Journal du 20 aout 2020 : Le samedi 15 aout dernier, jour de la Notre-Dame et fête du diocèse, Mgr Robert Bourgon a honoré de façon spéciale l’œuvre artistique de Jordi Bonet dite Murale Saint-Joseph. Remise par les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge, début 80, au Conseil scolaire de Hearst, la pièce composée de 312 tuiles de céramique fut confiée au début des années 90 à l’Écomusée de Hearst. En 2019, les responsables de cette institution ont accepté la proposition de l’évêque du diocèse de l’installer à la Cathédrale de Hearst, afin que le grand public en profite. Ce qui fut fait en janvier 2020.

Jordi Bonet i Godó, connu comme Jordi Bonet, est un artiste peintre-sculpteur canadien d’origine catalane (Barcelone, Espagne), né en 1932. D’après un site web qui lui est consacré et porte son nom, il grandit auprès d’un père cultivé et connaisseur d’art, jusqu’à l’âge de sept ans où il perd son bras droit lors d’un accident. Il apprivoise le gauche et apprend à pratiquement tout faire avec, y compris écrire et dessiner. Son enfance est marquée par la dictature du Général Franco et la guerre civile espagnole (1936-1939).Voilà ce qu’il dit plus tard de sa jeunesse : « Mon père qui ne voulait surtout pas faire de moi un artiste, eut l’aimable manie depuis toujours, de m’emmener avec lui à Barcelone et ses alentours afin de voir et toucher tout ce qu’il y avait de beau. Quittant pour toujours les études à l’âge de17 ans, où je n’obtins d’ailleurs aucun succès, je me trouvai à mon insu, enrichi de l’une des choses qui allait le plus m’intéresser: mille images inoubliables composées de formes, de murs, d’ espaces. »

Il entre à l’École des Beaux-arts de Barcelone en 1950. Il étudie avec passion, cherche à perfectionner son style pictural et à 20 ans, il travaille en son propre atelier et expose avec des artistes catalans plus âgés que lui. Toujours d’après les site mentionné « À vingt-deux ans, il décide de voyager. Il va en France puis au Canada.

En 1954, invité par G. Lamer, un ami québécois, Jordi Bonet décide d’aller au Canada. À l’âge de vingt-deux ans, il est accueilli à Trois-Rivières et se lie très vite avec des personnalités comme Marcel Couture et Clément Marchand. Mgr Albert-Tessier lui confiera la réalisation du chemin de croix et des peintures ornant le chœur de la chapelle pour Tavibois où Jordi résidera pour un court laps de temps. » Voici comment il explique sa venue au Canada : « Au milieu de l’Art Gothique à Barcelone, j’avais un itinéraire dans lequel je tournais en rond sans cesse jusqu’à la saturation survenue en 1954. J’ai alors décidé de tout donner pour échapper, pour fuir, pour explorer. Je suis arrivé ici au Québec cette année-là parce qu’il le fallait. Si je suis encore ici, c’est parce qu’il me le faut. Ce pays est pour moi mon devenir. Je suis arrivé avec une quinzaine de tableaux dont le plus gros que je fus capable de faire mesurait 18” x 20”. Dans ces débuts, Trois-Rivières au Québec fut mon premier port. » Un peu plus tard la même année, il part tenter sa chance à Montréal où l’attendait un artiste compatriote, Jesus Carlos Vilallonga. En 1956, il reprend les études à l’École des beaux-arts de Montréal et y rencontrera Huguette Bouchard, étudiante en art aussi, qu’il a épousera. Il s’initie à la céramique avec Jean Cartier. « C’était parti, le reste devait arriver tout seul, d’une commande à l’autre, chacune avec son problème différent. Le quotidien devait m’enseigner ce qu’aucune école n’enseignait alors. Tout ce que mes confrères artistes, peintres et sculpteurs, dédaignaient faire, convaincus de leur intégrité, j’allais le faire: des chemins de croix, des crucifix pour les églises, des assemblages de carreaux de couleurs pour les écoles, des murales avec des thèmes imposés, ou d’après des cartons préparés par d’autres, des portraits, des planches en céramique, des bases de lampes, tout. Pour apprendre et pour gagner ma vie. »

Son talent et son apport furent internationalement reconnus, étant le premier à avoir utiliser l’aluminium en sculpture, d’après le site susmentionné. Il reçut plusieurs prix et distinctions et fut membre de l’Académie des Arts du Canada. Il finit par s’installer au Mont-St-Hilaire (Québec) avec sa famille et y travailla jusqu’à sa mort, suite à une leucémie. Il avait 47 ans. Une rue et un pont de sa zone de résidence portent son nom. Ses œuvres se retrouvent dans maintes capitales du monde.

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