La mort par surdose d’une adolescente de Hearst de 16 ans survenue le 26 septembre dernier a jeté une ombre sur le nord-est de l’Ontario, l’une des régions les plus touchées par la crise des opioïdes. La consommation de drogues chez les mineurs étant un problème fondamental de cette tragédie, la Maison Arc-en-Ciel d’Opasatika tentera d’équiper les parents avec les outils nécessaires pour aborder le sujet avec leurs enfants.

La Maison Arc-en-Ciel, un centre de traitement résidentiel pour les jeunes de 12 à 24 ans aux prises avec des problèmes de consommation, livrera deux sessions d’informations gratuites intitulées «Les drogues et vos jeunes» les 7 et 8 octobre à 19 h sur la plateforme Web Zoom.

«Pour sauver des vies»

La directrice générale de l’organisme, Estelle Bérubé, tentera d’expliquer aux parents «comment la consommation de substances et l’essai de drogues affectent les jeunes et comment reconnaître les signes, spécifie-t-elle. Les séances serviront aussi à montrer la façon d’aborder un sujet [dont] on ne sait pas comment [parler].»

Elle croit que c’est un élément de la vie qu’il faut aborder tôt en raison des effets néfastes que la consommation peut avoir sur l’avenir ou la santé d’un enfant.

«La dépendance, ça peut être un accident, déclare Mme Bérubé. C’est important de sensibiliser notre communauté aux risques de la consommation chez les jeunes. Il y a des adolescents qui se trouvent dans des situations propices à prendre des risques. Nous devons, comme parents et adultes, les encadrer pour leur donner l’appui nécessaire qui leur permet d’être en sécurité.»

Les opioïdes sont un problème majeur en Ontario et ils font partie des nombreuses raisons pour lesquelles la Maison Arc-en-Ciel accueille des résidents. C’est pourquoi les sessions d’informations ont un seul but à atteindre :

«Si on peut aider les jeunes et les parents à s’éduquer pour mieux comprendre les effets de la consommation, surtout sur le développement, on peut prévenir des surdoses et sauver des vies», affirme Estelle Bérubé.

Une tragédie qui a secoué Hearst

La présumée surdose fatale ayant mené au décès de Fanny Vaillancourt, une adolescente de 16 ans native de Hearst, le 26 septembre, a ébranlé la communauté. Le maire, Roger Sigouin, affirme que la ville a été dûrement frappée par la nouvelle et rappelle que des drogues circulent toujours dans la région, à un tel point qu’il réclame une présence policière plus importante pour lutter contre le trafic.

Dans le cadre de son enquête sur le sujet, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) a procédé à l’arrestation d’un homme de 24 ans nommé Casey Lacroix. Le suspect de Hearst fait présentement face à deux chefs d’accusation de possession de substances illicites pour en faire le trafic.

Une perquisition dans une maison de la rue Houle, à Hearst, a permis aux autorités de saisir l’équivalent de 4300 $ en méthamphétamines et en MDMA. Puisque l’enquête est toujours en cours, la PPO refuse de préciser ce qui lie les deux développements à la mort de la victime, dont la nature du décès devrait bientôt être clarifiée à la suite d’une autopsie.

La PPO publie son rapport

Dans un rapport (en anglais seulement) sur la crise des opioïdes publié en septembre, la PPO constate que si la région centrale continue d’être la plus touchée par les surdoses mortelles, c’est la région du nord-est qui a connu la plus importante hausse du nombre de décès suspectés d’être liés aux opioïdes de 2018 à 2019 : 144 %, passant de neuf à 22.

Quant aux surdoses non fatales suspectées d’être liées aux opioïdes, elles ont connu une hausse de 219 % entre 2017 et 2019 pour l’ensemble du territoire. IJLO_Crise opioïdes Nord_Estelle Bérubé_Cr. Chris St-Pierre.jpgIJLO_Crise opioïdes Nord_Maison Arc-en-Ciel_Cr. Chris St-Pierre.jpgIJLO_Crise opioïdes Nord_Affiche_Cr. Page Facebook Maison Arc-en-Ciel.pngIJLO_Crise opioïdes Nord_Rapport 1_Cr. Capture d'écran Rapport PPO.pngIJLO_Crise opioïdes Nord_Rapport 2_Cr. Capture d'écran Rapport PPO.png