LE DROIT (Ontario) – Alors que le vote par anticipation arrive à compter de lundi, Le Droit vous présente un aperçu des enjeux dans le cadre de l’élection partielle dans le quartier Cumberland. Que proposent les principaux candidats aux électeurs de Cumberland pour s’attaquer à ces problèmes? Cette campagne électorale se déroule dans un contexte bien particulier en raison de la pandémie de COVID-19. En plus du vote par courrier, les électeurs peuvent identifier un mandataire pour les représenter au bureau de vote, s’ils sont malades. Pour ce faire, vous devez remplir un formulaire disponible sur le site web du gouvernement de l’Ontario d’ici le 5 octobre

Limites de quartiers

Le processus en cours pour redéfinir les limites des quartiers électoraux de la Ville d’Ottawa suscite une vague d’indignation à Cumberland.

Les cinq candidats consultés par Le Droit sont unanimes, les six options sur la table actuellement sont inacceptables puisqu’elles séparent toutes Cumberland en deux. Son secteur rural se trouve dans tous les cas amalgamé au quartier voisin d’Osgoode, majoritairement anglophone.

«Ma priorité à compter du 6 octobre, si je suis élu, c’est d’interrompre ce processus, soutient Patrick Uguccioni. La Ville est très avancée, mais elle n’a pas fini son travail. Tout peut être arrêté.»

«La première chose que je ferais, ce serait d’appeler une consultation publique pour tout le quartier. Je vais prendre l’opinion des résidents et résidentes et je vais l’apporter à la table du conseil, indique de son côté Yvette Ashiri. La motion que je déposerais, c’est que l’on mette les démarches en pause.»

Catherine Kitts et Denis Labrèche proposent de leur côté qu’un 7e scénario soit ajouté, dans lequel les zones rurales et urbaines ne sont pas automatiquement séparées afin de considérer les liens historiques entre les communautés, comme c’est le cas à Cumberland.

Lyse-Pascale Inamuco indique quant à elle qu’elle entend de plus en plus de résidents parler d’une séparation de la Ville d’Ottawa pour le secteur de Cumberland. Ils proposent même une fusion avec une municipalité voisine qui lui ressemble davantage, comme Russell et son importante population francophone.

«Il faut toujours se battre, il ne faut pas désespérer, précise toutefois Mme Inamuco qui invite les gens à participer aux consultations publiques en cours. Au final, c’est ce qui va fonctionner le plus que je vais soutenir. Si Osgoode ça ne fonctionne pas, je ne suis pas pour ça.»

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Services en français

Étant un quartier avec une des plus grandes proportions d’électeurs francophones dans la capitale fédérale, la question des services en français est incontournable dans Cumberland.

Tant Yvette Ashiri que Denis Labrèche proposent une révision des services en français dans l’est de la ville. Les deux candidats soulignent aussi que les élus devraient montrer l’exemple et promettent de parler français aussi souvent que possible durant des réunions publiques.

Lyse-Pascale Inamuco va plus loin et souhaite l’installation d’écouteurs dans les gradins de la salle du conseil pour que les citoyens présents puissent avoir accès à la traduction simultanée pour suivre les débats.

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Mme Inamuco souhaite également militer pour que des services municipaux embauchent davantage d’employés de première ligne bilingue, notamment le service des paramédicaux et OC Transpo.

«On devrait plus souvent pouvoir obtenir des directions dans la langue de notre choix en autobus sinon, on se perd», soutient Lyse-Pascale Inamuco.

De son côté, Catherine Kitts s’engage à travailler pour augmenter les ressources francophones disponibles dans les bibliothèques municipales, notamment pour que les élèves puissent effectuer des recherches dans leur langue maternelle.

Patrick Uguccioni souhaite quant à lui que la Ville augmente son offre de programmation récréative en français.

«Il n’y en a pas assez, les enfants francophones sont souvent assimilés avec des enfants anglophones», souligne M. Uguccioni.

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Transport

La question du transport est omniprésente dans les plateformes des différents candidats à l’élection partielle Cumberland, notamment en raison de la phase 2 de l’O-Train qui est en construction.

Yvette Ashiri s’engage par exemple à militer pour la résiliation du contrat de 30 ans entre la Ville et Rideau Transit Maintenance pour l’entretien de la Ligne de la Confédération.

«Il y a un manque absolu de transparence et je pense qu’il y a un blocage d’information qui vient de la haute direction d’OC Transpo», affirme Mme Ashiri. Catherine Kitts estime qu’il faut plutôt éviter les erreurs du lancement de la Ligne 1 lorsque la deuxième phase sera terminée.

Elle propose de garder plus longtemps un service d’autobus en parallèle au train léger pour réduire la pression sur le système.

Denis Labrèche et Lyse-Pascale Inamuco souhaitent tous deux revoir le réseau d’autobus à Cumberland.

«On a besoin de plus, dans l’immédiat, dans le coin d’Avalon, affirme M. Labrèche. Au lieu d’avoir un autobus qui va juste de l’est à l’ouest, il faudrait aussi un corridor rapide du nord au sud pour amener les gens au chemin Trim.»

Patrick Uguccioni, ainsi que Mmes Kitts et Inamuco proposent de leur côté d’accroitre la présence de radars photo dans les différents quartiers d’Ottawa pour augmenter la sécurité routière, notamment dans les secteurs résidentiels.

«Il y a 10 ou 15 ans, je n’aurais pas été en faveur des radars photo, mais pas mal toutes les autres solutions ont été essayées et ça n’a pas fonctionné à plusieurs endroits. On doit passer à la prochaine étape dans les rues les plus problématiques», affirme M. Uguccioni.

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Développement économique

Souvent décrit comme un secteur-dortoir en raison du nombre élevé de résidents qui en sortent chaque jour pour se rendre au travail, l’est de la Ville d’Ottawa tente depuis des années d’attirer des édifices fédéraux et autres emplois pour réduire le temps que les résidents passent sur la route chaque jour.

Bien que certaines agences fédérales se soient installées dans ce secteur au cours des dernières années, Patrick Uguccioni croit que c’est insuffisant et qu’il faut revoir le zonage de certaines zones à développer pour avoir des édifices mixtes. Denis Labrèche soutient qu’il y a suffisamment d’emplois fédéraux dans l’est d’Ottawa et qu’il faut plutôt se concentrer sur la création de petites entreprises.

«Il faudrait mettre un programme sur pied, s’associer avec la chambre de commerce d’Orléans ou en créer une pour Cumberland, explique M. Labrèche. Un organisme qui va parler pour les entreprises et les aider.»

Yvette Ashiri suggère également la création d’un centre de ressources pour accompagner les nouvelles entreprises à Cumberland.

La majorité des candidats joints par Le Droit ont également souligné l’importance de soutenir les petites entreprises qui éprouvent des difficultés en raison de la pandémie.

De son côté, Lyse-Pascale Inamuco souligne l’arrivée récente d’un entrepôt du géant de la vente en ligne Amazon et estime qu’il faut offrir des incitatifs pour attirer d’autres grandes entreprises du genre dans l’est de la capitale fédérale. Tant Denis Labrèche que Catherine Kitts souhaitent travailler à l’amélioration de l’accès à Internet haute vitesse dans les secteurs ruraux, surtout alors que le télétravail devient de plus en plus répandu. uT4fKeOg.pnggpbGfLtA-d705cf.pngU9BFlT4Q.pngfavi94Rw.png