Le volume du signalement des crimes violents à Ottawa a connu une hausse de 10 % dans la dernière année. Cela s’explique notamment par la prolifération de menaces, de vols qualifiés et de voies de fait. C’est ce que révèle le Rapport annuel 2019 du Service de police d’Ottawa, publié plus tôt cet été. À Orléans, un mouvement citoyen se mobilise virtuellement en réaction à cette montée de la criminalité locale.

Depuis 2018, près de 5000 utilisateurs Facebook se servent de la plateforme par l’entremise du groupe privé It’s Your City, Let’s All Help Make Orléans Safe. Ils y partagent préoccupations, conseils et alertes, question d’informer et de sensibiliser la communauté.

C’est l’Orléanais Greg Shore qui est à la source de ce mouvement amorcé par un incident impliquant son fils, âgé de 14 ans à l’époque. «Ce jour-là, mon fils cadet était rentré à la maison ébranlé. Il m’avait raconté s’être fait pourchasser par des jeunes après être allé chez un ami, se rappelle M. Shore. Les délinquants l’avaient menacé, menacé de mort, même», raconte le père de trois enfants.

Après avoir signalé l’incident aux autorités policières, M. Shore s’en est remis à la plateforme Facebook pour passer le mot et mettre en garde les autres parents. «Il fallait que j’en parle—il faut absolument éviter de fermer les yeux sur ce genre d’incidents», soutient-il.

En partageant l’histoire de son fils sur la plateforme, M. Shore s’est vu démarrer un mouvement qui perdure encore aujourd’hui. «Les réactions ont été incroyables! se remémore-t-il. Les gens tendaient la main, ils voulaient être proactifs plutôt que réactifs par rapport aux crimes dans le quartier», décrit M. Shore.

Le mouvement s’est rapidement répandu dans Orléans tout entier. «J’ai créé le groupe It’s Your City, Let’s All Help Make Orléans Safe en partenariat avec d’autres résidents pour canaliser les discussions, explique M. Shore. C’est vraiment là que tout a commencé».

Mouvement citoyen

Deux ans après sa création, le groupe est toujours actif et donne le pouls de la réaction citoyenne à la hausse en criminalité dénoncée par le Service de police d’Ottawa.

«Le groupe est un outil précieux qui permet aux parents de partager leurs expériences. Il nous aide à comprendre ce à quoi nos adolescents sont confrontés», partage Josée Léger, mère de deux enfants et membre du groupe depuis sa fondation. «Bien qu’au départ, le groupe, c’était une plateforme de partage pour les incidents d’intimidation et d’agressions, c’est devenu bien plus que ça. C’est un peu comme une grande surveillance de quartier», décrit encore Mme Léger.

Le côté communautaire et social du groupe n’entrave toutefois pas la mission première des fondateurs : remédier au crime à Orléans. De pair avec les autorités policières, ils préconisent donc de signaler tout incident ou préoccupation directement à la Police d’Ottawa.

«Étant donné que les groupes utilisant les médias sociaux ne sont pas surveillés, nous invitons les membres de la communauté à partager leurs préoccupations en signalant les crimes sur notre outil de déclaration en ligne», explique le département des relations communautaires du Service de police d’Ottawa. «Le signalement de ces incidents nous aide à répartir efficacement les ressources policières.»IJLO_Crime à Orléans_Station police_Cr. Rebecca Kwan.pngIJLO_Crime à Orléans_Signe Orléans_Cr. Rebecca Kwan.jpg