas respecter notre drapeau, allez-vous-en, trouvez-vous un autre endroit pour faire aller votre drapeau à l’envers. »

M. Ford a entamé sa conférence de presse en affirmant que la décision de retourner à une étape de confinement partiel dans les régions d’Ottawa, de Toronto et de Peel a représenté la plus difficile qu’il a dû prendre depuis son arrivée au poste de premier ministre de l’Ontario.

Rappelons que le gouvernement ontarien a imposé, la semaine dernière, de nouvelles mesures de santé publique ciblées dans les circonscriptions sanitaires de ces trois régions. Ces restrictions de la deuxième étape du plan de déconfinement du gouvernement ont été imposées pour une durée d’au moins 28 jours et seront révisées continuellement.

Soulignant être bien conscient des impacts que ce retour partiel à la fermeture de l’économie de la province peut représenter pour les entreprises, surtout les restaurants, M. Ford a indiqué « prier » pour que son gouvernement n’ait pas à étendre les nouvelles restrictions à d’autres juridictions, notamment celles autour de Toronto et de Peel.

À ses dire, il n’y a pas de discussions actuellement pour agir ainsi, mais la santé publique étudie les données régulièrement.

Du soutien aux restaurants

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière une aide supplémentaire de 300 millions $ pour aider les entreprises touchées par les nouvelles restrictions en couvrant une partie de leurs coûts fixes comme les impôts fonciers et leurs factures d’électricité et de gaz naturel.

Le plan du gouvernement ontarien « visant à redonner vie aux rues commerçantes » comprend aussi des mesures comme l’autorisation permanente aux restaurants et aux bars qui ont un permis à inclure l’alcool avec la nourriture dans les commandes à emporter ou les livraisons.

Le premier ministre Ford a demandé à Uber et aux différents services de livraison de nourriture à domicile de réduire, de manière temporaire, les frais qu’ils imposent aux restaurateurs lors d’une livraison.

Durant la première vague de la pandémie, le Parti libéral de l’Ontario avait demandé au gouvernement Ford d’imposer une limite de 15% de ces frais.

En mars, Uber Eats avait décidé d’éliminer temporairement ses frais de livraison aux utilisateurs pour les encourager à rester à la maison.

Les petites entreprises représentent 98 % de l’ensemble des entreprises de la province et emploient près de 2,4 millions d’Ontariens, selon les données du gouvernement.

COVID-19: 1 553 nouveaux cas en deux jours

L’Ontario a enregistré 746 nouvelles infections à la COVID-19 lundi, et 807 la veille. Dimanche et lundi, 12 personnes ont perdu la vie après avoir contracté le virus.

Lundi, la santé publique n’a pas publié de données liées à la COVID-19 en raison du férié de l’Action de grâce. Celles-ci ont été publiées mardi.

En tout, l’Ontario rapporte 60 692 infections au coronavirus depuis le début de la crise sanitaire.

Quant aux décès, 3 017 personnes ont perdu la vie en raison du virus, dont 1 968 résidents de foyers de soins de longue durée et huit employés de ces établissements. Le nombre de patients aux soins intensifs a augmenté de près de 20 % en deux jours. Lundi, 230 personnes atteintes de la COVID-19 étaient hospitalisées, dont 60 aux soins intensifs. Parmi ceux-ci, 34 étaient sous respirateur.

Quant au dépistage, un peu plus de 31 200 tests ont été effectués lundi, soit bien en deçà de l’objectif de la province de 50 000 tests par jour d’ici la mi-octobre. L’important arriéré constaté en Ontario se poursuit, avec près de 24 500 tests toujours en attente d’analyse.