Qu’il s’agisse de surdoses de fentanyl, de morphine, d’héroïne ou même de méthadone, la communauté d’Orléans est désormais mieux outillée pour prévenir ou remédier aux manifestations locales de la crise des opioïdes qui fait rage un peu partout au pays.

Les surdoses d’opioïdes, substances à fort potentiel de dépendance, sont courantes dans la capitale d’après les données colligées par Santé publique Ottawa. Épidémiologiste pour Santé publique Ottawa, Cameron McDermaid indique que les décès accidentels par surdose d’opioïdes seraient en hausse chez les résidents ottaviens depuis quelques années.

D’après un outil interactif propulsé par Santé publique Ontario, 1 450 Ontariens auraient perdu la vie pour causes liées aux opioïdes en 2018, l’année comptant le plus de cas reportés selon leurs chiffres.

«L’un des plus grands défis liés à la collecte de données en matière de crise des opioïdes, c’est que les victimes de surdoses ne se retrouvent pas toutes dans les services d’urgence», explique M. McDermaid. Par conséquent, plusieurs cas de surdose finissent par passer sous silence, conclut l’épidémiologiste.

Le Service de police d’Ottawa dit pour sa part prendre les cas de surdose très au sérieux. «Nous continuons à travailler avec nos partenaires de la santé publique pour sensibiliser la communauté aux risques de l’abus d’opioïdes», explique le sergent d’état-major James McGarry. «Nous nous engageons également à enquêter sur les sources d’opioïdes illicites», affirme-t-il.

Trousses de Naloxone à disposition

Question d’inverser les effets potentiellement mortels d’une surdose d’opioïde, les résidents d’Orléans peuvent notamment se procurer une trousse de Naloxone au Centre de ressources communautaire Orléans-Cumberland (CRCOC), situé au 240 boulevard Centrum. Une carte mise en ligne par le gouvernement de l’Ontario indique d’autres lieux où se procurer une trousse.

L’antidote, pouvant être administré par injection ou par vaporisation nasale, permet de faciliter la respiration en cas de surdose. «Quand une personne est en surdose d’opioïdes, sa respiration ralentit, voire s’arrête complètement. Si elle est utilisée immédiatement, la naloxone peut aider la personne à respirer normalement de nouveau et à reprendre connaissance», peut-on lire sur le site Web de Santé publique Ottawa.

«Notre centre est un distributeur officiel de trousses de Naloxone pour la communauté d’Orléans», assure Luc Ouellette, directeur général du CRCOC, le plus grand centre multiservice situé à l’est de la Ville d’Ottawa. «Les résidents peuvent prendre rendez-vous avec nos préposés à l’accueil afin de venir chercher leur trousse.»

Agences et services de soutien

M. Ouellette tient toutefois à souligner l’importance d’être adéquatement formé avant d’administrer le médicament. «La formation est offerte au moment du ramassage de la trousse afin de combiner distribution et éducation», explique le directeur général.

Bien que le CRCOC n’offre pas de programme spécifique visant à réduire l’utilisation des opioïdes, le centre compte quelques agences partenaires sur place et en ligne qui offrent des services de soutien en matière de dépendance et d’abus de substances.

Divers programmes tels que le programme d’échange de seringues NESI et le programme axé sur la dépendance Smart Recovery/AA offrent des services de soutien, en plus de quelques agences de la Ville d’Ottawa comme le centre Rideauwood, le centre Serenity Renewal et la Maison Fraternité, recense M. Ouellette. IJLO_Crise opioïdes Orléans_Trousse Naloxone extérieur_Cr. Rebecca Kwan.jpg IJLO_Crise opioïdes Orléans_Luc Ouellette_Cr. Rapport 2018 CRCOC.jpeg IJLO_Crise opioïdes Orléans_CROC_Cr. Rebecca Kwan.jpeg